Uber: des militants libéraux menacent d'évincer Daoust et Anglade

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Si le gouvernement de Philippe Couillard dépose un projet de loi qui force le départ d'Uber, un groupe de militants libéraux compte lancer une campagne pour évincer de leur circonscription les ministres Jacques Daoust (au centre) et Dominique Anglade (à gauche).

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(Québec) Ulcérés par la position du gouvernement Couillard sur le service de transport Uber, des militants libéraux menacent de provoquer des assemblées d'investiture avant les prochaines élections pour évincer les ministres Jacques Daoust et Dominique Anglade.

Ils disent être une quinzaine, avec de longs états de service au sein du Parti libéral. Certains ont milité au sein de la Commission-Jeunesse, d'autres sont des organisateurs politiques, d'autres encore ont été candidats. Le groupe rassemble des partisans des trois hommes qui ont brigué la direction du parti en 2012 - Philippe Couillard, Pierre Moreau et Raymond Bachand.

Si Québec dépose un projet de loi qui force le départ d'Uber, ils comptent lancer une campagne pour recruter de nouveaux membres dans les circonscriptions des ministres Daoust (Verdun) et Anglade (Saint-Henri - Sainte-Anne). Ils projettent ensuite de forcer la tenue d'assemblées d'investiture pour les évincer.

« On a fait partie des victoires électorales du Parti libéral dans le passé et on est entièrement capables de réaliser une telle opération », a dit Jonathan Hamel, porte-parole du groupe.

Cet entrepreneur en technologies de l'information a été président de l'Association libérale de Roberval de 2007 à 2013, juste avant que le premier ministre Couillard devienne le député de cette circonscription. Il est membre du PLQ depuis 2002.

Grogne au sein du parti

Ce militant de longue date assure que le projet de loi qu'envisage de déposer le gouvernement Couillard pour réglementer les activités d'Uber provoque une grogne importante dans les rangs libéraux.

La Presse a révélé la semaine dernière que le projet de loi que déposera le ministre Daoust devrait sonner le glas des activités d'Uber au Québec. Les chauffeurs d'Uber se verraient obligés de détenir un permis de classe 4C et une licence de taxi, ce qui suppose des examens et des coûts trop élevés pour des chauffeurs occasionnels. Québec envisagerait aussi de limiter le nombre de voitures, ce qui est incompatible avec le modèle d'Uber.

« On trouve que l'orientation qui est préconisée par le ministre Jacques Daoust va à l'encontre de tout ce que notre parti a défendu au cours des 150 dernières années, c'est-à-dire le libre marché, la libre compétition et le fait de ne pas restreindre la concurrence à un seul joueur », dénonce Jonathan Hamel.

Pourquoi cibler les ministres Daoust et Anglade ? Comme titulaire des Transports, le premier est responsable de l'encadrement législatif d'Uber. La seconde occupe le portefeuille de l'Innovation. De plus, leurs circonscriptions ne sont pas ciblées de manière fortuite, dit M. Hamel.

« Ces circonscriptions-là, d'emblée, ont un profil démographique qui favoriserait la venue de nouveaux candidats jeunes, qui adhèrent au modèle d'économie du partage, a-t-il expliqué. On veut envoyer un message clair qu'on ne peut pas accepter de telles orientations économiques au sein du PLQ. »

« Manquer le bateau »

Bien qu'il ne soit plus un membre en règle du parti, l'ancien président de la Commission-Jeunesse Julien Gagnon a accepté de s'associer à la démarche du groupe.

« Interdire Uber, au lieu d'adapter le cadre législatif pour permettre à différents types de services de coexister, c'est carrément manquer le bateau ; c'est ne pas comprendre comment et combien les fondements de notre économie sont en train de changer », a-t-il expliqué lors d'une séance de clavardage depuis Londres, où il réside.

« C'est franchement inquiétant de la part d'un gouvernement qui se dit libéral, a-t-il ajouté. Et c'est dommage pour l'image du Québec et de Montréal en particulier. »

Deux autres militants libéraux ont confirmé - sous couvert de l'anonymat - leur adhésion au groupe. Ils reprochent au gouvernement Couillard d'étouffer l'innovation et d'envoyer un message de fermeture aux nouvelles technologies, pourtant des éléments forts de la marque libérale.

« Il y a un courant assez important dans les cercles libéraux de Montréal, des gens qui sont insatisfaits de ce feuilleton Uber, a expliqué l'un d'eux. Plusieurs ne se reconnaissent pas vraiment dans cette réflexion gouvernementale. »

Aux bureaux de la ministre Anglade, du ministre Daoust et du premier ministre Couillard, on a préféré ne pas commenter les activités des militants, hier.

Manifestations et frictions

Ce n'est pas la première fois qu'Uber provoque des frictions dans les rangs libéraux. La Presse rapportait fin mars que le ministre Daoust et le cabinet de M. Couillard ne s'entendaient pas sur la façon de régler ce dossier délicat.

Puis, dans une sortie remarquée il y a deux semaines, la Commission-Jeunesse du PLQ a encouragé ses membres à participer à une manifestation en faveur du service de transport controversé.

Dans un communiqué, le président de cette instance du parti, Jonathan Marleau, associait Uber à l'« économie de partage » et appelait le Québec à devenir un leader canadien dans ce domaine.

La semaine dernière, le ministre Daoust a assuré qu'il y a un « accord complet » de ses collègues du conseil des ministres au sujet de son projet de loi. Il compte le déposer cette semaine

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