Justin Trudeau admet que Fidel Castro était un dictateur

Justin Trudeau... (PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Justin Trudeau

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Antananarivo

Alors qu'il s'était fait un point d'honneur de parler des droits de la personne au Sommet de la Francophonie, c'est finalement sur ce terrain que s'est fait rattraper Justin Trudeau à Madagascar.

Au lendemain de sa déclaration controversée sur le décès de Fidel Castro, le premier ministre s'est fait demander directement s'il croyait que l'ex-président cubain était un dictateur. «Oui», a-t-il laissé tomber, après quelques secondes de silence.

Plusieurs ont reproché à M. Trudeau d'avoir été complaisant à la suite du décès du leader maximo, alors qu'il avait salué les liens «forts» entre le Canada et Cuba, évoqué son amitié pour le défunt et parlé de sa «profonde tristesse» devant sa mort. L'unique réserve qu'il avait formulée dans son communiqué était de reconnaître que Fidel Castro avait été «une figure controversée».

Nombreux ont été ceux qui ont souligné l'ironie de la chose, alors que le discours de M. Trudeau à la cérémonie d'ouverture du Sommet portait sur les droits de la personne, notamment ceux des femmes et de la communauté LGBT.

Dimanche, à la clôture de l'événement, il s'est défendu d'avoir voulu passer sous silence les violations des droits de la personne qui se sont produites à Cuba ces dernières décennies et a dit comprendre «tout à fait» que sa déclaration ait pu choquer les détracteurs du régime.

«Il y a des gens qui ont bien des souvenirs, qui ont vécu des réalités extrêmement difficiles par rapport à l'histoire de Cuba. Et je ne suis pas du tout en train de minimiser ça», a-t-il souligné.

«J'étais en train de reconnaître l'impact que cet homme a eu pendant longtemps dans ce pays, et certainement reconnaître que c'est un pays avec qui le Canada a des liens profonds et de longue durée», s'est-il justifié.

M. Trudeau a insisté sur le fait qu'il amenait toujours sur le tapis le sujet de droits de l'Homme, peu importe où il allait - y compris auprès de Raul Castro, à qui il a rendu visite justement il y a une dizaine de jours. «Je n'ai jamais peur de dire les vraies choses, de souligner les droits de l'Homme, et je continue de le faire», a-t-il assuré.

Son homologue québécois Philippe Couillard n'a pas voulu lui jeter de pierres et a défendu la position qu'il avait avancée la veille.

«Je pense qu'il faut répéter qu'avec Fidel Castro disparaît un des très grands personnages, un des géants du XXe siècle. C'est clair. Personne ne peut nier ça. Là-dessus, il ne peut pas y avoir aucune controverse, a tranché M. Couillard. Quant à la lecture de ces années comme chef de gouvernement, l'histoire se chargera d'en faire une lecture équilibrée.»

Sommet sur la sécurité

Le XVIe Sommet de la Francophonie s'est terminé dimanche à Antananarivo, et même si seulement 20 chefs d'État et de gouvernement y ont assisté, ceux qui y étaient présents affirment que l'événement est réussi.

La lutte contre le terrorisme a été au coeur des échanges, y compris plus spécifiquement les opérations de maintien de la paix.

Pour la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, le sujet s'imposait.«La discussion était essentielle, à voir comment rendre plus adéquates ces opérations de maintien de la paix, pour des interventions beaucoup plus efficaces, mais surtout pour davantage de concertation entre les pays, davantage de coopération dans nos actions», a-t-elle noté.

Le Canada devrait décider prochainement où il enverra les 600 militaires promis pour l'une de ces opérations. Plusieurs s'attendent à ce qu'Ottawa désigne le Mali, un pays qui a d'ailleurs été évoqué dimanche lors d'une rencontre bilatérale entre M. Trudeau et le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Le Sommet a également été marqué par l'adhésion de l'Ontario à l'OIF à titre de membre observateur, mais la province compte gravir les échelons de l'organisation pour devenir éventuellement membre de plein droit.

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde, estime qu'en entrant ainsi dans la grande famille francophone, la province dit au monde entier qu'on y parle français. «On est une population forte, qui a beaucoup à offrir au niveau de nos acquis: l'éducation, le développement économique, la culture. On va pouvoir explorer et voir comment on peut élargir notre visibilité, notre champ d'action, pour les prochaines années», a-t-elle signalé en entrevue.

L'Arabie saoudite n'a pas eu la même chance: sa demande d'adhésion a été repoussée au prochain sommet, le temps d'y envoyer une mission d'observation pour déterminer si le royaume saoudien, réputé pour son piètre bilan en matière de droits de la personne, partage les «valeurs» de l'organisation. Le Québec a joué un rôle prépondérant en faveur de ce report en évoquant le cas du blogueur Raïf Badawi, emprisonné et menacé de torture par Riyad, et dont la famille vit à Sherbrooke.

L'Arménie sera le prochain hôte du Sommet en 2018, puis ce sera au tour de la Tunisie, en 2020.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer