Ouellet décoche des flèches à l'endroit de certains souverainistes

Martine Ouellet devient la première femme à diriger... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE)

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Martine Ouellet devient la première femme à diriger le Bloc québécois.

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La députée provinciale indépendante Martine Ouellet, officiellement couronnée chef du Bloc québécois samedi devant 200 militants, a décoché quelques flèches à l'endroit du chef du Parti québécois Jean-François Lisée et de «certains» souverainistes agacés par son double rôle d'élue provinciale et de chef de parti fédéral. Néanmoins, il n'y a aucune dissension au sein du Bloc québécois, assure-t-elle.

La Presse révélait samedi que le couronnement de Martine Ouellet avait provoqué d'importants remous à l'interne. Une faction bloquiste dénonçait la précipitation de la course à la direction dès cette année, une décision à l'avantage de la députée de Vachon qui avait empêché d'attirer d'autres candidats.

«Ce n'est pas du tout ce que j'ai senti quand je suis allée au dernier conseil général du Bloc québécois. Des positions étaient votées à 80, 90 % des voix, donc ce n'est pas du tout ce que je sens sur le terrain», a réagi Martine Ouellet, en mêlée de presse. Le président du Bloc québécois Mario Beaulieu a aussi nié avoir manoeuvré pour devancer la course à la direction à l'avantage de Mme Ouellet «Pas du tout ! C'est une décision qui a été prise en 2016 au Conseil général», a-t-il affirmé, en entrevue avec La Presse.

Dans son discours de couronnement samedi après-midi au Théâtre Plaza à Montréal, Martine Ouellet a détaillé longuement les avantages de l'indépendance du Québec et a tiré à boulets rouges sur Justin Trudeau et les fédéralistes. Elle s'est engagée à faire sa «priorité» la lutte à l'oléoduc d'Énergie Est. «Le Bloc, c'est un phénix, et vous allez voir ça, à quel point il va se déployer!», a-t-elle assuré.

Un nouveau terme sibyllin est toutefois revenu régulièrement dans son discours : «transparlementarisme». La nouvelle chef a toutefois eu du mal à définir cette doctrine pourtant au centre de son discours. «Ça veut dire le Parlement d'Ottawa et le Parlement de Québec, donc de faire du travail sur les deux parlements. Donc, on pourrait résumer ça dans une nouvelle formule initiée aujourd'hui : de pratiquer l'indépendance», a-t-elle expliqué en mêlée de presse.

Selon Martine Ouellet, ce travail transparlementaire «dérange vraiment les fédéralistes», mais également des élus de son propre camp. «À un point tel que même certains souverainistes nous ont démontré un certain agacement face à l'adversité qu'elle suscite», a-t-elle déclaré dans son discours.

En précisant sa pensée devant les journalistes, elle a ajouté que Jean-François Lisée tombe lui aussi dans le «piège de la rhétorique fédérale», lorsqu'il «émet des réserves» ou est «dérangé» par ce travail transparlementaire. «À un moment donné, il faut arrêter de se laisser enfirouaper dans ce discours fédéraliste, d'arrêter de tomber dans le piège de la rhétorique fédérale, et de la rhétorique tordue de Jean-Marc Fournier», a-t-elle déclaré.

«Je vais persister, je ne plierais pas devant les fédéralistes! J'appelle à l'unité de tous mes compatriotes indépendantistes derrière ce projet, comme moi, vous y prendrez goût au transparlementarisme», a-t-elle ajouté.

Ce couronnement était une formalité puisque Martine Ouellet était la seule candidate officielle à la course à la direction. Le seul autre candidat annoncé, Félix Pinel, s'est retiré de la course la semaine dernière. Devenue députée indépendante, Martine Ouellet entend conserver son siège à l'Assemblée nationale jusqu'à la fin de son mandat en octobre 2018.

Tous les députés du Bloc québécois étaient présents, ainsi que le chef d'Option nationale Sol Zanetti. À noter que l'ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe n'a pas participé à l'événement.

De passage à Drummondville, le premier ministre Couillard trouve que la situation dans laquelle se place la nouvelle chef du Bloc québécois «n'a pas vraiment d'allure».

«Curieusement, je trouve qu'on banalise un peu cette chose-là. On va consacrer des deniers publics, des fonds de l'Assemblée nationale, pour soutenir une activité politique fédérale», a-t-il soutenu.

Il estime que si un député issu de sa formation politique avait fait le même choix, «il en aurait eu pour six jours de déferlement médiatique».

«Si c'était autre chose que les gens du Parti québécois, je ne pense pas que ce serait traité de la même façon», a-t-il indiqué. «Elle est au Parlement du Québec. Elle s'occupe des enjeux du Québec, je trouve que ce n'est pas acceptable», a-t-il insisté.

Mme Ouellet entend conserver son siège à l'Assemblée nationale jusqu'à la fin de son mandat en octobre 2018. Martine Ouellet est la première femme à diriger le Bloc québécois.

L'ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe n'est pas sur place.

- Avec La Presse canadienne




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