Des échanges musclés à prévoir entre Couillard et Lisée à l'Assemblée nationale

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(Québec) Pas d'étincelles dans ce premier duel Couillard-Lisée à l'Assemblée nationale. Personne n'a été terrassé, mais le ton de l'engagement d'hier laisse prévoir de nombreux échanges musclés entre le premier ministre et le nouveau chef de l'opposition.

D'entrée de jeu, le chef péquiste a rappelé qu'il se voyait comme l'émule d'un Jacques Parizeau - « l'un de mes meilleurs professeurs, qui m'a donné le sens de l'État ». « Cela signifie : respecter la fonction, celle du premier ministre, celle que j'assume aujourd'hui et celle de tous les collègues », a soutenu Lisée.

Mais l'attaque ne devait pas tarder : « Je vais montrer de la bonne foi au premier ministre en lui disant que je vais m'abstenir de dire qu'il est mauvais pour l'humanité, m'abstenir de dire qu'il est associé directement ou indirectement à des courants internationaux extrémistes. Sauf, peut-être, je vais m'échapper pour le néo-libéralisme. Alors, je m'en excuse par avance » - autant d'allusions aux propos de Philippe Couillard lorsqu'il a réagi, de l'Islande, à l'élection de Lisée à la tête de son parti.

Philippe Couillard n'a pas été en reste : « Je salue ses paroles d'apaisement en lui faisant cependant remarquer de façon tout aussi apaisée que ses changements d'orientation, au cours des derniers jours, témoignent d'un certain degré de véracité dans mes propos, et on aura l'occasion peut-être d'y revenir. »

La première question de Lisée

Mais le premier échange n'a pas été l'occasion d'un véritable duel. Le nouveau chef péquiste, « le petit gars de Thetford Mines », a fait porter sa première question sur la disparition d'emplois en région, attribuable selon lui au « démantèlement du réseau d'aide local » - les centres locaux de développement (CLD) mis de côté par l'administration Couillard.

L'an dernier, pour faire accepter sa proposition de pacte fiscal, Québec avait sabré ces budgets, 72 millions, pour en restituer la moitié aux municipalités. Pour le chef péquiste, de telles décisions sont à la source de diminutions d'emplois en région. Québec se targue d'avoir créé 128 000 emplois en deux ans, mais le gouvernement de Bernard Landry en avait fait apparaître 123 000 en un an seulement. « Lorsqu'il réussira à égaler cet exploit, je lui paierai une bière ! », a lancé M. Lisée. Haussant le ton, il a critiqué Philippe Couillard pour avoir choisi deux ministres de la métropole pour s'occuper des régions. « Qu'est-ce qui lui a traversé la tête ? » a lancé M. Lisée.

La réplique n'a pas tardé : « Notre collègue montre sa propension à diviser le Québec », a souligné Philippe Couillard. « Il veut diviser ceux qui croient à l'indépendance contre ceux qui n'y croient pas. Il veut diviser les immigrants et les nouveaux arrivants contre ceux qui sont arrivés depuis plus longtemps. Et là, il veut diviser les gens de Montréal contre ceux des régions », a-t-il conclu.

Pour Philippe Couillard, la décision touchant les CLD visait d'abord à sabrer les structures, qui ne créaient pas d'emplois. « L'argent demeure en région, géré par les élus régionaux. »

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