Front commun: Québec présentera une nouvelle offre au secteur public

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Québec s'apprête à présenter une nouvelle offre au secteur public, au terme de la première semaine des grèves tournantes.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a fait savoir vendredi que le gouvernement modifiera ses propositions.

Les syndicats du secteur public se plaignent du peu de progrès aux tables de négociations depuis un an et du manque d'ouverture du gouvernement. Jeudi, les organisations syndicales ont réclamé la bonification des offres, qu'elles trouvaient « indécentes ».

Dans un point de presse vendredi, M. Coiteux a d'abord déploré les arrêts de travail de cette semaine à l'échelle du Québec, tout en minimisant leurs conséquences.

« Bien qu'il y ait eu des débrayages que je considère regrettables, il y a eu du travail qui s'est fait aux tables de négociations même cette semaine, donc on avance », a-t-il déclaré, en marge d'une conférence de presse à Québec sur un autre sujet.

Envoyer un signal

Et du même souffle, le président du Conseil du trésor a ouvert son jeu, lui qui est demeuré inflexible sur les offres globales du gouvernement depuis novembre l'an dernier. Il juge opportun maintenant de faire un pas en avant et d'envoyer un signal à ses vis-à-vis, sans détailler précisément ce qui serait déposé comme proposition.

« On s'approche du moment où, effectivement, on pense être en mesure de renouveler, d'actualiser notre offre pour en arriver à un règlement négocié », a-t-il dit.

Il a néanmoins réitéré que l'offre globale actuelle « permet d'avancer » tout en restant dans le cadre financier que s'est fixé le gouvernement, c'est-à-dire l'atteinte de l'équilibre budgétaire en 2015-2016, sans fardeau supplémentaire pour les contribuables.

Gouffre

Actuellement, un gouffre sépare les positions des deux parties. Le front commun intersyndical, qui représente quelque 400 000 employés de l'État, réclame des augmentations salariales de 4,5% par année pendant trois ans.

Le gouvernement offre deux années de gel salarial suivies d'augmentations de 1% par année pendant trois ans. Il veut aussi faire passer de 60 à 62 ans l'âge auquel il sera possible de prendre sa retraite sans pénalité.

En début de soirée vendredi, le Conseil du trésor a tout de même tenu à clarifier sa position : pas question de renoncer aux grandes lignes de ce qui a été énoncé jusqu'à maintenant et de jeter tout ce qui a été proposé.

« On ne fera pas table rase », a expliqué la porte-parole de Martin Coiteux, Marie-Ève Labranche, en entrevue téléphonique.

Le président de la CSN Jacques Létourneau.... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

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Le président de la CSN Jacques Létourneau.

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Lueur d'espoir

Les premiers échos du front commun intersyndical à propos des ouvertures de M. Coiteux sont positifs. Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, y voit une lueur d'espoir.

« C'est une bonne nouvelle, mais évidemment, il faudra voir ce que le gouvernement entend par nouvelle offre », a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique vendredi après-midi.

Il a précisé que l'ouverture manifestée par le gouvernement ne s'est pas encore traduite en signes concrets aux tables de négociations. Cependant, il a dit qu'il a senti à compter de jeudi que « le vent était en train de tourner dans le discours gouvernemental », à la suite de certains sous-entendus de M. Coiteux dans des entrevues.

Selon M. Létourneau, les journées de débrayage et la mobilisation qu'elles ont démontrée ont forcé le gouvernement à bouger, même s'il ne l'admettra pas. Les votes massifs en faveur de la grève se sont traduits par une forte présence des syndiqués en débrayage sur le terrain.

« C'était des milliers de personnes qui étaient sur les piquets de grève dans certaines régions », a-t-il illustré.

Sympathie de la population

De même, le leader syndical dit avoir senti un fort vent de sympathie de la population au cours des derniers jours, ce qui a pu mettre davantage de pression aussi sur la partie patronale.

« C'était ça, l'objectif recherché (par ces débrayages), c'est d'arriver à une entente négociée, a-t-il conclu. (...) Je pense que le gouvernement se met en mode écoute et en mode proposition. »

Soulignons qu'une deuxième ronde de débrayage s'amorcera le 9 novembre et qu'une troisième est aussi prévue par la suite.

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