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Québec ébauche une stratégie d'accueil des Syriens

Le gouvernement Couillard s'attend à recevoir environ 8000... (Photo Clément Allard, archives PC)

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Le gouvernement Couillard s'attend à recevoir environ 8000 réfugiés syriens ; 5700 d'entre eux sont destinés à demeurer dans la province, tandis que les autres iront ailleurs au Canada.

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(QUÉBEC) Le gouvernement Couillard planche sur sa stratégie pour l'accueil de près de 6000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année. Sans informations précises du gouvernement fédéral, l'opération reste passablement chaotique, selon les informations obtenues par La Presse.

Les fonctionnaires de plusieurs ministères, répartis en trois comités, ont évoqué entre eux une multitude d'hypothèses parfois étonnantes pour loger les migrants qui débarqueront à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, théoriquement dès le mois de décembre. Par contingents pouvant atteindre 900 personnes par jour, ils arriveront de Turquie, de Jordanie et du Liban.

Le gouvernement provincial s'attend à recevoir environ 8000 ressortissants, mais 5700 d'entre eux sont destinés à demeurer au Québec - les autres iront dans d'autres provinces. On prévoit avoir la semaine prochaine un inventaire plus complet des possibilités d'hébergement - il faut prévoir de deux à six mois avant que les migrants puissent être logés définitivement. 

Le gouvernement du Québec a établi une liste de 13 villes susceptibles de recevoir ces Syriens sur une base permanente - un rapide survol auprès de ces municipalités permet de constater que l'enthousiasme est très variable, a appris La Presse. Outre Montréal et Québec, les villes pressenties sont Longueuil-Brossard, Drummondville, Gatineau, Granby, Joliette, Laval, Saint-Hyacinthe, Saint-Jérôme, Sherbrooke, Trois-Rivières et Victoriaville. Aucune autre ville ne sera considérée pour accueillir les migrants syriens.

Le vieux Colisée de Québec

Pour l'heure, toutes sortes de scénarios sont encore dans les cartons des ministères à Québec. On a même évoqué que plusieurs centaines de migrants pourraient être localisés dans le vieux Colisée, désaffecté, à Québec. Les communautés religieuses pourraient aussi être mises à contribution. On a pensé aux équipements touristiques, mais il serait difficile de les mobiliser pour une période aussi longue. On a même pensé aux chalets de la Société des établissements de plein air, la SEPAQ, ce qui comporterait un inconvénient important, puisque les nouveaux arrivants seraient dispersés, ce qui rendrait bien difficile d'assurer les services dont ils ont besoin.

Pas question non plus d'utiliser des HLM de la Société d'habitation du Québec, puisqu'il serait difficile de court-circuiter les listes d'attentes de défavorisés québécois sans déclencher une embarrassante controverse politique. Le programme existant Accès Logis devrait être modifié pour permettre de le diriger vers ces nouveaux arrivants.

Des informations qui filtrent d'Ottawa, on comprend que le gouvernement Trudeau envisage d'abord d'utiliser ses bases militaires. Au Québec, celles de Valcartier, Saint-Hubert et Longue-Pointe sont disponibles. Mais leur capacité serait insuffisante cette fois, alors qu'en 1999, les Kosovars avaient occupé les bases pendant trois mois.

Sur des bateaux

Ottawa songe aussi à loger ces nouveaux arrivants sur des navires de croisière, amarrés à Vancouver et à Halifax, pour réaliser les enquêtes de sécurité et les examens de santé nécessaires. Finalement, on a demandé à Québec de trouver des terrains vagues où des camps préfabriqués pourraient être mis en place rapidement. Ottawa devrait faire le point lors d'une conférence réunissant des représentants de toutes les provinces à la fin du mois.

Selon les informations obtenues, les 3650 réfugiés que le Québec s'est engagé à recevoir en septembre, au coût de 29 millions, feront partie des 25 000 promis par Ottawa. De ce contingent, 2000 ont déjà un dossier ouvert à Beyrouth, au Liban, et 650 seront «pris en charge» par le gouvernement québécois.

Restent environ 2000 migrants supplémentaires à la suite de la promesse du gouvernement Trudeau pour lesquels le financement reste à définir, mais jeudi, la ministre québécoise de l'Immigration Kathleen Weil a prévenu qu'Ottawa devrait financer l'accueil de ces réfugiés qu'il demande au Québec de «prendre en charge».

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