Charte: Cloutier rejette la clause «grand-père» de Drainville

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Alexandre Cloutier

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(QUÉBEC) Avant même d'être dévoilée, la nouvelle mouture de la Charte de la laïcité que proposera Bernard Drainville fait réagir son rival dans la course à la direction du Parti québécois Alexandre Cloutier.

Dans une lettre ouverte qu'il publie ce matin sur son blogue, M. Cloutier appelle le Parti québécois à rejeter la «clause grand-père» que proposera son rival et à restreindre l'interdiction de porter des signes religieux.

Sa lettre est cosignée par l'ex-ministre Louise Beaudoin, qui a appuyé la version initiale de la Charte, défendue par le gouvernement Marois.

«Au moment où les extrémistes sévissent, il ne faut pas se diviser autour du port de signes religieux par des fonctionnaires, écrivent-ils. L'idée de la "clause grand-père" doit être écartée. Il faut trouver un consensus.»

M. Drainville suggérera d'exempter les employés actuels de l'État de l'interdiction de porter des signes religieux. La mesure ne s'appliquerait qu'aux futurs employés.

M. Cloutier propose de s'inspirer des recommandations du rapport Bouchard-Taylor et de n'interdire le port de signes religieux qu'aux travailleurs de l'État qui sont en position d'autorité comme les policiers et les juges.

Il va cependant plus loin que les commissaires en proposant d'inclure les enseignants dans cette catégorie.

Au lendemain de la défaite du PQ aux élections d'avril, M. Cloutier a pris ses distances de la Charte. Selon lui, le parti aurait dû se concentrer sur les éléments plus consensuels de cette politique controversée.

Lutte contre l'intégrisme

Dans la foulée des attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu, d'Ottawa et de Paris, il appelle les parlementaires de l'Assemblée nationale à mettre de côté la partisanerie pour adopter une «intervention législative à la fois forte, nuancée et rigoureuse» contre l'intégrisme religieux.

«À n'en pas douter, la lutte contre l'intégrisme devra faire partie des priorités de la prochaine session», écrit M. Cloutier.

Il met toutefois les parlementaires en garde contre deux «dangers» du débat: la «généralisation» qui mène au racisme et à l'exclusion, et l'inaction «devant une menace pourtant bien réelle».

M. Couillard a réitéré son intention de présenter un projet de loi pour affirmer la neutralité de l'État et baliser les accommodements religieux, hier. Il a aussi lancé une pointe à ses adversaires péquistes qui relancent le débat sur la Charte dans la foulée des attentats de Paris.

«C'est faire un amalgame qui m'apparaît non seulement risqué, mais inapproprié, a dénoncé M. Couillard. Clairement, la relation entre le code vestimentaire et les événements terroristes a été montrée en France comme étant inexistante. On confond deux enjeux.»

- Avec La Presse Canadienne

Force Jeunesse s'insurge contre la proposition de Drainville

L'idée de Bernard Drainville d'introduire une «clause grand-père» dans une future Charte de la laïcité inquiète l'organisme Force Jeunesse. Le regroupement de jeunes travailleurs milite depuis les années 90 contre ce type de disposition dans le monde du travail. «On est inquiets qu'une clause de disparité de traitement soit proposée sur la place publique, dénonce son porte-parole, Damien Auger. Depuis 1999, les gouvernements semblaient vouloir enrayer ce genre de chose.» Il rappelle que des militants du Parti québécois ont adopté une résolution en novembre 2013 pour demander au gouvernement Marois de tenir compte des disparités de traitement en fonction de la date d'embauche dans sa réflexion sur les régimes de retraite.

- Martin Croteau et Jasmin Lavoie

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