Philippe Couillard défend son usage exclusif de l'anglais à l'étranger

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Philippe Couillard

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Philippe Couillard ne voit pas de mal à s'exprimer exclusivement en anglais dans les forums internationaux.

En fin de semaine dernière, le premier ministre libéral s'est attiré des critiques pour avoir complètement ignoré le français dans une allocution à la conférence Arctic Circle à Reykjavik, en Islande.

À la tête du seul État officiellement francophone en Amérique, M. Couillard a soutenu mercredi que l'usage exclusif de l'anglais s'imposait parfois lorsque l'enjeu est majeur, comme c'était le cas selon lui en Islande.

«Quand on fait une intervention importante, il s'agissait du développement économique du Québec, c'est une bonne chose que le monde nous comprenne», a lancé M. Couillard, en Chambre, interpellé sur cette question par le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Le premier ministre a dit trouver «exagérées» les remontrances de M. Legault, qui invoquait le «devoir des élus» de faire la promotion du français dans leurs fonctions officielles. M. Couillard a mis au défi son vis-à-vis caquiste de s'exprimer lui-même en français devant les cercles financiers si jamais il devient un jour chef du gouvernement.

«Qu'il aille dans les milieux financiers de Londres ou de New York parler de son remarquable plan économique dont on ne sait rien d'ailleurs, qu'il le fasse entièrement en français, et on verra», a-t-il dit.

Pour sa défense, le chef libéral a fait remarquer que «de nombreux premiers ministres, y compris du Parti québécois dans le passé, ont prononcé des discours en anglais dans certaines occasions lorsque les conditions s'y prêtaient».

M. Couillard a expliqué qu'il avait choisi de s'exprimer uniquement en anglais en Islande parce qu'il n'y avait pas de service de traduction simultanée pour accommoder l'auditoire. D'autres convives de marque ont aussi opté pour la langue des affaires pendant cette conférence, a-t-il soulevé.

«Dans cet événement qui est un événement surtout scientifique et académique, l'ancien premier ministre de France (Michel Rocard) s'est exprimé en anglais, le président de l'Islande qui était l'hôte de la conférence s'est exprimé en anglais, un ministre du gouvernement norvégien également», a relaté M. Couillard.

Le premier ministre a ajouté que lors de sa récente mission en Chine, il a fait ses interventions en français - devant la Chambre de commerce de Shanghai entre autres - parce que la traduction simultanée permettait à l'auditoire de suivre son discours et de comprendre de quoi il en retourne.

«Dans les fonctions gouvernementales, bien sûr qu'on s'exprime en français. Et, dans ces fonctions, en général, la traduction simultanée est présente et on peut le faire», a-t-il dit, laissant entendre que l'usage du français devant un auditoire étranger n'est approprié qu'à condition qu'il y ait une traduction simultanée au bénéfice des non-francophones.

Pour le leader caquiste, les explications du premier ministre démontrent qu'il comprend mal son rôle de représentant de la nation québécoise à l'étranger.

«Quand le premier ministre nous dit qu'il y a un problème à parler en français à l'étranger, moi, ce que je dis, c'est lui qui a un problème. Le premier ministre du Québec a la plus haute fonction. C'est lui qui est le plus haut représentant de la nation québécoise. Il a le devoir de dire clairement aux gens à l'extérieur qu'au Québec, on a une langue commune, le français», a-t-il dit.

À l'Assemblée nationale, des élus libéraux membres du cabinet ont défendu leur chef.

«Il y a eu d'autres premiers ministres qui se sont exprimés en anglais devant des audiences qui comprenaient l'anglais», a dit la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, insistant sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une «première» dans l'histoire politique québécoise.

Son collègue de la Santé, Gaétan Barrette, a fait valoir que «la structure organisationnelle» de la conférence de Reykjavik, soit l'absence de traduction simultanée, ne se prêtait pas à l'usage du français.

«Moi je ne vois pas de problème, a dit M. Barrette. Je suis solidaire de mon patron dans la circonstance dans laquelle il était.»

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