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Réseau de la santé: des «super cadres» mieux payés

La loi 10 abolira 1300 cadres dans l'ensemble... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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La loi 10 abolira 1300 cadres dans l'ensemble du réseau. Les nouveaux salaires ont été établis sur cinq classes, qui tiennent compte du nombre d'employés à gérer et de l'ampleur du nouveau budget.

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(Québec) Il y en aura moins, mais ils seront mieux payés. Bien mieux payés. Le Conseil des ministres a adopté mercredi dernier la grille des salaires des nouveaux «super patrons» du réseau de la santé. En gros, en cette période d'austérité, ils bénéficieront d'une augmentation de 10% en moyenne par rapport aux anciens PDG des agences régionales. Dans certains cas, ce sera même beaucoup plus - on atteint 34% pour un PDG.

La Presse a obtenu la grille de rémunération adoptée la semaine dernière, qui devrait être rendue publique dans quelques jours. Plusieurs facteurs viennent appuyer cette augmentation générale. D'abord, les nouveaux PDG auront plus d'un établissement sous leur responsabilité. Les 182 directeurs d'établissement, auxquels s'ajoutaient les 16 patrons d'agence, pour un total de 198 cadres supérieurs, tombent à 34 «super cadres», une économie annuelle de 130 millions, soit plus de la moitié des 220 millions que devraient livrer, après deux ans, les réformes prévues par la loi 10.

La loi 10 abolira, rappelons-le, les postes de 1300 cadres dans l'ensemble du réseau. Les nouveaux salaires ont été établis sur cinq classes, qui tiennent compte du nombre d'employés à gérer et de l'ampleur du nouveau budget, puisqu'ils auront désormais la responsabilité de plusieurs établissements. Les postes les plus importants débutent à 227 000$, pour plafonner à 296 000$.

À Montréal comme ailleurs en province, les patrons des nouveaux centres intégrés universitaires de santé et services sociaux (CIUSSS) profitent d'augmentations importantes. Sonia Bélanger, PDG du CIUSSS du Centre-Est-de-l'Île-de-Montréal, voit son salaire passer de 215 000$ à 258 000$. Yvan Gendron, de l'Est-de-l'Île, passe de 215 000$ à 258 000$; Pierre Gfeller, du Nord-de-l'Île, gagnera quant à lui 274 000$, une augmentation de 34 000$.

Martin Beaumont, de la Mauricie, passe de 228 000 à 274 000$ - la plus importante augmentation. Patricia Gauthier, de l'Estrie, était à 247 000$; elle fait monter le baromètre à 293 000$, ce qui fait d'elle la mieux payée des 34 super cadres.

Remplacements

Mais de nombreux directeurs d'établissement sont remplacés. M. Beaumont, par exemple, aura sous sa responsabilité l'ancienne agence de la Mauricie, mais aussi trois centres de réadaptation, huit CLSC et le Centre jeunesse de la Mauricie. Mme Gauthier, en Estrie, gèrera l'ancienne agence, le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, deux centres de réadaptation, huit CLSC et le Centre jeunesse de l'Estrie.

Mais la nouvelle distribution en cinq groupes, selon les budgets, fait gagner davantage à quelques cadres dont les responsabilités restent identiques. Ainsi, Denis Roy, de l'Institut de cardiologie de Montréal, gagnait 225 000$, mais en aura désormais 235 000. Renée Fugère, patronne de l'Institut Pinel, était à 178 000$ et passe à 196 000$. Jacques Turgeon, patron du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, avait 263 000$; il gagnera plutôt 290 000$ avec la nouvelle grille.

À la santé, prévoyant les critiques, on a déjà dressé la liste de rémunération pour quelques hôpitaux importants dans le reste du Canada. À Ottawa, le patron de l'hôpital gagne 517 000$; au Vancouver Island Health, le PDG gagne 420 000$; à Toronto, le patron de l'University Health Institute a empoché 580 000$ en 2010.

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