Trudeau: la célébrité, un moyen d'intéresser plus de gens à la politique

Si, au fil des mois et des années,... (Photo La Presse Canadienne)

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Si, au fil des mois et des années, les égoportraits allaient en diminuant, Justin Trudeau assure que ça «ne changera pas grand-chose» pour lui, car ultimement, le travail de premier ministre consiste à «être au service des Canadiens» et «bien gérer le pays».

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

Justin Trudeau accorde peu d'importance aux détracteurs qui lui reprochent de déshonorer la fonction de premier ministre en multipliant les égoportraits ou en accordant des entrevues à des magazines populaires comme le Vogue.

Ils sont nombreux à pester contre le «premier ministre selfie». Les commentaires désobligeants sur son style circulent sur les réseaux sociaux, dans les médias... et dans les couloirs du parlement.

Mais le principal intéressé n'en a cure.

Pour le politicien de 43 ans, multiplier les égoportraits et se faire photographier en compagnie de son épouse pour le Vogue ne sont que des moyens parmi tant d'autres pour capter l'attention d'une frange de la population qui n'est pas naturellement intéressée par la politique.

«Beaucoup de gens regardent la période de questions (en Chambre) à tous les jours? Non», dit le premier ministre pour illustrer son propos lors d'une entrevue de 75 minutes accordée au bureau parlementaire de La Presse Canadienne.

«Il y a des gens qui consomment de la politique de manière sporadique et indirecte, enchaîne-t-il. Et pour un bon nombre de personnes, spécialement aux États-Unis, cet article du Vogue sera le seul qu'ils liront sur la politique canadienne pour toute l'année.»

Le premier ministre Trudeau ne semble manifestement pas avoir l'intention de faire les choses différemment du candidat Trudeau.

Son début de règne est à l'image de la campagne électorale victorieuse qu'il a menée - les égoportraits et les bains de foule sont là pour rester, parce qu'ils font partie du travail, insiste-t-il.

«L'un des grands dangers de ce travail est d'être isolé de la réalité de tous les jours, coincé derrière des murs, dans des cortèges officiels, dans la bulle», plaide-t-il, s'offusquant lorsqu'on réduit sa retentissante victoire du 19 octobre dernier au facteur célébrité.

«Penser que les Canadiens ont voté (libéral) pour des cheveux ou un nom de famille, c'est profondément sous-estimer les Canadiens», lance-t-il énergiquement, installé dans une salle de conférence des bureaux de La Presse Canadienne, à Ottawa.

«Moi, je suis confiant que si je continue de travailler pour faire la job nécessaire pour bien représenter les gens, pour refléter leurs espoirs, leurs aspirations en tant qu'individus, en tant que collectivité, pour le pays, peut-être qu'il y aura moins de selfies», suggère M. Trudeau.

Son regard se porte sur une photographie de son père accrochée au mur en face de lui - des photos d'archives de politiciens, de sportifs et d'autres personnalités ornent les murs des locaux de l'agence de presse.

Sur la photo croquée à Toronto lors du match de la Coupe Grey, en 1970, Pierre Elliott Trudeau porte une cape et un chapeau, un accoutrement que certains ont comparé à celui de Mandrake le Magicien.

«En quelle année mon père a porté ce chapeau-là? Et ça va me prendre combien d'années avant de porter un chapeau comme ça pour attirer l'attention?», lance celui qui a grandi sous l'oeil des médias.

Il dit n'avoir jamais cherché cette attention - dans son autobiographie «Terrain d'entente», parue en octobre 2014, Justin Trudeau raconte d'ailleurs qu'il lui arrivait de se présenter sous un autre nom que celui du patriarche.

Alors si, au fil des mois et des années, la fièvre des égoportraits va en diminuant, «ça ne changera pas grand-chose pour moi», car le travail de premier ministre, «c'est d'être au service des Canadiens, de savoir bien gérer le pays, ce n'est pas un concours de popularité», lance-t-il.

Le travail consiste aussi à parler aux journalistes, insiste M. Trudeau, qui a prêché par l'exemple, mercredi: avant de passer une heure et quart en table ronde avec La Presse Canadienne, il avait accordé une entrevue d'une heure devant public et tenu un point de presse au parlement.

Et à ceux qui ont déchiré leur chemise en voyant l'article et les photos parus dans le Vogue, le premier ministre prévient qu'il pourrait récidiver. «Je parlerai à une variété d'organisations médiatiques pour rejoindre le plus de Canadiens possible», tranche-t-il.

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