Mike Duffy s'apprête à réintégrer ses fonctions

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Michael MacDonald
La Presse Canadienne
CHARLOTTETOWN

Les Canadiens pourraient se montrer conciliants à l'endroit de Mike Duffy, en assumant que les résidants de l'Île-du-Prince-Édouard seront soulagés à l'idée de revoir leur sénateur réintégrer ses fonctions après trois ans de scandales et de démêlés judiciaires.

Mais les habitants de l'île ne voient pas les choses de cette façon, alors que plusieurs d'entre eux doutent encore des liens qu'entretient M. Duffy avec la province, concernant notamment ses réclamations de dépenses.

Dans les rues glaciales de Charlottetown, les résidants disent comprendre pourquoi leur sénateur a été acquitté le mois dernier sur les 31 chefs d'accusation de fraude, d'abus de confiance et de corruption qui pesaient contre lui.

Cela ne signifie pas pour autant qu'ils soient prêts à accepter ce qui est arrivé et à passer à autre chose.

«Il semble vraiment qu'aucune loi n'a été enfreinte et on ne peut pas être trouvé coupable de quelque chose s'il n'y a pas de règle», a remarqué le citoyen Scott MacBurnie, faisant référence aux règles vagues sur les dépenses au Sénat et aux critères visant à déterminer ce qui constitue une résidence principale - deux enjeux qui étaient au coeur du procès Duffy.

«Mais c'est gênant de penser qu'il est sénateur de l'Île-du-Prince-Édouard et qu'il est toujours sénateur. Je suis gêné pour l'île. On aurait pensé qu'il aurait au moins la décence nécessaire de dire: »Je ne suis pas vraiment un sénateur de l'Île-du-Prince-Édouard parce que je ne vis pas là« et qu'il démissionne au lieu d'y retourner», a-t-il ajouté.

Mike Duffy habite depuis des années en banlieue d'Ottawa, mais il possède une résidence d'été à l'Île-du-Prince-Édouard, qu'il avait désignée comme sa résidence principale lorsqu'il a été nommé à la chambre haute par l'ancien premier ministre conservateur, Stephen Harper, en 2008.

La question de savoir si cette résidence pouvait réellement lui permettre de siéger au Sénat était au centre des débats à partir du jour où il a été nommé, jusqu'à son procès - et, visiblement, elle est encore d'actualité pour les résidants de l'île.

«Mike Duffy n'était pas qualifié pour être au Sénat en premier lieu, alors pourquoi y retourne-t-il? Il n'était pas un résidant», a lancé Alan Hoy, un citoyen arborant des lunettes fumées, ainsi qu'une tuque des Canadiens de Montréal.

Le jeune Alex Forrest, originaire de Summerside, estime que tous les sénateurs devraient être surveillés aussi étroitement que l'a été M. Duffy. «Ce n'est pas seulement lui qui s'en est tiré, mais il est le seul qui s'est fait prendre», a-t-il analysé.

Le Sénat peine encore à se relever de l'affaire Duffy. Bien que son système de dépenses ait été révisé depuis que le scandale a éclaté, deux autres sénateurs devront subir un procès et un troisième pourrait être accusé prochainement.

De plus, sept anciens sénateurs risquent de se faire traîner devant les tribunaux puisqu'ils n'ont pas remboursé les quelque 528 000 $ en dépenses jugées injustifiées par le vérificateur général.

«La leçon est: ne détestez pas le joueur. Détestez le jeu. La plus grande question concerne le Sénat en général et comment ils (les sénateurs) se gouvernent eux-mêmes... M. Duffy a le droit de revenir au Sénat comme un homme réhabilité, selon moi», a estimé Rob Lantz, l'ancien chef du Parti progressiste-conservateur provincial qui a cédé sa place après l'élection des libéraux à l'Île-du-Prince-Édouard, il y a près d'un an.

Maintenant que Mike Duffy a été acquitté, les règles du Sénat lui permettent de réintégrer ses fonctions dès que la chambre haute reprendra ses activités, mardi. Il siégera comme indépendant; le caucus conservateur ne l'invitera pas à revenir dans ses rangs.

Mike Duffy a été suspendu du Sénat - perdant ses privilèges et son salaire - en 2013, bien avant que des accusations criminelles soient déposées contre lui. Il a pu recouvrer son salaire lorsque la session du Parlement s'est ouverte, mais on ne sait pas s'il pourrait être rémunéré de façon rétroactive.

«Toute décision relative à cette suspension, dont l'allocation rétroactive de session, incombe à la chambre et nécessiterait une motion», a expliqué le légiste et conseiller parlementaire du Sénat, Michel Patrice, dans un communiqué.

Le sénateur conservateur Leo Housakos, président du Comité permanent de la Régie interne, des budgets et de l'administration, a affirmé à l'émission «Question Period», au réseau CTV, qu'il ne pensait pas que les sénateurs avaient «beaucoup d'appétit» pour réexaminer cette question.

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