Plafonner les dépenses, propose la CAQ

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Au PLQ, on rappelle que la CAQ (photo: le chef de la CAQ François Legault) n'a pas visité l'Abitibi, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, Charlevoix ou la Côte-Nord durant la dernière campagne. «Faire une tournée électorale partout dans le Québec, ça coûte cher», explique son attaché de presse, Charles Robert.

Photo André Pichette, La Presse

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(Québec) La limite des dépenses électorales devrait être trois fois moins élevée, croit la Coalition avenir Québec (CAQ). Elle déposera à la rentrée parlementaire un projet de loi pour plafonner les dépenses des partis.

«On pense qu'un plafond de 4 millions de dollars pour une campagne électorale, c'est suffisant», a déclaré son chef François Legault. Sa proposition nuirait moins à la CAQ qu'au Parti québécois (PQ) ou au Parti libéral (PLQ). Lors de la dernière campagne, la CAQ a dépensé 2,9 millions de dollars. Le plafond était de 11 millions de dollars.

Quatre millions, c'est suffisant pour faire connaître ses idées aux électeurs, croit M. Legault. La somme précise et le contenu du projet de loi seront dévoilés à l'Assemblée nationale, pour ne pas violer les privilèges parlementaires.

«C'est très important, rapidement, d'envoyer un signal qu'il doit y avoir moins d'argent qui soit utilisé par les partis», a insisté M. Legault.

La CAQ appuie la proposition du PQ, qui veut plafonner les dons annuels aux partis à 100$. Cette mesure fera surtout mal au PLQ. La limite actuelle est de 1000$.

Mais il faut aussi «réduire la pression faite par les organisateurs» pour amasser de l'argent, croit M. Legault. La solution, soutient-il, est de restreindre les budgets de dépenses électorales.

Au PLQ, on rappelle que la CAQ n'a pas visité l'Abitibi, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine, Charlevoix ou la Côte-Nord durant la dernière campagne. «Faire une tournée électorale partout dans le Québec, ça coûte cher», explique son attaché de presse, Charles Robert.

Le PLQ rappelle en outre que, en 2003, M. Legault était responsable de la campagne de financement du PQ et qu'il fixait des objectifs pour chaque circonscription, dont 97 000$ à Verchères pour le premier ministre Landry. Les libéraux ne s'opposent pas à la proposition caquiste; ils attendent de voir le texte du projet de loi avant de se positionner.

Québec solidaire (QS) voit d'un bon oeil cette proposition de la CAQ. Limiter le financement et les dépenses des partis figure parmi ses priorités pour la session parlementaire. QS n'a pas déterminé le plafond qu'il souhaiterait. «Mais nous sommes très réceptifs à une discussion là-dessus», a indiqué la députée de Gouin, Françoise David, en marge d'une réunion avec son collègue de Mercier, Amir Khadir.

Taxe santé: pas encore de discussion

M. Legault dit ne pas avoir eu de contact avec le gouvernement Marois au sujet du compromis sur la taxe santé. Le chef de la CAQ voterait «absolument» contre. Il demande au gouvernement de proposer une troisième solution.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, voulait abolir la taxe santé, mais devant le méconcentement du milieu des affaires et du PLQ, il a proposé de la rendre progressive au lieu de l'abolir. La taxe santé ne change donc pas pour les contribuables qui gagnent de 40 000 à 130 000$ par année. Elle reste pour eux de 200$. À l'extérieur de cette fourchette, la taxe est progressive et varie selon le revenu.

M. Marceau a aussi renoncé aux hausses d'impôt rétroactives ainsi qu'à la hausse de l'impôt sur les gains de capital et les revenus de dividendes. En contrepartie, pour financer la modification de la taxe, un nouveau palier d'imposition a été créé pour les revenus de 100 000$, et un autre pour ceux de plus de 250 000$.

M. Legault proposait lui aussi d'abolir la taxe santé. Mais cette promesse s'accompagnait d'un plan de réduction des dépenses, dit-il. «M. Marceau propose que ces réductions d'impôts soient financées par des augmentations d'impôts. Donc, au niveau économique, on ne voit aucun incitatif pour relancer l'économie du Québec», dit M. Legault.

La CAQ dit détenir la balance du pouvoir et promet de l'utiliser de façon «responsable». Mais elle n'exclut pas de défaire le gouvernement péquiste sur cette question. «Il n'y a pas de mesures financières qui seront déposées avant mars», a-t-il prévu. Le gouvernement péquiste pourrait toutefois présenter une motion d'ici à la fin de l'année pour s'assurer de l'appui de l'opposition.

Québec solidaire s'oppose aussi au compromis de M. Marceau, mais pour des raisons différentes. Le mois dernier, les deux députés de QS jubilaient parce que, selon eux, le gouvernement Marois mettait en oeuvre des idées de leur parti, en fermant la centrale nucléaire de Gentilly-2 par exemple. Ils déchantent un peu aujourd'hui. «Le recul sur la taxe santé nous paraît vraiment plus difficile à accepter, a lancé Françoise David. Nous comprenons qu'un gouvernement minoritaire doit faire des compromis, mais là, le recul est énorme.»

«Tout le monde va payer les 200$ en 2012, alors que les gens s'attendaient à ne pas les payer, a-t-elle ajouté. À partir de 2013, certaines personnes vont payer moins, mis elles vont continuer de payer. Et à partir de 42 000$ par an, les gens paient le plein montant. C'est un recul largement exagéré.»

Selon elle, pour financer l'abolition de la taxe santé et ainsi respecter sa promesse, le gouvernement Marois devrait rétablir la taxe sur le capital pour les institutions financières, augmenter les redevances sur l'eau ou les ressources minières. Les deux députés feront valoir leur point de vue lundi au cours d'une rencontre avec la première ministre, Pauline Marois. Ils auront également un entretien avec le chef libéral par intérim, Jean-Marc Fournier. Ils en ont sollicité un avec le chef caquiste, François Legault, mais ils n'ont pas eu de réponse.

Les autres priorités de QS pour la session sont entre autres l'adoption d'une loi pour imposer le prix unique du livre et d'une politique sur l'étiquetage des aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM). QS veut également que les pensions alimentaires ne soient plus considérées comme des revenus dans le calcul de l'aide sociale et de l'aide financière aux études.

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