Péladeau ne consultera pas le jurisconsulte de l'Assemblée nationale

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Pierre Karl Péladeau

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(Québec) Pierre Karl Péladeau a refusé de témoigner sa confiance au jurisconsulte de l'Assemblée nationale, mercredi, quelques heures avant que celui-ci témoigne devant une commission parlementaire qui se penche sur la question de ses intérêts financiers. Mais il n'a pas été jusqu'à dire que le lien de confiance est rompu avec Me Claude Bisson.

Le chef du Parti québécois n'a pas digéré qu'un avis produit par Me Claude Bisson à la demande du leader libéral Jean-Marc Fournier ait été rendu public en mars.Questionné en matinée à savoir s'il fait confiance au jurisconsulte, M. Péladeau a affirmé: «Je sais que moi, je ne le consulterai pas.»

M. Péladeau a été invité à préciser sa pensée quelques heures plus tard. Questionné à répétition, il s'est gardé de dire qu'il ne fait pas confiance à Me Bisson. Mais il ne lui a pas témoigné sa confiance non plus.

«Je vous ai dit que je ne consulterai pas le juge Bisson, a-t-il dit. J'ai dit que je suis probablement le seul député qui ne va pas le consulter.»

Il s'est échappé lors d'une réponse en anglais et affirmé «je ne lui fais pas confiance». Mais il a tout de suite corrigé le tir et expliqué aux journalistes que ce lapsus ne reflétait pas sa pensée.

M. Péladeau a dit faire confiance au commissaire à l'éthique Jacques Saint-Laurent, le gardien du code d'éthique des députés. Mais à ses yeux, Me Bisson, ancien juge à la Cour d'appel, n'a pas respecté la confidentialité de ses rapports avec les élus en permettant que son avis à M. Fournier soit dévoilé.

«Ce que j'ai compris du témoignage du commissaire, c'est que la loi fait en sorte qu'il doit exister un niveau de confiance et de confidentialité, a dit M. Péladeau. Il semble que dans le cas du jurisconsulte, ce ne soit pas la situation.»

La critique est survenue à quelques heures d'un témoignage très attendu de Me Bisson devant la Commission des institutions. Le comité doit se pencher sur les 23 recommandations du commissaire à l'éthique, dont certaines touchent directement le chef du PQ, qui est à la fois aspirant premier ministre et actionnaire de contrôle de Québecor.

Dans une analyse produite à la demande de Jean-Marc Fournier, Me Bisson, a conclu que la solution proposée par M. Péladeau pour éviter de se placer en conflit d'intérêts le placerait en violation du code d'éthique. M. Péladeau souhaite placer ses actions de Québecor dans une fiducie, mais il donnerait instruction à son fiduciaire de ne pas les vendre.

Dans la foulée de cet avis, les partisans de M. Péladeau a déclaré que Me Bisson « aurait dû réfléchir » avant d'émettre une opinion sur son cas. Ses partisans l'ont accusé d'être lui-même en conflit d'intérêts parce que son fils, Alain, a été congédié du Journal de Montréal dans la foulée du lock-out de 2010.

Aux yeux du leader parlementaire du Parti libéral, Jean-Marc Fournier, les commentaires du chef péquiste constituent une attaque contre une institution de l'Assemblée nationale.

«En disant qu'il n'a pas confiance, il brime, il contrevient à notre code d'éthique, a-t-il déclaré. Je ne sais pas pourquoi il a décidé d'être en contravention avec le code d'éthique.»

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