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Gestion tyrannique, mépris et liste noire à L'Assomption

Pour l'essentiel, la Commission municipale du Québec blâme... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Pour l'essentiel, la Commission municipale du Québec blâme sévèrement l'administration de Jean-Claude Gingras pour sa gestion épouvantable des ressources humaines. «C'est une catastrophe», résume le rapport.

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(Québec) Gestion tyrannique des employés et des cadres, mépris général des règles de gouvernance : la gestion du maire de L'Assomption Jean-Claude Gingras et de son directeur général Jean Lacroix fait l'objet d'un rapport accablant de la Commission municipale du Québec (CMQ).

Remis au gouvernement au début du mois de mai, le rapport doit être soumis ce matin au Conseil des ministres par le responsable des Affaires municipales, Pierre Moreau. Compte tenu de la lourdeur du verdict, il faut s'attendre à des gestes aussi rapides «qu'énergiques» de la part de Québec. Au cabinet du ministre Moreau, la porte-parole Catherine Poulin s'est refusée à tout commentaire.

Sous le Parti québécois, le gouvernement avait tenté, en vain, d'obtenir que le maire soit mis à l'écart temporairement. Avec le rapport de la CMQ, le gouvernement aura désormais la preuve qui lui avait fait défaut à l'époque. Le maire Gingras est arrivé à «écoeurer, décourager et menacer tout le monde», résume une source proche du rapport.

La Commission ne peut recommander la destitution du maire - seule la Cour supérieure peut destituer un élu -, mais le tableau qu'elle brosse de l'administration de la Ville doit entraîner un geste du gouvernement, par l'intermédiaire du Procureur général.

Pour l'essentiel, la Commission blâme sévèrement l'administration Gingras pour sa gestion épouvantable des ressources humaines. «C'est une catastrophe», résume-t-on. Le maire Gingras est actuellement en attente d'un procès, visé par une accusation d'abus de confiance à la suite d'une enquête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Il est aussi en cour pour conduite avec facultés affaiblies, une affaire qui remonte au début de 2013. Jean Lacroix, directeur de la Ville et bras droit du maire Gingras, n'est plus employé de L'Assomption.

Les audiences publiques de la Commission municipale dans ce dossier ont étalé une longue liste d'abus dans la gestion quotidienne de la ville. Une dizaine de cadres sont tombés en congé de maladie, deux ont été carrément suspendus, sans solde. Dès son élection, il était clair que le maire Gingras avait en poche une «hit list» - une série de fonctionnaires municipaux dont il voulait se débarrasser. Le maire Gingras voulait aussi se débarrasser de son chef de police Normand Desjardins, son objectif dans un projet de fusion des corps de police entre L'Assomption et Repentigny.

À la lecture du rapport, il est évident que les deux commissaires ont accordé beaucoup de crédibilité aux témoignages de cadres de la Ville qui ont dénoncé la gestion autocrate du maire Gingras. Sur la vingtaine de blâmes adressés au maire, la plus grande partie porte sur sa gestion des ressources humaines, mais aussi sur les processus d'attribution de contrats.

Ces vendettas ont débouché sur des gestes difficiles à justifier. Les élus municipaux ont eu à voter en bloc, en septembre 2014, pour l'embauche du cabinet d'avocats Dufresne Hébert Comeau, spécialisé en droit municipal, et lui ont permis du même souffle «de recourir à tout autre service professionnel requis, entre autres aux fins d'expertise». Ce faisant, le conseil déléguait carrément à un tiers le pouvoir de la Ville d'enquêter sur ses employés.

Le directeur de la Ville, Jean Lacroix, n'est pas épargné. Devant la Commission, il a été démontré que certains procès-verbaux ne reflétaient pas les échanges survenus au conseil de ville. La CMQ a aussi entendu une série d'horreurs dans l'attribution des contrats à L'Assomption. Le maire Gingras était propriétaire d'une pension pour chiens, exploitée sans permis, le «Loft des 4 pattes», qui contrevenait à une longue liste de règlements municipaux, notamment la surface du terrain nécessaire, trois fois moindre que ne le prévoit le règlement. Le commerce aurait aussi dû être éloigné de 15 mètres de plus de tout voisin.

Au mépris des règles, le maire Gingras était intervenu pour faire en sorte que la Ville abandonne son litige contre son commerce.

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