Charest critique Harper en sa présence

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Jean Charest a profité d'une annonce conjointe avec Stephen Harper pour insister sur l'exemplarité des initiatives québécoises visant à réduire les émissions de GES.

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La Presse Canadienne
Rivière-du-Loup

Le premier ministre Jean Charest a déclaré mardi qu'il n'éprouvait aucune inhibition à défendre les intérêts du Québec, comme lorsqu'il a croisé le fer avec le gouvernement fédéral, à Copenhague, lors d'un sommet international sur les changements climatiques.

Même s'il avait donné l'impression d'adoucir le ton après avoir critiqué la timidité d'Ottawa dans ce dossier, le mois dernier, M. Charest a profité d'une annonce conjointe avec le premier ministre Stephen Harper pour insister sur l'exemplarité des initiatives québécoises visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

«Je n'ai aucune inhibition, aucune réticence, peu importe l'endroit où je me trouve, que ce soit à Cacouna ou à Copenhague, a-t-il dit. Sur ces questions-là, je tiendrai le même discours au nom de tous les Québécois.»

Evoquant ses prises de position dans la capitale danoise, qui ont hérissé l'entourage du ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, et le premier ministre albertain Ed Stelmach, M. Charest n'a exprimé aucun regret.

«Il n'y a pas une chose que je changerais dans ce que j'ai fait et dit à Copenhague, a-t-il dit. Pas un mot. Je cherche toujours, dans ceux et celles qui nous reprochent d'avoir présenté des positions qui ne faisaient pas l'affaire, exactement ce qu'on aurait pu dire qui ne faisait pas l'affaire. Si parler et défendre les intérêts du Québec ça dérange, eh bien tant pis.»

A ses côtés, M. Harper n'a pas bronché, mais il a rappelé que le gouvernement fédéral soutient financièrement les initiatives environnementales de M. Charest, malgré leurs désaccords sur les cibles de réduction des gaz à effet de serre.

«Le premier ministre Charest a parlé du plan environnemental du Québec, qui est un plan reconnu, a-t-il dit. Le gouvernement du Canada a fait une contribution financière importante à ce plan et c'est essentiel que nous continuions à travailler sur ces défis environnementaux parce qu'ils sont là pour longtemps.»

En décembre dernier, à Copenhague, M. Charest avait critiqué sévèrement la faiblesse des cibles de réduction de GES du gouvernement fédéral, qui sont beaucoup moins élevées que celles de son gouvernement.

Dressant un bilan de sa participation au sommet international, organisé par les Nations unies, le premier ministre québécois s'était toutefois montré conciliant envers Ottawa, ce qui l'avait forcé à se défendre d'adoucir le ton.

De passage à Rivière-du-Loup, mardi, les deux premiers ministres ont annoncé une contribution conjointe totalisant près de 9 millions $ pour la construction de la première usine canadienne qui produira du biocarburant et du compost à partir de déchets organiques domestiques.

Lors d'une conférence de presse conjointe, MM. Charest et Harper ont démontré une fois de plus qu'ils n'accordent pas la même importance à la lutte aux changements climatiques.

Tandis que le premier ministre fédéral décrivait cet enjeu comme «un défi qui est là pour longtemps», son homologue provincial a plutôt parlé de la réduction des GES comme «du plus grand défi de l'humanité».

Ainsi, lors d'un échange avec les journalistes, M. Charest a semblé vouloir tout affirmer avec plus de vigueur que son homologue fédéral. Le premier ministre québécois a poussé l'audace en allant jusqu'à répondre à une question adressée à M. Harper au sujet de la menace terroriste.

«Depuis le 11 septembre, l'enjeu prioritaire entre le Canada et les Etats-Unis, c'est devenu la sécurité», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse en marge de l'événement, la ministre québécoise de l'Environnement, Line Beauchamp, a affirmé que malgré leurs divergences sur la réduction des GES, les deux gouvernements étaient capables de travailler ensemble sur des projets comme l'usine de biométhanisation et de compostage, qui sera construite à Cacouna, près de Rivière-du-Loup.

«On a exprimé notre déception face à la cible fixée par le gouvernement fédéral canadien, a-t-elle dit. On l'a toujours dit clairement, on l'a dit depuis 2007. (...) Mais ça n'a jamais empêché les deux gouvernements de vouloir collaborer.»




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