Couillard est à l'aise avec la fracturation hydraulique « à petite échelle »

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Les précisions sur la fracturation hydraulique ont été données 24 heures après une rencontre entre M. Couillard et le président de Pétrolia, Alexandre Gagnon, au cabinet du premier ministre.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le premier ministre Philippe Couillard est à l'aise avec le recours à la fracturation hydraulique dans le cadre du programme d'exploration d'hydrocarbures sur l'île d'Anticosti, a indiqué jeudi son cabinet.

Charles Robert, responsable des relations avec les médias au cabinet du premier ministre, a affirmé que M. Couillard respectera l'utilisation de cette méthode controversée, à petite échelle, sur l'île du golfe Saint-Laurent.

Cette position contraste avec les déclarations de M. Couillard, en février, quand il s'était engagé à « tout faire » pour empêcher la fracturation hydraulique à Anticosti.

À ce moment, le premier ministre avait clairement laissé planer un doute sur la possibilité que la société Pétrolia obtienne les permis nécessaires pour passer à cette nouvelle étape.

Lors d'une entrevue téléphonique, M. Robert a déclaré que M. Couillard serait mal à l'aise avec un recours à la fracturation hydraulique à grande échelle, avec plus que les trois puits prévus pour l'étape actuelle d'exploration.

« Il a toujours manifesté l'idée que la fracturation à grande échelle sur Anticosti, pour lui, c'est un malaise, ça là-dessus, il n'y a pas d'équivoque », a-t-il dit.

Ces précisions ont été données 24 heures après une rencontre, mercredi, entre M. Couillard et le président de Pétrolia, Alexandre Gagnon, au cabinet du premier ministre.

Lors d'un point de presse, jeudi, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a répété l'engagement de M. Couillard à respecter le contrat qui associe le gouvernement au programme d'exploration sur Anticosti.

Pas de recul

« Je ne pense pas qu'on ne recule d'aucune façon, a-t-il dit. Le premier ministre maintient ce qu'il a dit, son malaise face à une exploitation à Anticosti. Il l'a répété devant les gens de Pétrolia. »

Au cabinet du ministre, l'attachée de presse Véronique Normandin a précisé qu'avec ses propos, M. Arcand ne faisait clairement pas référence au processus d'exploration.

M. Robert a déclaré que les propos de M. Arcand témoignent de l'intention du gouvernement de respecter les engagements contractuels du gouvernement, qui prévoient trois forages par fracturation hydraulique.

« L'engagement du gouvernement vis-à-vis Pétrolia et Anticosti, c'est d'honorer les ententes contractuelles entre le gouvernement et Pétrolia dans la phase d'exploration, a-t-il dit. C'est l'engagement auquel on se tient et c'est celui qu'on va honorer, et c'est celui de la phase d'exploration. »

Jusqu'ici, Pétrolia n'avait effectué que des sondages stratigraphiques sur l'île d'Anticosti. L'entreprise a déposé en février une demande d'autorisation réglementaire au ministère de l'Environnement pour passer à l'étape suivante du programme d'exploration, qui prévoit la fracturation hydraulique.

Après avoir exprimé son intention de « tout faire » pour empêcher la fracturation hydraulique sur Anticosti, au début de février, M. Couillard avait déclaré que les fonctionnaires, qui doivent évaluer les demandes d'autorisations réglementaires, « feront ce qu'on leur dira ».

Devant ces déclarations, Alexandre Gagnon avait exprimé la crainte que le cheminement administratif de sa demande de certificat d'autorisation soit « vicié » par l'opposition du premier ministre.

Motif de poursuite?

Jeudi, le chef caquiste François Legault a affirmé que cette déclaration sur le travail des fonctionnaires pourrait fournir à Pétrolia un motif de poursuite dans le cas où l'entreprise n'obtient pas son certificat d'autorisation environnementale.

« Les fonctionnaires doivent délivrer le certificat, mais ce que je comprends de M. Gagnon, c'est que si jamais il ne l'avait pas, il pourrait peut-être poursuivre M. Couillard pour avoir dit : les fonctionnaires vont faire ce que je vais leur demander de faire », a-t-il dit.

Lors d'un point de presse, jeudi, M. Legault a estimé que M. Couillard n'a eu d'autre choix que d'être prudent lors des échanges avec M. Gagnon.

« Je pense que M. Couillard s'est fait dire par ses conseillers juridiques qu'il était allé trop loin, qu'il était en contravention avec le contrat pour ses déclarations, a-t-il dit. La nouvelle stratégie qu'il adopte, c'est de répéter, comme un perroquet : je vais respecter le contrat, je vais respecter le contrat. Mais il n'y croit pas. »

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a déclaré jeudi que le contrat qui lie le gouvernement au projet d'exploration sur Anticosti prévoit le recours à la fracturation hydraulique.

Selon M. Péladeau, M. Couillard n'a eu d'autre choix que de nuancer sa position lors de ses échanges avec M. Gagnon, mercredi.

« Il s'est certainement fait entretenir, excusez-moi l'expression, par les avocats du gouvernement qui lui ont dit : "écoutez, Monsieur le premier ministre, si vous persistez dans cette perspective-là, bien, nous risquons, un, d'une part, évidemment, d'être poursuivis et, dans la poursuite, bien, de pouvoir être condamnés à des dommages exemplaires". Parce que sa position est tout à fait inacceptable », a dit le chef péquiste.

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