Chambardements au Sénat

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Jacques Demers

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(Ottawa) Le gouvernement Trudeau a présenté jeudi son nouveau processus de sélection des sénateurs et la nomination d'un nouveau président du Sénat, le libéral de Terre-Neuve George Furey. Le sénateur Jacques Demers a annoncé au même moment qu'il quitte le caucus conservateur pour siéger dorénavant comme indépendant.

L'ancien entraîneur des Canadiens de Montréal nommé par Stephen Harper a annoncé sa décision dans un bref communiqué et il doit en expliquer les motifs lors d'un point de presse plus tard jeudi avant-midi.

Le nouveau processus de sélection des sénateurs s'appuiera sur un comité consultatif de cinq personnes, dont trois membres permanents et deux membres temporaires issus des provinces où des vacances doivent être comblées. Il y a actuellement 22 sièges vacants à la Chambre haute, dont sept de l'Ontario, six du Québec et trois du Manitoba.

Le gouvernement entend faire cinq nominations dès janvier en vertu d'un « processus de transition ». Ce processus reposera sensiblement sur le même mode de fonctionnement que le processus permanent. Deux de ces nominations proviendront de l'Ontario, deux du Manitoba et une du Québec. Les 17 autres sièges vacants seront comblés d'ici la fin de l'année 2016.

Le prochain leader du gouvernement au Sénat sera choisi à même l'un de ces cinq nouveaux venus en début d'année.

Dans le cadre du processus permanent, un système sera établi pour permettre aux Canadiens de soumettre leurs candidatures. Le processus de transition reposera entre autres sur des recommandations des provinces, a précisé la ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef.  

Les critères de sélection des nouveaux sénateurs incluent l'obligation pour les candidats de « démontrer qu'ils possèdent des qualités personnelles exceptionnelles, notamment pour ce qui est de respecter les principes et normes de la vie publique, de l'éthique et de l'intégrité ».

Le comité de sélection présentera au terme de ses délibérations une liste non contraignante de cinq noms au premier ministre, qui sera libre de choisir parmi ceux-ci pour faire sa recommandation au gouverneur général.

Ce nouveau processus est le résultat d'une promesse faite par les troupes de Justin Trudeau plusieurs mois avant les dernières élections fédérales. Les libéraux ont évincé les sénateurs de leur caucus parlementaire. Ces derniers ont toutefois continué à se désigner eux-mêmes comme des sénateurs libéraux. L'objectif de M. Trudeau et de son entourage était de réduire la partisanerie au sein de la Chambre haute au moment où elle était éclaboussée par des scandales.

Le nouveau président du Sénat, George Furey, est un avocat nommé par Jean Chrétien en 1999. Il n'est pas bilingue, mais le leader du gouvernement à la Chambre des communes a affirmé hier qu'il continuera à apprendre le français et que ses autres qualités faisaient de lui un candidat idéal. « Nous croyons que c'est une personne extraordinaire, d'une longue expérience parlementaire et d'une intégrité profonde », a déclaré Dominic LeBlanc. M. LeBlanc a ajouté que « le fait qu'il n'y a jamais eu de président du Sénat ou de la Chambre des communes de Terre-Neuve ou du Labrador donne une occasion à cette province-là de voir l'un des leurs dans une fonction importante ». M. Furey remplace le conservateur montréalais Leo Housakos, qui avait lui-même succédé à Pierre-Claude Nolin, décédé à la suite d'une longue bataille avec le cancer en avril.

Le sénateur Jacques Demers a expliqué sa décision par sa volonté de se concentrer sur certains dossiers qui lui sont chers, comme l'analphabétisme. Il a précisé qu'il avait considéré il y a quelques années de se retirer du caucus conservateur, mais qu'il était resté par loyauté pour celui qui l'a nommé, l'ex-premier ministre Stephen Harper.

M. Demers a convenu que quelques irritants l'avaient aussi poussé à quitter le giron conservateur, dont le scandale des dépenses au Sénat et le fait qu'il s'est senti écarté par le parti dans la dernière campagne électorale.

« On vient de me dire : tu fais partie de l'équipe pour la première élection, mais là la deuxième élection, tu ne fais plus partie de l'équipe. Ça, ça m'a affecté », a-t-il expliqué en point de presse au parlement.

« Une partie de ma vie j'ai été entraîneur et là, on me dit soudainement : "On ne veut plus te voir la face là!" » a déploré le sénateur Demers. « Ils ont pris la mauvaise décision. »

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