Trump ne peut imposer ses diktats au G7, dit Macron

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Emmanuel Macron, qui a salué à plusieurs reprises la collaboration étroite entre la France et le Canada sur plusieurs fronts, a soutenu que lui et ses autres collègues doivent être courtois, mais fermes dans la défense des valeurs qui les unissent malgré l'isolement de plus en plus marqué des États-Unis.

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(Ottawa) Le président des États-Unis Donald Trump fait fausse route s'il croit qu'il pourra imposer ses diktats en matière de commerce et de lutte aux changements climatiques aux autres pays membres du G7, a averti jeudi le président de la France, Emmanuel Macron, en visite officielle à Ottawa avant de participer à la réunion de ce club sélect à La Malbaie vendredi.

Au terme d'une rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau, le président français a affirmé que les leaders des autres pays feraient une erreur s'ils optaient pour la politique d'apaisement dans ces dossiers dans l'unique but d'obtenir la signature du président américain au communiqué final.

M. Macron, qui a salué à plusieurs reprises la collaboration étroite entre la France et le Canada sur plusieurs fronts, a soutenu que lui et ses autres collègues doivent être courtois, mais fermes dans la défense des valeurs qui les unissent malgré l'isolement de plus en plus marqué des États-Unis.

«On ne peut pas faire la guerre commerciale à des alliés», a laissé tomber le président français au cours d'une conférence de presse avec M. Trudeau.

«Notre volonté commune, c'est d'abord de trouver un texte qui sera signé par tout le monde et par les sept. C'est ce qui avait été obtenu l'année dernière. Le climat était moins tendu et je pense qu'on fera tout pour aider le premier ministre Justin Trudeau à y parvenir. (...) La volonté de signer un texte à sept ne doit pas être plus forte que notre exigence du contenu de ce texte. Je crois qu'on ferait une erreur si on disait qu'on est prêt à renoncer à tout, à ne plus dire que l'on tient plus à l'accord de Paris, au climat, au commerce pour avoir sept signataires. Car à ce moment-là, on viderait de son contenu et de sa pertinence ce G7», a déclaré M. Macron.

«Alors par principe, il ne faut pas s'interdire d'avoir un six plus un ou un mot fort de la présidence, que nous nous soutiendrons totalement parce que nous sommes derrière le premier ministre Trudeau», a ajouté le président français.

M. Macron a rappelé que le dernier sommet du G20 avait mené une déclaration sur le climat qui n'avait pas été endossée par les États-Unis.

«Ce n'est donc pas inédit et je pense que c'est utile. Vous dites aujourd'hui que le président s'en moque. Peut-être. Mais d'abord, nul d'entre nous est éternel. Nos pays, les engagements que nous avons pris, nous dépassent. Aussi il fait bien savoir chose. Nul d'entre nous ne peut, quand il arrive, élu par le peuple, dire que tous les engagements qui ont prévalu disparaissent. Ce n'est pas vrai. Il y a une continuité de l'État qui est au coeur du droit international», a martelé le président.

Pour sa part, M. Trudeau a dit s'attendre à avoir des discussions «robustes» avec le président Trump sur les questions commerciales et les changements climatiques.

Et même s'il ne se gêne plus pour décrire Donald Trump comme un leader «imprévisible», M. Trudeau s'est dit convaincu que le président américain participera au sommet du G7 malgré les vives tensions qui font rage depuis que les États-Unis ont décidé d'imposer des tarifs douaniers sur les exportations d'aluminium et d'acier du Canada, du Mexique et de l'Union européenne.

Par ailleurs, M. Trudeau et son homologue français ont annoncé la création d'un Conseil des ministres franco-canadien, autour du président de la République française et du premier ministre du Canada, afin de renforcer les relations bilatérales.

Ce Conseil des ministres se réunira tous les deux ans pour faire un bilan de cette coopération renforcée et développer des actions conjointes.

Le premier ministre a profité de son entretien avec le président Macron pour réitérer l'appui du Canada à Mme Michaëlle Jean en tant que secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie. Récemment, la France a fait savoir qu'elle appuiera une autre candidate, celle de la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, jetant ainsi un doute important sur les chances de Michaëlle Jean d'obtenir un deuxième mandat à la tête de l'OIF.




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