Accueil mitigé de Québec à l'accord du PTP

L'accord Partenariat transpacifique ouvre une brèche dans le système... (Archives La Presse, Martin Chamberland)

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L'accord Partenariat transpacifique ouvre une brèche dans le système de la gestion de l'offre ce qui affectera entre autres les agriculteurs.

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(Québec) Après avoir réservé un accueil froid à l'accord de principe sur le Partenariat transpacifique (PTP) en matinée, le gouvernement Couillard a affirmé lundi après-midi que le Québec gagnera de l'ouverture de nouveaux marchés.

«Globalement, c'est un bon accord», a déclaré le ministre de l'Économie, Jacques Daoust au cours d'un point de presse en après-midi.

Les entreprises de plusieurs secteurs économiques de la province bénéficieront de l'abolition des tarifs douaniers dans ce marché de 800 millions de personnes, selon le ministre. Le bois, les pâtes et papiers, les métaux, le porc, l'aéronautique bénéficieront tous de l'ouverture de 11 pays de la zone Pacifique aux produits canadiens.

Son enthousiasme a tranché avec l'accueil froid qu'il a réservé à l'accord en matinée. M. Daoust et son collègue à l'Agriculture, Pierre Paradis, a alors tous deux affirmé que les producteurs agricoles du Québec subiront des pertes.

L'accord ouvre une brèche dans le système de la gestion de l'offre, auquel Québec tient mordicus. Les producteurs étrangers pourront occuper jusqu'à 3,25 % du marché canadien des produits laitiers. En contrepartie, les agriculteurs profiteront d'un programme de compensation de 4,3 milliards de dollars.

«Si vous me parlez de 4 milliards et qu'il y a effectivement une compensation de 4 milliards, c'est parce qu'il y a une perte, a déclaré M. Daoust en matinée. On compense quelque chose parce qu'il y a eu un préjudice.»

Après avoir pris connaissance des détails de l'entente, M. Paradis a convenu en après-midi que le secteur agroalimentaire va en bénéficier «globalement». Environ 60 % de cette industrie n'est pas régie par le système de la gestion de l'offre. Quant au 40 % restant, il faudra voir si les compensations annoncées par Ottawa suffisent.

«On est partis avec une situation où on parlait d'une atteinte à nos importations de l'ordre de 10 %, a dit M. Paradis. On ressort de là - notre but, évidemment, c'était que ça soit zéro - on ressort de là à 3,25 %. Ça ne réjouit pas tout le monde.»

Il presse Ottawa d'amortir le choc pour les producteurs agricoles en resserrant les contrôles douaniers sur les produits de substitut de lait qui sont importés au Canada.

MM. Daoust et Paradis se sont rendus à Atlanta la semaine dernière pour prendre connaissance des derniers développements à la table des négociations. Dans leurs échanges avec le gouvernement conservateur, ils ont insisté sur la nécessité de protéger la gestion de l'offre.

C'est la deuxième brèche dans le système de gestion de l'offre depuis 2013. Lorsqu'il a conclu une entente de principe sur un accord de libre-échange avec l'Union européenne, le gouvernement Harper a accepté de doubler la quantité de fromage européen importée au Canada.

Ottawa a «abandonné» les agriculteurs

Le Parti québécois a accusé le gouvernement conservateur d'avoir «abandonné» les agriculteurs du Québec.

«Les priorités du fédéral, on le constate, sont ailleurs qu'au Québec, et là ce n'est rien de nouveau, a dénoncé le député. C'est ce qui arrive quand on doit compter sur une autre nation pour négocier nos ententes commerciales. Un Québec indépendant aurait parlé en son propre nom à la table de négociation et établi lui-même ses priorités.»

Il a toutefois pas précisé si le PQ s'opposera au traité de libre-échange.

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