Le PQ accuse le gouvernement d'encourager la violence envers les femmes

La députée péquiste d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, n'a pas... (Photo archives La Presse Canadienne)

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La députée péquiste d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, n'a pas mâché ses mots, vendredi, lors de l'étude des crédits octroyés à la Condition féminine, pour tracer un sombre bilan des deux premières années de gouvernement Couillard, associé à un recul majeur, sur tous les plans, des conditions de vie des Québécoises.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

L'opposition péquiste accuse le gouvernement Couillard d'encourager sciemment, depuis deux ans, toutes les formes de violence exercée contre les femmes.

La députée péquiste d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, n'a pas mâché ses mots, vendredi, lors de l'étude des crédits octroyés à la Condition féminine, pour tracer un sombre bilan des deux premières années de gouvernement Couillard, associé à un recul majeur, sur tous les plans, des conditions de vie des Québécoises.

«Ne jouons pas sur les mots. Depuis deux ans, ce gouvernement s'emploie à mettre en oeuvre des actes de violence et de discrimination sexiste, qui peuvent être physiques, psychologiques, verbaux, économiques, sexuels, sociaux et politiques», a affirmé Mme Poirier, dans sa déclaration écrite d'ouverture de l'étude des crédits 2016-2017 en matière de condition féminine.

La tension était palpable dans la salle du parlement.

Le fait d'accuser le gouvernement libéral de «mettre en oeuvre des actes de violence» envers les femmes a été très mal accueilli par les élus libéraux présents, dont Nicole Ménard, Véronyque Tremblay et Marie-Claude Nichols, qui ont aussitôt exprimé leur désapprobation.

Le président de séance, le député de Portneuf, Michel Matte, a invité Mme Poirier à la prudence.

La députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, très émotive, a tenté de riposter, mais elle cherchait ses mots, se disant d'emblée «complètement bouleversée» par ce qu'elle venait d'entendre. «Je suis sans mots. Je n'en reviens tout simplement pas», a-t-elle dit.

«Ça vient me chercher», a-t-elle commenté par la suite, en point de presse, en plaidant pour l'objectif de «dépolitiser la condition féminine».

Sur un ton contrarié, la députée de Chauveau, Véronyque Tremblay, a invité les parlementaires à élever le débat au-dessus de la partisanerie.

Mais l'opposition péquiste a multiplié les attaques, qualifiant le gouvernement d'«ouvertement anti-femmes», avec ses mesures d'austérité, ses coupes «massives» en série aux organismes de femmes et l'abolition de divers programmes.

«La violence n'est pas juste sexuelle. Ce n'est pas seulement de la violence physique. La violence économique, c'est un phénomène qui existe, j'ai rien inventé», a commenté Mme Poirier par la suite, disant assumer «totalement» ses déclarations.

«Je ne m'en excuse pas, parce que ce sont des faits réels», a-t-elle ajouté, en parlant de l'impact des mesures d'austérité gouvernementale sur les femmes.

La députée solidaire Manon Massé a renchéri, en prenant elle aussi à son compte le concept de «violence économique», dont les femmes feraient les frais en raison des mesures de compressions budgétaires.

Plus tard en soirée, par communiqué, la vice-première ministre et ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, a dit vouloir «dénoncer vigoureusement la démagogie et la bassesse» des propos tenus par Mme Poirier. Elle a invité la députée d'Hochelaga-Maisonneuve «à retirer ses propos et à s'excuser auprès de l'ensemble des femmes du Québec».

La députée Poirier avait aussi dénoncé la décision de la ministre Thériault de ne pas tenir de consultations publiques sur son projet de produire une politique d'égalité entre hommes et femmes, accompagnée d'un plan d'action, cette année. Ce choix constitue un geste de rupture avec la façon de procéder habituelle, selon elle, et un «manque de transparence» de la part du gouvernement.

La députée solidaire Manon Massé a dit partager son avis.

«Il est temps de passer à l'action», a répliqué la ministre, durant l'étude des crédits, rejetant l'idée d'une consultation.

Des groupes de femmes ont profité de l'occasion pour exprimer leur colère envers le gouvernement, en point de presse.

La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Mélanie Sarazin, considère que le gouvernement est «anti-féministe». Elle note, à titre d'exemple, que «pour la première fois de toute son histoire» le gouvernement n'a pas financé la Marche mondiale des femmes, un «désaveu», selon elle.

Elle est sortie désenchantée de l'exercice d'étude des crédits, en retenant que la ministre Thériault n'avait pas exprimé une «vision féministe» des problèmes auxquels les femmes sont confrontées.

«On est déçues, on est choquées», a dit Mme Sarazin, ne cachant pas sa colère.

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