Le PQ n'a pas le monopole de la souveraineté, déclare Péladeau

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Le Parti québécois n'a pas le monopole du projet souverainiste, ce qui l'oblige à travailler avec les autres partis qui partagent cet objectif, a déclaré M. Péladeau en conférence presse, mercredi.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau ne voit pas la présence d'autres partis souverainistes comme un obstacle à une unification des militants pour l'indépendance du Québec.

Le Parti québécois n'a pas le monopole du projet souverainiste, ce qui l'oblige à travailler avec les autres partis qui partagent cet objectif, a déclaré M. Péladeau en conférence presse, mercredi.

«Nous partageons un objectif commun, celui de la liberté, celui de la formation d'un pays, celui de l'indépendance et de la souveraineté, a-t-il dit. Et le Parti québécois n'a pas le monopole en cette matière. Il nous apparaît essentiel et incontournable justement que nous nous rassemblions tous ensemble pour cet objectif.»

M. Péladeau a même évoqué l'influence que les citoyens et membres d'autres partis souverainistes pourront avoir dans l'élaboration de la stratégie référendaire péquiste.

«Certainement que les citoyens et les citoyennes, les militants et les militantes d'autres partis politiques vont enrichir la conversation», a-t-il dit.

Responsable de la convergence du mouvement indépendantiste, la députée Véronique Hivon a affirmé que le PQ a mis de côté la question des alliances qui permettraient de faire élire plus de députés des partis souverainistes.

«Il ne faut pas voir le mouvement qui est amorcé par le prisme d'une simple question d'alliances, a-t-elle dit. Justement, je pense qu'une erreur, dans le passé, ça a été de partir du prisme de l'alliance électorale.»

Mme Hivon a expliqué que le PQ souhaite plutôt travailler avec les autres partis souverainistes, Option nationale et Québec solidaire, sur les points communs.

«On n'est pas en train de remettre leur existence en question, a-t-elle dit. Ce que l'on souhaite, c'est pouvoir travailler ensemble, justement, au-delà des allégeances partisanes sur ce qui nous rassemble.»

M. Péladeau a donné l'exemple de la région espagnole de Catalogne, où des partis souverainistes se partagent l'échiquier politique.

«Il y a deux partis qui sont souverainistes, et ils sont ensemble pour justement faire en sorte de rencontrer les objectifs qui sont les leurs, c'est-à-dire que la Catalogne devienne un pays», a-t-il dit.

La députée Françoise David, de Québec solidaire, a déclaré en point de presse que des discussions sont possibles avec d'autres partis souverainistes.

Mme David a fait référence au mandat confié par les militants qui oblige le parti à présenter des candidats dans les 125 circonscriptions québécoises.

«Si ce mandat devait changer, on verra, mais, pour le moment, c'est le mandat que nous avons, a-t-elle dit. Je pense que c'est clair.»

«Une nouvelle période»

Plus tôt, mercredi, M. Péladeau a expliqué que le remaniement de son caucus, annoncé dimanche, marque le début d'une nouvelle période au PQ.

M. Péladeau s'est défendu d'avoir écarté le député Stéphane Bédard du poste de leader parlementaire, confié à son ancien adversaire dans la course à la direction Bernard Drainville.

«Écarté, c'est pas, je ne pense pas... La première chose que je voudrais souligner, c'est que Stéphane a fait un travail exceptionnel», a-t-il dit avant une réunion de ses députés.

Selon le chef péquiste, le remaniement de son caucus, par lequel certains dossiers ont été confiés à de nouveaux députés, était adéquat à la suite de son élection comme chef en mai dernier.

«Nouvelle session et une nouvelle période s'ouvre, je pense qu'il était adéquat, puisque nous avons des compétences exceptionnelles au PQ dans notre députation, de faire en sorte de mettre en valeur ces compétences, cette diversité et cette énergie», a-t-il dit.

De son côté, M. Bédard a pris acte de la décision de M. Péladeau de lui confier les dossiers de la justice au sein du caucus.

«Je pense que Bernard et M. Péladeau ont donné les motifs et tout cela est bien correct, a-t-il dit. Quand on vient en politique, c'est pour servir une cause, des citoyens, les citoyens de Chicoutimi, tout comme l'ensemble des citoyens du Québec, ce que je vais continuer de faire.»

Mardi, M. Drainville a expliqué que le PQ devait sortir de la «bulle parlementaire» pour se reconnecter aux préoccupations de la population.

M. Bédard, qui a été chef intérimaire durant la dernière course à la direction, a affirmé qu'il n'a aucune intention de quitter ses fonctions en raison du remaniement.

«Je suis attaché au Parti québécois profondément, j'ai milité depuis l'âge de dix ans dans ce parti, a-t-il dit. Je suis né, presque, avec, je suis né en 1968.»

Mercredi, M. Péladeau a affirmé que le PQ veut être prêt à répondre aux attaques de ses adversaires contre le projet souverainiste, d'ici la prochaine campagne électorale de 2018.

«Nous allons avoir des réponses aux questions que les fédéralistes ont toujours posées et aussi, surtout, les campagnes de peur que nous connaissons, a-t-il dit. Nous l'avons connu en 1980, nous l'avons connu en 1995.»

Radio-Canada a rapporté mardi que le PQ veut mettre en place une stratégie pour transformer la formation en «machine de guerre», créant notamment une école pour enseigner aux militants les arguments pour l'indépendance du Québec, ce qui a suscité des railleries dans le camp libéral.

«Ils parlent d'ouvrir des écoles de souveraineté, ils veulent endoctriner, essayer d'exposer un point de vue à partir de réponses qu'ils disent qu'ils n'ont pas, a affirmé le leader parlementaire Jean-Marc Fournier. M. Péladeau nous a annoncé qu'il y aurait un institut (sur la souveraineté) parce qu'en ce moment il n'y a pas les réponses.»

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