Hausse des frais de garde: les libéraux rejettent une motion de censure

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À deux reprises, soit en campagne électorale et lors de la prestation de serment du gouvernement, le premier ministre Philippe Couillard s'était engagé formellement à limiter la hausse des tarifs à l'inflation, a martelé le député de Terrebonne.

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Avec la hausse des frais de garde et ses décisions «idéologiques», le gouvernement libéral est en train de «détruire le Québec», selon le Parti québécois.

Parrain d'une motion de censure (confiance) à l'endroit du gouvernement, le député Mathieu Traversy a exhorté jeudi ses vis-à-vis libéraux à choisir entre le soutien aux jeunes familles et l'idéologie comptable incarnée, selon lui, par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

Le gouvernement étant majoritaire, l'appui des élus libéraux à la motion était nécessaire pour forcer la tenue d'une nouvelle élection. Sans surprise, ils se sont tous rangés derrière le gouvernement et la motion a été défaite par 63 voix contre 45. Les députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) et ceux de Québec solidaire ont voté aux côtés du PQ en faveur de la motion.

Pendant le débat avant le vote, le député Traversy a longuement décrié la volte-face du Parti libéral sur les tarifs en garderie.

«Ce gouvernement est en train de détruire le Québec par ses décisions idéologiques de courte vue», a-t-il lancé.

À deux reprises, soit en campagne électorale et lors de la prestation de serment du gouvernement, le premier ministre Philippe Couillard s'était engagé formellement à limiter la hausse des tarifs à l'inflation, a martelé le député de Terrebonne.

«Le Parti libéral a renié non pas une seule fois, mais deux fois sa parole. C'est une trahison profonde pour les familles, mais surtout pour la classe moyenne, cette classe dont on cible les augmentations les plus salées, a dénoncé M. Traversy. On parle d'une augmentation d'environ quatre à huit dollars de plus par jour par enfant; une augmentation qui peut varier entre 800$ à 2000$ par année, par enfant toujours.»

À son avis, les libéraux n'auraient sans doute pas été élus au mois d'avril s'ils avaient clairement annoncé leur intention d'imposer un «choc tarifaire» aux parents avec la modulation des frais de garde en fonction des revenus.

«C'est une trahison qui a été entamée par le parti au pouvoir depuis quelques mois face à ces électeurs qui leur ont fait confiance. Ce sont des gens qui ont des enfants en garderie. Ce sont ces jeunes familles qui devront payer», a-t-il pesté.

Quant à elle, la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, s'est défendue d'accabler les familles avec des tarifs déraisonnables. Bien au contraire, le gouvernement a tenu de compte de la situation financière des parents dans un objectif de justice sociale, a-t-elle insisté.

«On a non seulement pris en compte un engagement de sauvegarder les milieux défavorisés, on a pris en compte la justice sociale. Pourquoi? Parce que nous croyons qu'à partir du moment où 30% des familles du Québec ne paient pas plus que ce qu'elles paient présentement, 60% des familles ne paieront pas plus que 9$. Ce n'est quand même pas rien», a-t-elle justifié.

Le député caquiste François Bonnardel est revenu à la charge, accusant le premier ministre Couillard d'avoir «raconté des bobards aux Québécois» sur les tarifs de garde pour mieux les taxer une fois porté au pouvoir.

«On va vider ce qui reste du portefeuille des familles du Québec, de la classe moyenne, celle qui ne peut pas être dans la rue», s'est scandalisé le député de Granby.

La co-chef de Québec solidaire, Françoise David, a pour sa part reproché au gouvernement libéral de préparer en douce la privatisation des services de garde en multipliant les embûches pour les Centres de la petite enfance (CPE).

«Quand on dit aux centres à la petite enfance: «vous devrez assumer 50% des nouvelles immobilisations', on est en train de leur mettre de tels bâtons dans les roues que de toute évidence ça va être extrêmement difficile», a soutenu Mme David.

Les promoteurs privés attendent de prendre le relais des CPE, ce qui n'augure rien de bon pour les femmes, selon elle.

«Une garderie privée, c'est une garderie commerciale, on la met sur pied parce qu'on pense faire des profits. On fait des profits comment? En payant les éducatrices moins cher», a-t-elle dit.

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