Un comité de retraités de La Presse appuie le changement de statut

«C'est une grosse gaffe qu'il a faite, a... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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«C'est une grosse gaffe qu'il a faite, a déclaré Mme Prince. Il a tenu des propos personnels.»

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Les Travailleurs retraités de l'information de La Presse (TRIP) ne s'opposent pas au projet de loi qui permettrait au quotidien de passer aux mains d'un organisme à but non lucratif (OBNL), malgré les réserves émises par un administrateur du comité.

La présidente du regroupement, Monique Prince, affirme que les propos de son collègue Maurice Jannard ne reflètent pas l'opinion des 80 membres qu'elle représente.

«C'est une grosse gaffe qu'il a faite, a déclaré Mme Prince. Il a tenu des propos personnels.»

Mme Prince affirme que son organisme a eu des « échanges productifs » avec la direction de La Presse. Le TRIP, dit-elle, n'entend pas aller à l'encontre des positions des syndicats qui représentent les employés, qui ont unanimement demandé aux parlementaires d'avaliser le changement de statut du quotidien.

M. Jannard a contacté le Parti québécois pour lui demander de retarder l'adoption du projet de loi 400. Cette pièce législative abrogerait une loi privée de 1967 par laquelle le gouvernement doit approuver la vente de La Presse.

En entrevue, il souligne qu'il s'exprime à titre personnel, mais que ses craintes sont partagées par d'autres retraités.

À l'heure actuelle, les travailleurs de La Presse supervisent la gestion de leur caisse de retraite est administrée. Power Corporation s'est engagée à assumer les obligations passées du régime. Mais les employés n'ont reçu aucune «garantie écrite» de la part de leur employeur, déplore M. Jannard, qui craint aussi qu'ils perdent leur droit de regard.

«Il n'y a pas de réponse et on nous dit: "Acceptez ça avant une telle date", a dit M. Jannard. C'est une bousculade. Je peux comprendre les parlementaires d'y penser correctement.»

Le TRIP est dirigé par un conseil d'administration de cinq personnes, dont fait partie M. Jannard. Il agit comme observateur au comité qui supervise l'administration du régime de retraite.

Un autre représentant des employés chargé de surveiller le régime, Yvan Berthelot, s'est dit en désaccord avec les objections de M. Jannard. Il s'est montré favorable à ce que les parlementaires approuvent le changement de statut du quotidien.

«Ma plus grande préoccupation, en tant que représentant des retraités de La Presse, c'est la pérennité de la caisse de retraite, a-t-il dit. Et l'engagement de Power Corporation d'en assurer la responsabilité est pour moi un gage de sûreté.»

Interpellé directement par M. Jannard, le Parti québécois l'a invité à obtenir des assurances de La Presse et de Power Corporation.

«Je l'ai référé à la direction de La Presse pour qu'il puisse exprimer directement à eux ses inquiétudes ou celles des gens avec qui il est en contact», a expliqué le député péquiste Pascal Bérubé. 

La ministre de la Culture, Marie Montpetit, a indiqué que la sortie de M. Jannard ne change pas son opinion sur le changement de statut de La Presse.

«J'ai eu des discussions plus tôt ce matin avec le président de La Presse qui me confirme que la présidente du comité des retraités, Mme Prince, a été rencontrée la semaine dernière, a relaté Mme Montpetit. Il y a eu des rencontres avec le comité des retraités. La présidente du comité des retraités, Mme Prince, est favorable à l'adoption du projet.»

Comme le projet de loi 400 a été déposé en fin de session parlementaire, tous les élus doivent consentir à ce qu'il soit soumis à un vote. La députée indépendante Martine Ouellet est la seule élue qui n'a pas confirmé son consentement.

La députée, qui souhaite depuis le début voir les états financiers de La Presse, dit avoir échangé avec M. Jannard. Elle craint qu'il soit victime de «pressions» pour qu'il taise ses objections. 

Mme Ouellet a par ailleurs répondu au vice-président du conseil de La Presse, Guy Crevier, qui a affirmé qu'un député qui ferait dérailler la transformation du quotidien porterait une «lourde responsabilité».

«Moi, j'ai envie de dire à M. Crevier que les parlementaires, on n'est pas tous des marionnettes. De l'intimidation comme il l'a fait hier, en mettant de la pression sur une députée indépendante comme je suis, ce n'est pas acceptable en démocratie.»

- Avec la collaboration de Tommy Chouinard




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