Couillard accusé de faire de la politique sur le dos des attentats de Paris

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Philippe Couillard, le premier ministre du Québec.

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(Québec) Philippe Couillard instrumentalise les attentats de Paris à des fins partisanes, ont dénoncé les partis de l'opposition, lundi. Une attitude qu'ils jugent « indigne d'un premier ministre ».

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec n'ont pas digéré que le chef du Parti libéral brandisse leurs prises de position passées ou actuelles en matière d'immigration lors d'un point de presse tenu dimanche.

Pour le chef péquiste Pierre Karl Péladeau, le premier ministre fait de la politique partisane sur le dos des attentats de Paris, qui ont fait 129 morts.

« Instrumentalisant de manière indécente et partisane les horreurs de Paris, le premier ministre a accusé le Parti Québécois et la Coalition avenir Québec de xénophobie, a écrit le chef péquiste sur sa page Facebook. Or, rien n'est plus faux. Celles et ceux qui se sont engagés au PQ depuis sa fondation ont été et sont toujours animés par l'ouverture au monde et par la promotion de la diversité en accompagnant les femmes et les hommes qui choisissent le Québec comme terre d'accueil. »

La députée caquiste Nathalie Roy a elle aussi dénoncé l'«arrogance», le « ton moralisateur » et l'«amalgame douteux» de M. Couillard.

« Ce sont des attaques injustifiées, surtout dans un moment aussi solennel, a-t-elle dénoncé. La planète vit quelque chose d'épouvantable, tous les parlementaires doivent se serrer les coudes. Et il nous arrive avec des commentaires disgracieux. C'est indigne d'un premier ministre. »

« Un lourd passif », selon Couillard

En marge du Conseil général du PLQ, M. Couillard a dénoncé les actes d'intolérance qui se multiplient face à l'arrivée de milliers de réfugiés syriens au Canada et au Québec. Il a montré du doigt le PQ et la CAQ qui, selon lui, traînent « un lourd passif » sur l'accueil des nouveaux arrivants.

Le premier ministre a cité en exemple la Charte des valeurs du gouvernement Marois, qu'il a qualifié d'épisode regrettable ». Il a aussi montré du doigt la récente proposition du député péquiste Jean-François Lisée d'imposer un délai d'un an aux immigrants avant d'obtenir le droit de voter dans un référendum.

Il a également critiqué les prises de position de la CAQ. Le parti de François Legault souhaite imposer des examens aux immigrants trois ans après leur arrivée au Québec, et expulser ceux qui les échouent.

L'affrontement survient alors qu'Ottawa s'engage à accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année. Du nombre, 6000 sont appelés à s'établir au Québec.

L'arrivée prochaine des réfugiés est accueillie avec méfiance dans certains quartiers. La semaine dernière, une banderole sur laquelle était inscrit «Réfugiés, non merci» a été posée au-dessus une autoroute de Québec.

Toujours dans la Vieille Capitale, un citoyen a lancé ce week-end une pétition en ligne pour appeler les autorités à renoncer à l'accueil des réfugiés. Au moment d'écrire ces lignes, plus de 57 000 internautes l'avaient signée.

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