Hydro-Québec préoccupé par le pipeline Énergie Est

L'oléoduc Énergie Est pourrait connaître des problèmes de corrosion parce qu'il... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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(Québec) L'oléoduc Énergie Est pourrait connaître des problèmes de corrosion parce qu'il serait bâti en grande partie près de lignes de haute tension, indique Hydro-Québec, dans un document présenté à l'Office national de l'énergie.

La société d'État a demandé mardi à participer aux consultations menées par l'ONÉ sur le mégaprojet de TransCanada. Son formulaire d'application révèle que le transporteur craint l'effet de ses lignes à haute tension sur la conduite.

«Quant à la sécurité et à la sûreté associé (sic) à l'exploitation du projet, la présence des lignes d'électricité de haute tension à proximité d'un pipeline, peut engendrer, le cas échéant, des phénomènes d'induction, de corrosion et de champs magnétiques sur les installations pipelinières », note Hydro-Québec dans le document.

Hydro note qu'une bonne partie de la portion québécoise du futur oléoduc longera ses lignes. La conduite va également traverser son emprise 63 fois.

Cette proximité pourrait nuire au développement du réseau, selon la société d'État.

«Hydro-Québec Transport estime que ce projet pourrait ainsi limiter et affecter l'exploitabilité, la maintenance et la croissance de son réseau électrique, note-t-elle. Hydro-Québec Transport a des préoccupations particulières en raison de la proximité du pipeline projeté, particulièrement en ce qui concerne le développement de son réseau électrique et des coûts des mesures de protection des installations en place et de ceux à venir. »

Début février, La Presse a révélé que le pipeline Saint-Laurent, qui relie les installations d'Énergie Valero de Lévis et de Montréal, présente des signes de corrosion. La conduite n'est en service que depuis décembre 2012.

Deux éléments ont été identifiés comme causes du phénomène: les terres humides que traversent le pipeline ainsi que sa proximité de pylônes d'électricité puisqu'il longe l'emprise des lignes d'Hydro-Québec.

Dans un courriel, Hydro-Québec affirme que sa démarche auprès de l'ONÉ «consiste à identifier et documenter certains aspects techniques liés à la cohabitation des équipements de TransCanada et d'Hydro-Québec».

«La démarche d'Hydro-Québec ne vise pas à prendre position sur le bien-fondé du projet», indique la porte-parole de l'entreprise, Marie-Elaine Deveault.

La corrosion causée par les lignes électriques est un phénomène bien connu de TransCanada, assure son porte-parole, Tim Duboyce. La société albertaine dit avoir eu à composer avec le problème après la mise en service de son oléoduc Keystone, en 2010.

La société a depuis mis au point un système dit «de protection cathodique» qui consiste à envoyer un courant électrique de faible intensité dans la conduite pour neutraliser l'effet corrosif des lignes à haute tension.

«Ça annule l'effet des lignes électriques et prévient la corrosion de l'acier dans l'oléoduc», résume M. Duboyce.

TransCanada compte déployer cette technologie sur la portion du pipeline qui longe les lignes d'Hydro-Québec, indique le porte-parole.

Aux yeux de Patrick Bonin, de Greenpeace, les préoccupations exprimées par Hydro-Québec prouvent que l'oléoduc Énergie Est met en péril la distribution d'hydroélectricité au Québec au profit de l'industrie des sables bitumineux.

«Si ce projet peut limiter ce qu'Hydro peut faire dans son emprise, c'est une autre source de préoccupation, a dit M. Bonin. Ce serait le comble qu'on ait un développement du pétrole le plus sale au monde qui vienne nuire au développement des énergies vertes au Québec.»

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