Direction du PLQ: trois hommes et un scrutin

Pierre Moreau, Philippe Couillard et Raymond Bachand, les trois aspirants... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Pierre Moreau, Philippe Couillard et Raymond Bachand, les trois aspirants à la chefferie du PLQ.

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Après plus de quatre mois de débats et de positionnement entre les trois candidats à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), et à cinq semaines du vote au congrès, on ne peut pas dire que cette course soulève les passions.

Même les militants libéraux semblent avoir du mal à s'intéresser à la succession de Jean Charest. Pourtant, les libéraux ont fini juste derrière le Parti québécois aux élections du 4 septembre, avec 50 députés, et avec un gouvernement minoritaire au pouvoir à Québec, on pourrait devoir retourner aux urnes plus tôt que tard.

Vrai, cette course a mis du temps à se mettre en branle et les prétendants ne se démarquent pas franchement les uns des autres, mais ils présentent chacun une personnalité et des idées différentes. Au-delà des attaques (inévitables dans un tel exercice) et des consensus sur des évidences (comme la nécessaire reconstruction du PLQ), notre chroniqueur détaille ici les principaux engagements de Raymond Bachand, Philippe Couillard et Pierre Moreau.

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Philippe Couillard

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PHILIPPE COUILLARD

55 ans

Partenaire du Fonds d'investissement PCP (Persistence Capital Partners) de 2008 à 2012

Consultant à la firme Secor en 2011

Chercheur et professeur à l'Université McGill de 2009 à 2011

Ministre de la Santé de 2003 à 2008

Neurochirurgien de formation, chirurgien-chef et directeur du département de chirurgie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke de 2000 à 2003

Chirurgien-chef au service de neurochirurgie de l'hôpital Saint-Luc de 1989 à 1992

Cofondateur du service de neurochirurgie de Dhahran, en Arabie saoudite, de 1992 à 1996

ENGAGEMENTS

Santé

- Réorganiser le réseau pour établir les paiements aux établissements et aux professionnels en fonction des services aux patients. (En débat et en entrevue, M. Couillard s'en tient toutefois à des principes généraux pour expliquer ses réformes, sans chiffres ni plan précis de redéploiement des ressources. Nous sommes donc ici dans des modèles plus théoriques que pratiques. En gros, Philippe Couillard affirme que le réseau de la santé n'a pas besoin de plus d'argent, mais qu'il doit revoir certaines façons de faire. Selon lui, c'est la rémunération des professionnels, plus que le vieillissement de la population, qui explique l'augmentation rapide des coûts du réseau.)

- Idéalement, abolir progressivement la taxe santé, une «solution facile, mais inefficace et éphémère».

Éducation supérieure

Moduler les droits de scolarité non pas en fonction des revenus éventuels des nouveaux diplômés, mais plutôt par rapport au coût de la formation universitaire.

Intégrité

- Créer un code d'éthique pour tous les partis politiques (en plus du code d'éthique des députés). Ses adversaires affirment toutefois que cette promesse est vaine puisque le PLQ a déjà un code d'éthique.

- Mettre fin aux nominations partisanes au sein de la fonction publique.

- Mettre sur pied un vaste projet de «gouvernement ouvert» (open government), qui consiste à rendre publiques, sur l'internet, toutes les données financières (les contrats, notamment) du gouvernement, en particulier pour les projets d'infrastructures et les investissements de fonds publics.

Fédéralisme

Philippe Couillard est le seul des trois candidats qui veut (éventuellement) rouvrir des négociations constitutionnelles avec Ottawa et les autres provinces pour permettre au Québec de signer la Constitution de 1982. Selon lui, le 150e anniversaire du Canada, en 2017, constitue une fenêtre historique envisageable. Il précise toutefois qu'il s'agit d'une cible, pas d'un engagement.

Ressources naturelles

- Pour l'exploitation (sur les principes du développement durable) du gaz de schiste et du pétrole.

- Contre l'injection d'argent public dans la phase d'exploration des ressources naturelles.

APPUIS

14 députés: Alexandre Iraca, Gerry Sklavounos, Henri-François Gautrin, Jean D'Amour, Jean Rousselle, Jean-Paul Diamond, Kathleen Weil, Marc Tanguay, Sam Hamad, Stéphane Billette, Yves Bolduc, Yvon Marcoux, Pierre Reid, Ghislain Bolduc

Autres appuis: Benoît Pelletier, Norman MacMillan, Alain Paquet, Michel Audet, Raymond Garneau, Ronald Poupart, Clifford Lincoln, Isabelle Mignault (Ex-directrice de cabinet de Raymond Bachand)

Équipe

Coprésidents Kathleen Weil et Sam Hamad

Conseiller économique Philippe Dubuisson

Communications Harold Fortin Ex-directeur adjoint et attaché de presse de Lise Thériault et de Sam Hamad

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Raymond Bachand

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RAYMOND BACHAND

65 ans

Député d'Outremont depuis 2005

Ministre des Finances de 2009 à 2012 (et du Revenu de 2010 à 2012); ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation de 2005 à 2009; ministre responsable de Montréal

Précédemment

PDG de Secor

PDG du Fonds de solidarité FTQ

Administrateur à Métro-Richelieu et à Culinar

Professeur à HEC Montréal

ENGAGEMENTS

Santé

- Faire publier par les médecins spécialistes leurs listes d'attente.

- Permettre, au-delà d'un délai cliniquement raisonnable, qu'une intervention chirurgicale prescrite puisse être réalisée dans le secteur privé, avec plein remboursement par le régime public.

- Multiplier le nombre de groupes de médecine familiale (GMF) au sein de cliniques offrant des heures d'ouverture allongées.

- Former des infirmières gestionnaires de soins qui assureront un suivi et une coordination des soins auprès des aînés et des malades chroniques.

- Réduire les opérations d'un jour dans les hôpitaux en augmentant le nombre de cliniques spécialisées.

- Publier en temps réel sur l'internet l'état des urgences de chaque hôpital par un code de couleur représentant le temps d'attente.

- Faire revenir le ministère des Aînés.

Éducation

Moduler les droits de scolarité en deux paliers: un palier plus élevé pour les facultés des sciences de la santé (médecine, médecine dentaire, médecine vétérinaire et pharmacie), des formations plus coûteuses qui rapportent de meilleurs salaires aux diplômés, et un pour les autres diplômes universitaires.

Ressources naturelles

- Favoriser l'exploitation du gaz de schiste et du pétrole.

- Explorer la possibilité de créer une société commune Québec-Terre-Neuve pour exploiter la structure Old Harry.

Intégrité et saine gestion

- Assurer la rotation des inspecteurs et des vérificateurs internes entre les municipalités.

- Autoriser des extras à un niveau hiérarchique plus élevé ou par un comité indépendant.

- Revoir la règle du plus bas soumissionnaire en matière d'attribution de contrats publics.

Autres engagements

- Établir l'investiture libre dans toutes les circonscriptions (le choix des candidats sera décidé partout par les membres du PLQ, car le chef ne pourra plus imposer ou parachuter des candidats dans certaines circonscriptions).

- Créer un poste de ministre responsable de la communauté anglophone et les postes de stagiaires dans la fonction publique réservés aux anglophones.

- Réclamer d'Ottawa le rétablissement à 25% du seuil des transferts fédéraux pour les dépenses en santé.

APPUIS

10 députés: Lise Thériault, Emmanuel Dubourg, Nicole Ménard, Danielle Saint-Amand, Christine Saint-Pierre, André Drolet, Guy Ouellette, Marguerite Blais, Lawrence Bergman, Rita De Santis

Autres appuis: Nathalie Rochefort, Lise Bacon, John Ciaccia, Guy St-Pierre, Andrée Bourassa (veuve de Robert Bourassa), Marc-André Blanchard (président du PLQ de 2000 à 2008), Gilbert Rozon

Équipe

Présidente de campagne Lise Thériault

Organisateur en chef Jean Masson

Responsable du financement Jacques Ménard

Conseiller André Sormany Ex-chef de cabinet aux Finances

Communications Mee-Rang Ricard-Bouillon

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Pierre Moreau

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PIERRE MOREAU

55 ans

Député de Châteauguay depuis 2008 (précédemment député de Marguerite-d'Youville de 2003 à 2007 et chef de cabinet du ministre Jacques Dupuis entre les deux)

Ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes de février à septembre 2011

Ministre des Transports de septembre 2011 à septembre 2012

Avocat spécialisé en droit municipal et enseignant à l'école du Barreau

ENGAGEMENTS

Santé

Contrôler et revoir les dépenses en santé qui atteindront bientôt, selon sa propre expression, 100 millions par jour au Québec. En débat et en entrevue, M. Moreau n'a toutefois pas précisé où et comment il ferait des coupes. Il a seulement répété que le Québec devra faire des choix parce qu'il n'a plus les moyens de tout se payer.

Éducation

Ouvrir un large débat sur l'avenir des cégeps. (De toute évidence, M. Moreau doute de la pertinence des cégeps, singularité québécoise, mais il ne va pas jusqu'à dire qu'ils doivent être abolis.)

Immigration

Là encore, il s'agit plus d'un énoncé d'intention que d'une mesure concrète, mais Pierre Moreau croit que le Québec devra peut-être revoir la grille de ses critères d'admission des immigrants pour accorder davantage de points aux compétences des candidats qu'à leur connaissance du français.

Agriculture

Abolir le monopole syndical de l'Union des producteurs agricoles et permettre aux producteurs qui le désirent de se retirer ou de se joindre à une autre organisation. Selon Pierre Moreau, ce monopole qui dure depuis une quarantaine d'années est dépassé, mal adapté aux marchés agricoles d'aujourd'hui et néfaste aux producteurs.

Intégrité et lutte contre la corruption

- Rendre permanente la commission d'enquête sur l'industrie de la construction afin d'éviter de devoir reprendre l'exercice au point de départ tous les cinq ou dix ans.

- Demander à la Sûreté du Québec de faire enquête sur les 125 candidats libéraux.

- Protéger davantage les dénonciateurs (whistle blowers) de la fonction publique qui rapportent des situations douteuses ou illégales.

- Exiger une déclaration des intérêts financiers des entrepreneurs qui font des affaires avec le gouvernement.

APPUIS

13 députés: Pierre Arcand, Julie Boulet, Francine Charbonneau, Marc Carrière, Gilles Ouimet, Norbert Morin, Charlotte L'Écuyer, Maryse Gaudreault, Stéphanie Vallée, Karine Vallières, Dominique Vien, Robert Poëti, Filomena Rotiroti

Autres appuis: Jacques Dupuis, Marcel Danis (ex-vice-recteur de l'Université Concordia et ancien ministre fédéral), Jean Cournoyer, Suzanne Marcil (femme de Daniel Johnson), la moitié (12 sur 24) des représentants à la Commission-Jeunesse du PLQ

Équipe

Organisateur en chef Pierre Paquin

Conseiller Jean Lapierre Pas le commentateur, l'ex-attaché libéral fédéral, anciennement avec Marcel Massé dans le gouvernement Chrétien

Communications Andrée-Lyne Hallé Ex-attachée du ministre des Transports... Pierre Moreau

***

Comment sera élu le prochain chef

Le nouveau chef sera élu par les membres au cours  du congrès à la direction, le 17 mars, à l'auditorium de Verdun.

Chacune des 125 associations de circonscription doit élire (ou désigner s'il n'y a pas de contestation) 24 délégués (12 femmes et 12 hommes, dont, obligatoirement, 8 jeunes

- 4 femmes, 4 hommes - de moins de 26 ans). Les membres des délégations sont (en principe) libres de voter pour le candidat de leur choix, mais certaines délégations seront toutefois commises envers un candidat pour le premier tour du vote (ce qu'on appelle des slates, dans le jargon). Un maximum de 3000 membres pourra donc voter au congrès, mais il serait surprenant que ce nombre soit atteint.

Si aucun candidat n'obtient 50 % plus 1 des voix au premier tour, le candidat en troisième place est éliminé et les délégués votent dans un second tour, selon leur choix (ou en suivant un possible mot d'ordre de ralliement du candidat défait).

Discours des prétendants, le 17 mars, de 10 h à 11h15. Vote par la suite et résultat du premier tour à 14 h. Début du second tour, si nécessaire, à 15 h.

***

Les cagnottes

Signe des temps, l'argent se fait rare pour les aspirants à la direction du PLQ, qui sont contraints de mener une campagne minceur, bien loin d'atteindre le plafond de dépenses de 600 000 $ fixé par leur parti. Les donateurs ne se bousculent pas et bien peu donnent le maximum permis, soit 1000 $.

Voici, en date du 28 janvier, l'état de leur cagnotte:

Philippe Couillard: 361 971 $  (1117 donateurs, moyenne des dons: 467 $)

Raymond Bachand: 294 828 $ (582 donateurs, moyenne des dons: 324 $)

Pierre Moreau: 125 268 $  (347 donateurs, moyenne des dons: 361 $)

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