Stéphane Dion perdrait les Affaires étrangères

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Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion a notamment été critiqué dans la presse anglophone pour sa gestion du dossier du contrat de vente de véhicules militaires construits par une entreprise canadienne à l'Arabie saoudite, au printemps.

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(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau devrait apporter mardi des changements à son cabinet afin de tenir compte d'une nouvelle donne politique au sud de la frontière : l'arrivée au pouvoir d'une administration républicaine, dirigée par Donald Trump, qui promet de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et de révoquer la signature des États-Unis à l'Accord de Paris sur les changements climatiques.

Stéphane Dion, qui est ministre des Affaires étrangères depuis que M. Trudeau a formé son cabinet en novembre 2015, risque d'être le grand perdant de ce jeu de chaises musicales que préparent le premier ministre et ses plus proches collaborateurs, dans le contexte où l'avenir des relations bilatérales entre le Canada et les États-Unis deviendra l'un des dossiers prioritaires de son gouvernement.

M. Dion, qui a été critiqué dans la presse anglophone pour sa gestion du dossier du contrat de vente de véhicules militaires construits par une entreprise canadienne à l'Arabie saoudite, au printemps, et dont la maîtrise de l'anglais demeure laborieuse, serait remplacé par la ministre du Commerce international Chrystia Freeland, dont la cote est très élevée au bureau du premier ministre, selon des sources libérales qui ont préféré garder l'anonymat.

Mme Freeland, qui parle plusieurs langues et qui a vécu à New York et à Moscou, s'est illustrée l'automne dernier durant les négociations qui ont permis de remettre sur les rails l'Accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne.

Mme Freeland a d'ailleurs déjà commencé à tisser des liens avec certains des membres de la nouvelle administration Trump à Washington.

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La cote de la ministre du Commerce international Chrystia Freeland est très élevée au bureau du premier ministre.

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En tout, ce remaniement pourrait toucher une demi-douzaine de ministres, selon ce que rapportent La Presse Canadienne et le quotidien The Globe and Mail. Stéphane Dion se verra-t-il confier un autre ministère ou se verra-t-il offrir le poste d'ambassadeur du Canada à Paris, comme le suggérait une rumeur l'automne dernier? La question demeurait sans réponse, mardi soir, la garde rapprochée du premier ministre Justin Trudeau ayant imposé le plus grand secret entourant les changements à son cabinet. Au moment d'écrire ces lignes, le bureau de M. Trudeau n'avait d'ailleurs pas encore confirmé qu'un remaniement ministériel était à l'horaire du premier ministre aujourd'hui.

Entrée au cabinet?

Cela dit, le secrétaire parlementaire du ministre des Finances Bill Morneau, François-Philippe Champagne, devrait être le seul nouveau député à faire son entrée au cabinet. Il pourrait obtenir le ministère du Commerce international, selon des informations qui circulaient mardi soir. M. Champagne, qui est le député de Saint-Maurice-Champlain, a fait carrière dans le monde des affaires à l'étranger et il a même été nommé parmi les jeunes leaders à suivre en 2009 dans le cadre du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

S'il se voit confier ce ministère, M. Champagne aura un dossier important à régler touchant aussi les relations canado-américaines : conclure un nouvel accord sur le bois d'oeuvre avant l'imposition de mesures punitives contre l'industrie canadienne par le Congrès américain.

Les autres ministres du Québec - Marc Garneau (Transports), Mélanie Joly (Patrimoine), Jean-Yves Duclos (Famille, Enfants et Développement social), Diane Lebouthillier (Revenu national) et Marie-Claude Bibeau (Développement international et Francophonie) devraient conserver leurs responsabilités actuelles.

Les ministres concernés

Mais les autres ministres qui seront vraisemblablement touchées par ce remaniement sont la ministre responsable des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, qui a été sur la sellette l'automne dernier en raison du cafouillage entourant la réforme du mode de scrutin, et Patricia Hajdu, ministre de la Condition féminine. Mme Hajdu, dont la performance aux Communes a été remarquée au cours des 12 derniers mois, obtiendrait une promotion, tandis que Mme Monsef se verrait confier des responsabilités moins importantes.

Une autre ministre pourrait aussi être rétrogradée : MaryAnn Mihychuk, qui est à la tête du ministère de l'Emploi, du Développement de la main-d'oeuvre et du Travail. Ses méthodes de travail seraient l'un des principaux reproches qu'on lui ferait au bureau du premier ministre.

En formant son cabinet, en novembre dernier, M. Trudeau avait respecté sa promesse en nommant un nombre équivalent d'hommes et de femmes pour la première fois dans l'histoire du pays. Il devra tenir compte de cet élément en modifiant son cabinet.

Retraite à Calgary

M. Trudeau, qui a annulé sa participation au Forum économique de Davos plus tard ce mois-ci, tiendra une retraite de son cabinet à Calgary les 23 et 24 janvier afin de préparer la rentrée parlementaire du 30 janvier et d'approuver certaines décisions relatives au prochain budget, qui pourrait être déposé dès la mi-février.

Le premier ministre, qui compte aussi faire une tournée pancanadienne au cours des prochains jours afin de prendre le pouls de la population, entend modifier son cabinet avant cette retraite et l'entrée en fonction du nouveau président Donald Trump, le 20 janvier.

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