AMT: la CAQ veut faire témoigner Nicolas Girard

L'ancien PDG de l'AMT Nicolas Girard fait l'objet... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'ancien PDG de l'AMT Nicolas Girard fait l'objet d'allégations voulant qu'il ait « filtré » des documents remis à l'UPAC pour des considérations politiques.

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(QUÉBEC) La Coalition avenir Québec (CAQ) réclame la tenue d'une commission parlementaire spéciale pour faire la lumière sur le « filtrage » des dossiers soumis à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) par l'Agence métropolitaine de transport (AMT) lorsque Nicolas Girard était à sa tête.

Le Parti québécois est réfractaire à l'idée, alors que le gouvernement Couillard préfère attendre avant de se mouiller.

La Presse a révélé hier des constats réalisés en 2014 par l'analyste Annie Trudel, qui avait été embauchée par le ministre des Transports d'alors, Robert Poëti. Deux sources - un enquêteur et un ancien vice-président - ont indiqué à Mme Trudel que le PDG de l'AMT à l'époque, l'ex-député péquiste Nicolas Girard, a « trié » les dossiers transmis à la police pour des considérations politiques. Il a refusé d'en remettre un concernant un contrat accordé à une entreprise pour des travaux à la gare Saint-Michel, sur la ligne du train de l'Est, par exemple.

« Seuls les dossiers qui concernent la période des libéraux sont transférés », dit l'une des sources à l'interne. Dans le rapport de Mme Trudel, on peut lire que «  [la source] est catégorique, plusieurs vice-présidents en place présentement à l'AMT, incluant M. Girard, font de la politique et n'ont qu'un objectif : se servir des ressources pour se pencher sur les activités passées de l'AMT et écorcher les libéraux. Tout ça au détriment du bon fonctionnement des activités actuelles de l'AMT ».

Pour la CAQ, ces révélations sont « troublantes » et justifient un examen de la part des parlementaires. Le député Claude Surprenant a écrit au président de la Commission des transports et de l'environnement, le libéral Pierre Reid, pour que les élus se dotent d'un mandat d'initiative afin de tirer cette affaire au clair.

« Il s'agit là d'allégations très graves impliquant que l'AMT aurait sciemment nui au travail de l'UPAC et ainsi tenté d'entraver considérablement les enquêtes des forces policières, allégations sur lesquelles doivent se pencher sans tarder les parlementaires. Elles commandent que nous y fassions toute la lumière », écrit M. Surprenant. Il demande que les « principaux acteurs en cause » soient convoqués, à commencer par Nicolas Girard.

« RELATIVISER LES CHOSES »

Le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, ne voit pas matière à tenir une commission parlementaire dans les constats d'Annie Trudel. Il était ministre des Transports sous le gouvernement Marois, qui avait nommé Nicolas Girard à l'AMT. Il faut, selon lui, « relativiser les choses ». « Comme PDG, Nicolas Girard a contribué à l'assainissement des pratiques et à la réduction des coûts, du montant des appels d'offres. Avec Nicolas, on a eu un PDG qui a fait une très bonne gestion, a-t-il plaidé. Si l'UPAC n'a pas eu accès à tous les documents, c'est à l'UPAC de faire son travail. Moi, je ne peux pas faire le rôle, le travail de l'UPAC. »

Le PQ s'était pourtant délecté des constats d'Annie Trudel concernant des irrégularités au MTQ le printemps dernier. Une commission parlementaire avait eu lieu sur le sujet.

Le gouvernement Couillard ne ferme pas la porte à la proposition de la CAQ. Il attend de recevoir la demande écrite du député Surprenant, envoyée hier, pour se prononcer.

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