Lisée voulait un gouvernement de coalition avec Legault et David

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Jean-François Lisée

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(QUÉBEC) Frappée de stupeur par sa courte victoire de septembre 2012, Pauline Marois cherchait une stratégie pour permettre au gouvernement minoritaire de survivre. Éphémère ministre mais stratège perpétuel, Jean-François Lisée a mis sur la table sa proposition : un gouvernement de coalition.

Dans ce scénario, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ainsi que Françoise David, de Québec solidaire, devenaient ministre dans un gouvernement péquiste. 

L'équipe économique du PQ était peu connue, la réputation de Legault en ces matières n'était plus à faire. «Ma proposition était la suivante: offrons-lui d'entrer au gouvernement. Il serait ministre de l'Économie (il demanderait aussi les Finances, on négocierait), Jacques Duchesneau prendrait un poste de ministre de l'Intégrité, à définir, avec un ou deux autres ministères pour d'autres députés caquistes», explique Jean-François Lisée, dans son récent ouvrage Le journal de Lisée, lancé en fin de journée.

Le livre servira de tremplin à sa candidature à la succession de Pauline Marois - il doit annoncer officiellement sa décision à Tout le monde en parle, dimanche, avant de partir en tournée de promotion pour son livre, de la visibilité gratuite. «C'est parti, j'ai dit OUI, mais j'ai posé une condition... Découvrez-la à #tlmep dimanche soir», a-t-il écrit vendredi en début de soirée sur Twitter. L'auteur reprend beaucoup de ses interventions mises en ligne sur son blogue entre les élections de 2012 et de 2014. Il ajoute toutefois beaucoup de détails inédits et croustillants - son opposition à la Charte de la laïcité avait été mise en lumière par une fuite, il y a un mois. Il jette surtout une lumière crue sur les coulisses de décisions controversées; accorder une permanence à vie à André Boisclair, une condition qu'il avait posé pour accepter le poste de délégué à New York, ou l'hésitation des stratèges de Mme Marois à ce qu'il défende publiquement André Lavallée, son sous-ministre associé à Gérald Tremblay. Il prend aussi ses distances de l'engagement de la plate forme électorale péquiste pour imposer la loi 101 au niveau collégial - une promesse vite rendue inaccessible à un gouvernement minoritaire.

Coalition : une tout autre dynamique

Lisée avait aussi proposé qu'on offre à Françoise David le poste de ministre des Affaires sociales, «je la savais non complètement fermée à cette idée» révèle-t-il. Chez les militants de Québec solidaire, la réception aurait été bien difficile toutefois.

«Cela aurait donné un gouvernement dirigé par Pauline Marois, à prédominance péquiste, mais avec un important contingent de la CAQ et, si elle avait accepté, la chef de QS. Un gouvernement représentant non plus 32 % de la population, mais, avec la CAQ, 59 % de l'électorat et, avec QS, 65 %. Une tout autre légitimité, une tout autre dynamique», écrit Lisée. 

L'idée a toutefois vite fait long feu. Pauline Marois qui avait autorisé Lisée à cogiter sur des stratégies a vite opposé son véto. «Ma proposition ne fut pas retenue. À mon grand regret», écrit Lisée.

Lisée raconte aussi que l'abolition de la Taxe santé, promise par le PQ s'était révélée un enjeu prédominant de la campagne de 2012. Il avait été surpris quand Mme Marois, dans les premières heures du gouvernement s'était engagée à l'abolir «dès cette année». Pour y arriver, il fallait agir rétroactivement, «c'était invendable... ce fut invendu», résume-t-il.

Il confie avoir été surpris qu'on lui offre le poste des relations internationales, lui qui avait «envoyé quelques signaux» pour obtenir les dossiers de la souveraineté, la langue ou les questions identitaires.

Des détails croustillants; il avait annoncé que pour dénoncer le traitement des libertés fondamentales au Congo, Pauline Marois ne rencontrerait pas Joseph Kabila, l'hôte du sommet de la francophonie. Or Mme Marois n'était pas au courant, «mise devant un fait accompli». Elle eut une longue hésitation. Le président François Hollande avait lui aussi refusé l'entretien avec le dictateur. Finalement, en dépit du risque de commettre un impair, elle approuva : «tes déclarations... C'est parfait», dit-elle à son ministre inquiet à son arrivée à Kinshasa.

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