Selon Mulcair, Trump devrait être interdit de séjour au Canada

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Dans un communiqué publié lundi, Donald Trump a réclamé une interdiction d'entrée «complète et totale» des musulmans aux États-Unis.

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(Ottawa) Le controversé candidat à l'investiture du Parti républicain, Donald Trump, devrait être frappé d'un interdit de séjour au Canada parce qu'il « propage la haine contre les gens sur la base de leur religion », estime le chef du NPD, Thomas Mulcair.

À l'instar d'autres élus de la Chambre des communes, M. Mulcair a exprimé haut et fort mardi son indignation devant les propos de Donald Trump de lundi.

Dans un communiqué de presse, le candidat milliardaire a proposé que les autorités américaines interdisent l'entrée à tous les musulmans dans la foulée de l'attentat terroriste de San Benardino, en Californie, qui a fait 14 morts.

«Donald Trump appelle à l'arrêt total et complet de l'entrée des musulmans aux États-Unis jusqu'à ce que les élus de notre pays comprennent ce qui se passe», expliquait son communiqué.

«La haine dépasse l'entendement», avait lancé Donald Trump, évoquant le couple de tueurs de San Bernardino (14 morts) et les auteurs des attentats de Paris (130 morts). «Ça ne fait qu'empirer, et on va avoir un autre World Trade Center», prévenait-il.

Pour le chef du NPD, Thomas Mulcair, ces propos sont indignes d'un candidat qui aspire à diriger les États-Unis.

« M. Trump s'est exclu de toute possibilité d'être pris au sérieux comme candidat à la présidence des Etats-Unis. Propager la haine comme il est en train de le faire est indigne d'une personne qui cherche la plus haute fonction aux Etats-Unis. Mais puisque c'est inadmissible d'essayer d'exclure des gens d'un pays sur la base de leur religion, je pense que les Américains vont faire leur propre choix », a dit M. Mulcair.

« Comme Canadien, moi je dis que quelqu'un qui propage la haine contre les gens sur la base de leur religion devrait être exclu du Canada. On devrait s'assurer que Donald Trump ne met pas les pieds au Canada », a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a pour sa part affirmé qu'aucun politicien n'avait osé aller aussi loin que Donald Trump dans le passé.

« On espère que le monde entier prendra exemple de ce que les Canadiens ont décidé à la dernière élection. Quand certains partis les invitaient à se méfier, nous avons plutôt plaidé pour la confiance.  Et on n'a jamais été aussi loin, quel que soit le parti, de ce qu'on vient d'entendre aux États-Unis.  Aucun parti politique ne pourrait s'approcher même d'un centième, même avec une perche olympique de ce qui a été dit aux États-Unis », a déclaré M. Dion.

« Tout le temps ne voulant pas me mêler de la politique intérieure d'un autre pays, je peux dire qu'au Canada on est le pays de la Charte des droits et libertés et on est un pays qui vient d'avoir une élection et dont le parti qui a gagné les élections l'a fait en disant et répétant que le Canada est fort, non pas malgré sa diversité, mais grâce à sa diversité », a-t-il ajouté.

Invoquant sa «position», le premier ministre Justin Trudeau n'a pas voulu commenter directement et en détail ces propos qui ont provoqué un tollé au sud de la frontière. Il a simplement plaidé que les Canadiens savent très bien où il loge et qu'ils se sont par ailleurs clairement prononcés «contre la politique de peur et division» au scrutin du 19 octobre dernier.

La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, qui est de confession musulmane, a affirmé qu'ils étaient «décevants».

- Avec la Presse Canadienne

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