Les dépenses de la SODEC sous la loupe

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Jean-Guy Chaput, président et chef de la direction de la SODEC.

Photo: André Pichette, La Presse

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(Ottawa) Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, regarde à la loupe les dépenses effectuées sur la scène internationale par la SODEC, a appris La Presse. Et la démarche sème la zizanie au sein de la société d'État.

C'est le nouveau président du conseil d'administration lui-même qui a demandé à M. Lachance de se pencher sur ces dépenses. Jean Pronovost, un haut fonctionnaire nommé à ce poste par le gouvernement Charest il y a près d'un an, se serait basé sur des plaintes anonymes pour faire une telle demande.

 

À la mi-janvier, les employés de M. Lachance se sont rendus jusqu'à Paris, où la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a un bureau, pour consulter les livres de cette organisation gouvernementale consacrée au financement de la culture québécoise.

Depuis trois semaines, les vérificateurs passent maintenant au peigne fin la paperasse de l'organisme à ses bureaux de Montréal.

«Ils veulent voir les comptes de dépense, ils veulent vérifier combien ça coûte pour les hôtels à Cannes, par exemple», a expliqué une source bien au fait du dossier.

Grogne

Or, la démarche soulève la grogne chez plusieurs membres du conseil d'administration. En effet, Jean Pronovost a fait cavalier seul et n'a consulté ni le conseil d'administration ni le président et chef de la direction, Jean-Guy Chaput, avant de faire ce geste.

M. Chaput a appris qu'une enquête avait lieu dans la société qu'il dirige par une lettre envoyée par le vérificateur à la mi-janvier, a-t-on confié à La Presse.

De plus, plusieurs à la SODEC croient que l'exercice est exagéré et doutent que la vérification donne de grands résultats.

«On verra ce que l'avenir nous réserve, mais il y a un risque de salir la réputation de la SODEC pour pas grand-chose, a indiqué une source. Les gens ne comprennent pas, a-t-elle ajouté. Il y en a qui se demandent si de demander une enquête du vérificateur était vraiment le meilleur moyen de procéder.»

Soupçons

Certains se tournent maintenant vers la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, pour obtenir des explications.

Des gens proches de la SODEC soupçonnent en effet que la ministre ait pu jouer un rôle dans la requête de Jean Pronovost. Certains ont souligné que les relations entre Mme St-Pierre et le président et chef de la direction, Jean-Guy Chaput, n'étaient pas des plus harmonieuses.

Or, le mandat renouvelable de M. Chaput prend fin d'ici quelques mois.

Mais le bureau de Mme St-Pierre a nié toute implication dans l'affaire. «La ministre n'a pas demandé à M. Pronovost ou au vérificateur d'enquêter, a déclaré sa porte-parole, Valérie Rodrigue. La ministre n'a rien à avoir avec le processus.»

«Mme St-Pierre a de très bonnes relations avec tous les dirigeants de sociétés d'État», a ajouté l'attachée de presse.

Quant à M. Chaput, il est en vacances au Mexique, et n'était pas disponible pour fournir des commentaires.

Rapport en mai?

C'est la deuxième vérification menée par le bureau de Renaud Lachance à la SODEC en deux ans. La première, sur la querelle des festivals de cinéma à Montréal et l'implication de la société d'État, avait donné peu de résultats.

Cette fois-ci, son spectre est limité aux dépenses à caractère international. Le vérificateur n'a pas voulu fournir de détails. Son bureau a indiqué que les prochains rapports devraient être déposés à l'Assemblée nationale en mars et mai.

On peut donc s'attendre à ce que son rapport sur l'actuelle vérification, si on décide d'en faire un, ne soit pas déposé à l'Assemblée nationale avant le mois de mai.

 




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