Stephen Harper voulait retirer le Canada de l'OSCE

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Ottawa

L'ancien premier ministre Stephen Harper voulait retirer le Canada de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) il y a quatre ans, mais le président américain Barack Obama l'a convaincu d'y rester.

Trois ambassadeurs européens ont expliqué qu'en 2012, M. Harper avait annoncé son intention de quitter l'OSCE, une alliance de 57 pays qui inclut l'OTAN et les pays membres de l'Union européenne.

Les ambassadeurs de l'Allemagne, de la Serbie et de l'Autriche ont décrit les événements de 2012, à Ottawa, lundi. Selon l'ambassadeur allemand Werner Wnendt, M. Harper croyait que l'organisation «n'était plus pertinente», une perception répandue selon laquelle l'OSCE n'avait plus rien à faire parce qu'il n'y avait plus de conflits en Europe à l'époque.

L'ambassadeur autrichien Arno Riedel a affirmé que le Canada ne faisait que soulever des questions que plusieurs autres États se posaient «parce qu'(ils) pensaient qu'(ils) avaient désamorcé les tensions en Europe».

Or, la montée des violences entre la Russie et l'Ukraine allait perturber la tranquillité du continent, et cela a souligné l'importance de l'OSCE, selon M. Riedel.

Le porte-parole du Parti conservateur en matière d'Affaires étrangères Tony Clement a expliqué que le retrait de l'OSCE était l'une des nombreuses options sur la table qui s'offraient au gouvernement dans le cadre de sa révision des dépenses de tous les ministères.

«Nous avons examiné cela un peu, et compris qu'il était valable pour le Canada de participer à cette organisation. Alors, nous n'avons pas coupé le financement», a-t-il dit en entrevue.

«Nous pensions que nous étions à la fin de l'histoire en Europe, mais il s'est avéré que ce n'était pas le cas», a-t-il ajouté.

M. Obama est finalement parvenu à convaincre le premier ministre canadien de revenir sur sa décision, et le Canada est devenu un participant actif de l'organisation après 2012 et lorsque la crise en Ukraine s'est amplifiée.

L'OSCE a joué un rôle majeur dans la surveillance des opérations en Ukraine depuis que la Russie a annexé la péninsule de Crimée en 2014. Cet événement avait provoqué la pire crise entre la Russie et l'Occident depuis la fin de la guerre froide.

Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion est en Ukraine cette semaine pour réitérer la solidarité du Canada à l'égard du pays de l'Europe de l'Est.

L'ancien gouvernement Harper était un fervent défenseur de la souveraineté de l'Ukraine, tout comme le gouvernement libéral actuel.

Les deux partis condamnent l'incursion de la Russie, mais les conservateurs accusent les libéraux d'être trop conciliants avec la Russie puisqu'ils souhaitent rouvrir les canaux de communication avec Moscou. Il y a environ 1,3 million de Canadiens d'origine ukrainienne, ce qui fait d'eux une partie importante de la population.

M. Wnendt a affirmé que les libéraux étaient «enclins à appuyer» l'OSCE. Il a également souligné que la politique étrangère du gouvernement Trudeau avait mis l'accent sur l'importance d'accroître la place du Canada dans les organisations internationales.

Entre-temps, l'OSCE tente pour sa part d'avoir un meilleur accès à l'est de l'Ukraine, qui est contrôlé par des séparatistes prorusses, pour superviser le fragile cessez-le-feu. Les combats entre les rebelles prorusses et l'armée ukrainienne ont fait 9000 morts depuis avril 2014.

M. Riedel a affirmé que l'Ukraine était plutôt paisible depuis le mois de décembre, mentionnant toutefois qu'on ne savait pas ce que la Russie ferait prochainement.

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