Missions de paix: les coupes n'affecteront pas le Canada, dit la ministre

La mission de paix congolaise, la MONUSCO, est... (Photo Reuters)

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La mission de paix congolaise, la MONUSCO, est l'une de celles qui seront les plus durement affectées par le régime minceur imposé au prochain budget des Casques bleus, la semaine dernière, sous la pression des États-Unis.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

La réduction du budget des Casques bleus adoptée vendredi dernier est peut-être un «casse-tête» pour le leadership aux Nations unies, mais cela n'entame en rien la détermination du Canada de se réengager dans les opérations de paix.

C'est ce qu'a signalé mercredi la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, en entrevue téléphonique depuis Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), où neuf soldats canadiens contribuent actuellement à la mission de paix en cours au pays.

La ministre a soutenu que le gouvernement canadien n'avait pas encore décidé s'il déploierait des troupes dans cette nation africaine minée par une «faiblesse de gouvernance» et où la population doit choisir dans les prochains mois un successeur au controversé président Joseph Kabila.

La mission de paix congolaise, la MONUSCO, est l'une de celles qui seront les plus durement affectées par le régime minceur imposé au prochain budget des Casques bleus, la semaine dernière, sous la pression des États-Unis.

Les coupes budgétaires de 7% ont été accueillies avec déception par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui espérait au contraire une bonification de l'enveloppe du prochain budget des missions de paix.

Si le grand patron de l'organisation internationale devra trouver une façon de régler «ce casse-tête», le Canada, lui, garde le cap, et ce, même si son voisin américain choisit plutôt de couper les vivres au programme onusien, a signalé Marie-Claude Bibeau.

Le gouvernement canadien a annoncé il y aura bientôt un an son intention d'allonger 450 millions sur trois ans pour contribuer aux opérations de paix. Le programme prévoit le déploiement de jusqu'à 600 membres des Forces armées et 150 policiers.

Les délais d'implantation du programme ont été d'abord justifiés par le changement de leadership aux Nations unies, puis par l'arrivée du président américain Donald Trump, et plus récemment, par le temps requis pour l'élaboration d'une nouvelle politique de défense.

Mais la promesse tient, a assuré la semaine dernière Justin Trudeau: «Oui, nous avons l'intention de participer à des opérations de maintien de la paix sous l'égide de l'Organisation des Nations unies», a tranché le premier ministre.

Aide canadienne en RDC

La ministre Bibeau effectue ces jours-ci un voyage en Afrique pour visiter des organismes humanitaires et confirmer l'octroi d'une aide de 97 millions. La majeure partie de cette somme, qui vient de l'enveloppe de l'aide canadienne au développement de 5,3 milliards, ira à la RDC.

«Nos interventions se font beaucoup pour aider les victimes de violence sexuelle. Le problème est extrêmement grave ici», a-t-elle expliqué, assurant pouvoir «dire avec beaucoup de fierté que l'argent des contribuables canadiens est utilisé à bon escient et fait une différence».

L'argent dévolu sert notamment à offrir une gamme de services médicaux aux victimes de viol, notamment de l'aide psychosociale, des médicaments contre le sida ainsi que des contraceptifs d'urgence (pilule du lendemain).

«On est délicats dans l'approche, évidemment», a indiqué la ministre Bibeau au sujet de l'action canadienne dans ce pays où l'avortement est toujours illégal et pratiqué seulement si des conditions très strictes sont remplies.




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