Deux députés québécois manifestent leur soutien au chef Thomas Mulcair

Ruth Ellen Brosseau désire conserver son siège de... (Andréanne Lemire)

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Ruth Ellen Brosseau désire conserver son siège de députée de Berthier-Maskinongé à la Chambre des communes.

Andréanne Lemire

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
Ottawa

Après une semaine difficile pour Thomas Mulcair, et à trois semaines d'un congrès fédéral qui sera crucial pour son avenir, les partisans du chef du Nouveau Parti démocratique commencent à manifester publiquement leur appui.

Ainsi, deux jeunes députés néo-démocrates du Québec qui avaient été élus une première fois à la faveur de la «vague orange» de 2011 apportent leur soutien au chef. Et l'important syndicat canadien des Métallos met tout son poids derrière M. Mulcair.

Ruth Ellen Brosseau, qui avait fait les manchettes en 2011 lorsqu'on a appris qu'elle était partie en vacances à Las Vegas au beau milieu de sa campagne électorale, estime que bien peu de gens la prenaient au sérieux au lendemain de son élection, alors que M. Mulcair avait aussitôt cru en elle.

«Tom a été là pour moi dès le début. Il m'a réellement aidée, a-t-elle dit. Il m'a encouragée à travailler dur (...) pour prendre de l'expérience.»

La députée de Berthier-Maskinongé a soutenu que les délégués de son association de circonscription apporteront eux aussi leur soutien au chef lors du congrès national du Nouveau Parti démocratique, du 8 au 10 avril à Edmonton. M. Mulcair fera alors l'objet d'un vote de confiance qui sera déterminant pour son avenir à la tête du NPD.

M. Mulcair a refusé de préciser quel pourcentage d'appuis le ferait rester mais selon la présidente du parti, Rebecca Blaikie, le chef aura besoin du vote de confiance d'environ 70% des délégués au congrès pour conserver son poste.

Le député de Beloeil-Chambly, Matthew Dubé, qui avait lui aussi été élu une première fois en 2011, alors qu'il était un jeune étudiant à l'Université McGill, apporte le même soutien à son chef. «Je trouve dommage de songer à se débarrasser d'un chef aussi expérimenté alors qu'il a fait un travail remarquable au Parlement depuis qu'il est chef, a estimé M. Dubé. Et il le fait toujours (...) en dépit de tout ce qui est arrivé.»

Retour à gauche

Le chef du NPD est la cible du mécontentement de certains militants du parti, qui lui attribuent la responsabilité de la campagne décevante de 2015. Le NPD, qui formait l'Opposition officielle à Ottawa depuis la «vague orange» menée par Jack Layton, menait dans les sondages deux mois avant le scrutin du 19 octobre. Les néo-démocrates sont finalement arrivés troisièmes ; au Québec, le NPD est passé de 59 à 16 députés.

À la suite de ce résultat décevant, le parti tente de renouer avec ses racines plus à gauche mais certains militants se demandent si Thomas Mulcair est la personne toute désignée pour ce retour aux sources. En 2012, lors de l'élection du remplaçant à Jack Layton, des ténors et des militants du parti, dont l'ancien chef Ed Broadbent, se posaient les mêmes questions sur cet ancien ministre libéral de Jean Charest.

Au cours de la semaine dernière, certaines voix ont réclamé publiquement le départ de M. Mulcair, notamment un ancien président de la puissante Fédération du travail de l'Ontario, Sid Ryan. Dans une lettre ouverte, un groupe de 37 militants du Québec, dont trois députés défaits en 2015, ont demandé un repositionnement à gauche, sans nécessairement souhaiter le départ de M. Mulcair.

«Nous voulons que le NPD se rebâtisse sur ses valeurs fondatrices. Pour y arriver, nous devons renouveler le parti afin de le rendre plus progressif, plus démocratique, plus transparent et plus à l'écoute de ses membres», ont-ils écrit.

Et lors d'une conférence de presse à Ottawa, la députée Niki Ashton, qui avait été candidate lors de la course à la direction du parti en 2012, a refusé de souhaiter publiquement que M. Mulcair demeure en poste. «Ce sera aux membres de décider comment ils voient la suite des choses», a-t-elle dit prudemment.

Ken Neumann, directeur national du syndicat canadien des Métallos, a jugé nécessaire de contrer ces critiques et d'apporter son soutien à M. Mulcair. «Nous sommes nombreux à croire que certaines choses auraient pu être faites différemment pendant la campagne, mais on ne bâtit pas un mouvement démocratique fort (...) avec des attaques publiques», a-t-il estimé.

«Pour espérer des changements sociaux, il nous faut un bagarreur vigoureux, articulé et expérimenté comme Tom Mulcair à la période de questions, afin de s'assurer que Justin Trudeau tiendra promesse.»

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