Les Mohawks à la rescousse du mont Kaaikop

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Le Conseil mohawk de Kahnawake tente d'empêcher les coupes forestières dans les environs du mont Kaaikop, dans les Laurentides.

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Le Conseil mohawk de Kahnawake vient d'ouvrir un nouveau front dans la bataille visant à empêcher les coupes forestières dans les environs du mont Kaaikop, deuxième massif des Laurentides après le mont Tremblant.

Le conseil mohawk affirme n'avoir jamais été consulté au sujet des projets de coupes dans ce secteur qui borde la réserve de Tioweroton, territoire de chasse et de pêche d'une centaine de kilomètres carrés sur lequel la communauté autochtone détient des droits ancestraux.

« Nous soutenons que c'est une violation de l'obligation constitutionnelle de nous consulter lorsqu'il y a un impact sur des droits ancestraux, mais aussi une violation des obligations imposées par la Loi québécoise sur l'aménagement durable des forêts », dit Francis Walsh, avocat du conseil mohawk.

La Cour supérieure a prononcé en janvier 2014 une injonction interlocutoire qui interdit pour l'instant les coupes projetées sur le mont Kaaikop proprement dit.

Dans une mise en demeure envoyée le 5 juin au ministre des Forêts Laurent Lessard et au préfet de la MRC des Laurentides Denis Chalifoux, le conseil note toutefois l'existence d'un autre projet de coupes, qui touchera celui-là le corridor de quelques kilomètres reliant Tioweroton au mont Kaaikop, sur le territoire de Sainte-Lucie-des-Laurentides.

« Même si ces coupes ne sont pas prévues sur notre territoire, elles pourraient affecter la pêche, la chasse et l'eau sur notre territoire », dit la chef Gina Deer, responsable des terres au conseil mohawk, qui réclame qu'on sursoie aux travaux.

« Le gouvernement a le devoir de nous consulter, mais il ne l'a jamais fait. »

Cause commune avec une municipalité

Les Mohawks font cause commune avec la municipalité de Sainte-Lucie-des-Laurentides au sein de la Coalition pour la préservation du Mont-Kaaikop. La municipalité située au sud-est du parc national du Mont-Tremblant a déposé en 2013 un projet d'aire protégée pour le massif, qui culmine à 838 mètres d'altitude.

Contrairement aux coupes visées par l'injonction, le projet qui a suscité l'intervention récente des Mohawks touche une terre où l'attribution des droits de coupe relève de la MRC. La Coalition soutient qu'on y trouve des déchets toxiques, soit des boues usées et un ancien site d'enfouissement, qui pourraient contaminer les environs si des travaux sont entrepris.

La directrice générale de la MRC, Nancy Pelletier, estime qu'il y a « confusion » sur la nature des coupes projetées. « Il s'agit d'un entretien et seuls les arbres considérés dangereux ou malades seront coupés », a-t-elle indiqué dans un courriel envoyé à La Presse en soirée. Cette coupe sélective a pour but « de permettre la revitalisation du corridor [...] dans un souci de préserver la diversité de la richesse faunique et biologique ».

Un nouvel élan?

Le maire de Sainte-Lucie, Serge Chénier, voit néanmoins d'un bon oeil l'intervention du conseil mohawk. L'injonction interlocutoire qui empêche les coupes dans les hauteurs du massif date d'il y a un an et demi. Un processus de règlement à l'amiable est en cours avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, mais il avance à pas de tortue. « Peut-être que ça va aider à donner un nouvel élan au dossier. Ça fait deux fois qu'on reporte la conférence de règlement à l'amiable (CRA) parce que le gouvernement n'est pas prêt. »

Selon l'attaché de presse du ministre Laurent Lessard, Mathieu Gaudreault, une rencontre téléphonique aura lieu aujourd'hui avec le service juridique du Ministère pour statuer sur les demandes de la Coalition en vue de la CRA, parmi lesquelles figure l'inclusion de la communauté autochtone dans le processus.

« On n'est pas fermés à la présence des représentants mohawks. On veut travailler en collégialité avec le milieu. »

Soucieuse de calmer le jeu, la MRC des Laurentides entend pour sa part « inviter sous peu les membres du Conseil mohawk de Kahnawake à se rendre sur les lieux en compagnie de [ses] spécialistes en foresterie et en biologie », selon Mme Pelletier. Ils pourront ainsi « prendre connaissance des arbres sélectionnés mais aussi des dispositifs d'aménagement forestier et des mesures particulières prises pour s'assurer de la protection environnante tels que les cours d'eau ».

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