Le maire Jean Tremblay se dit victime d'une «plainte politique»

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Le maire Jean Tremblay a réclamé à la CMQ que les documents liés à une demande d'enquête le concernant fassent l'objet d'un interdit de publication.

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(Québec) Se disant victime d'une «plainte politique» de la part de l'opposition à l'hôtel de ville de Saguenay, le maire Jean Tremblay a réclamé hier à la Commission municipale du Québec (CMQ) que les documents liés à une demande d'enquête le concernant fassent l'objet d'un interdit de publication.

L'affaire concerne le voyage d'un conseiller municipal, Bernard Noël, qui s'était rendu à une étape du Tour de France à Nice, il y a deux ans, en compagnie de sa femme et de sa fille. Il était alors président du conseil d'administration de la Coupe des nations, une épreuve cycliste qui a eu lieu au Saguenay jusqu'en 2013.

Le voyage avait été réalisé grâce à une subvention de 5500$ de Promotion Saguenay, la société de développement de la Ville. L'argent devait officiellement servir à acheter des maillots et des médailles.

Lorsque l'affaire est devenue publique, en septembre 2014, des informations ont circulé dans les médias régionaux selon lesquelles le maire Tremblay savait depuis le début que le voyage de Bernard Noël et de sa famille était en fait une récompense pour le travail du conseiller.

Ces allégations avaient incité Paul Grimard, chef de l'opposition à Saguenay jusqu'en novembre, à transmettre au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire des demandes d'enquête au sujet de MM. Noël et Tremblay, en vertu de la Loi sur l'éthique et la déontologie en matière municipale.

Témoignage du maire

Le maire a brièvement témoigné par visioconférence, hier, devant les commissaires Thierry Usclat et France Thériault, qui siégeaient à Québec. Selon lui, la divulgation de la plainte avant l'audience sur le fond, qui n'aura pas lieu avant plusieurs mois, l'obligerait «à faire publiquement le procès avant le temps». «En politique, tu as des amis et des ennemis, a-t-il dit. Les ennemis s'alimentent de choses comme ça. Je rencontre des politiciens et des ministres. C'est une tache que j'aurais à mon dossier. Je trouverais ça très déplaisant.»

Selon l'avocat du maire, Richard Bergeron, un témoignage cité dans la demande, en particulier, contient «non seulement du ouï-dire, mais du ouï-dire de ouï-dire». «On est d'accord avec le droit du public à l'information, mais on ne peut pas publier de l'information qui à sa face même est inexacte.»

L'avocat de la CMQ, Marc-André Lechasseur, s'est montré ouvert à ce que ce passage de la demande d'enquête reste confidentiel pour l'instant, mais a recommandé pour le reste que le document soit rendu public. Quant à l'avocat représentant le consortium des médias (Le Quotidien, Radio-Canada, TVA et La Presse), Christian Trépanier, il a plaidé pour que la CMQ rende tout le dossier public, notant qu'il «est difficile d'accepter que les médias soient bâillonnés sur la base d'une crainte hypothétique formulée par un élu municipal».

Les commissaires, qui ont aussi entendu une requête pour ordonnance de confidentialité, de non-publication et de non-divulgation de la part de Bernard Noël, ont mis la cause en délibéré.

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