Crues printanières: les sinistrés de 2011 mieux préparés

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La situation demeure préoccupante dans la région de Saint-Jean-sur-Richelieu, où la crue est plus tardive.

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Annabelle Blais
La Presse

Si le pire est passé en Montérégie, une rivière demeure toutefois sous haute surveillance: la rivière Richelieu. Celle-là même qui avait causé les inondations records de 2011. Alors que l'eau se rapproche dangereusement des maisons, des résidants qui avaient été sinistrés il y a trois ans sont, cette fois, prêts à toutes les éventualités.

«La crue est pas mal passée dans plusieurs régions du sud du Québec à l'exception de la rivière Richelieu», indique Pierre Corbin, directeur des opérations chez Hydro Météo.

Le bassin de cette rivière réagit plus lentement à la fonte des neiges et aux précipitations en raison de sa grande superficie, ajoute-t-il. «On s'attend maintenant à ce que le niveau monte dans les prochains jours, surtout à partir de mardi, puisqu'on prévoit de la pluie.»

À Saint-Jean-sur-Richelieu, Christian Désautels et Suzanne Alexandre ne sont pas restés les bras croisés depuis deux jours. Vendredi midi, l'eau recouvrait une partie de la cour et de l'entrée de garage.

«En 2011, notre sous-sol a été l'un des seuls qui n'ont pas été inondés», souligne la dame avec une certaine fierté. Son mari, un travailleur de la construction à la retraite, avait pompé, barricadé et creusé. «La sécurité publique nous avait surnommés l'élite des combattants», ajoute-t-elle.

Depuis qu'ils ont acheté leur maison, en 2010, ils sont en quelque sorte devenus des experts en inondations.

Cette année, ils ont creusé une tranchée, y ont installé trois pompes et ont barricadé la fenêtre du sous-sol. «On a une génératrice, et s'il y a une panne d'électricité, on pourra continuer à faire fonctionner les pompes. Et si l'une d'elles s'arrête, une alarme nous avertira», explique Mme Alexandre pendant qu'un employé municipal décharge des poches de sable.

«On n'est pas inquiets, on est préparés», affirme M. Désautels, les yeux rivés sur ses balançoires en bois dont les pieds sont plongés dans l'eau. «En 2011, l'eau touchait la table... Tant que ce n'est pas rendu là, on est corrects.»

À une vingtaine de kilomètres de là, à Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, la rivière a recouvert en quelques heures seulement les quais de Jean et Marie-Jeanne Demers. Les nains de jardin devraient avoir les pieds mouillés ce matin, mais la maison restera au sec, croit M. Demers.

«Depuis ce matin, l'eau est montée de deux pouces. C'est stressant, mais ça ne devrait pas être catastrophique comme en 2011», dit le retraité.

Ses voisins ont moins de chance, l'eau touchait déjà les murs du sous-sol, vendredi. Le hasard n'y est pour rien. Après les inondations de 2011, les Demers ont utilisé les aides gouvernementales aux sinistrés pour faire surélever d'un mètre leur maison.

«Mais le gouvernement n'a pas payé pour les chalets», dit-il. Sur la vingtaine de petites maisons de ce hameau en bordure de la rivière, huit ont été surélevées. Les voisins de M. Demers sont passés à leur chalet en matinée pour sauver quelques biens, puis sont repartis, impuissants.

Dans les prochains jours, les rivières de la couronne nord, des Laurentides, de Lanaudière et de la Mauricie seront à surveiller. «Il reste assez de neige pour générer de bonnes crues», prévient M. Corbin.




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