Le Canada compte un nombre record d'électeurs musulmans

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Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
Ottawa

Ce printemps, les imams de 21 mosquées de la région de Toronto ont profité de leurs sermons du Vendredi saint, l'un des jours de prière les plus fréquentés de l'année, pour inciter leurs fidèles à voter lors des élections fédérales prévues en octobre.

Cette rare incursion des chefs religieux en politique est motivée par le fait qu'une nouvelle recherche démontre qu'un nombre record de musulmans - un demi-million - pourra participer au prochain scrutin.

C'est d'ailleurs peut-être pourquoi le premier ministre Stephen Harper a invité le 22 juin des dirigeants musulmans à partager l'iftar, le repas de rupture du jeûne du ramadan après le coucher du soleil, à sa résidence officielle. Le Bureau du premier ministre avait alors indiqué qu'il s'agissait du premier iftar à être célébré au 24 Sussex.

Cette invitation a «grandement surpris» le directeur du Conseil national des musulmans canadiens, Ihsaan Gardee, vu l'historique des relations entre le gouvernement conservateur et la communauté musulmane du pays.

Par le passé, Stephen Harper a été critiqué pour ne pas avoir tendu la main aux musulmans modérés aux lendemains des attaques contre le Parlement et les soldats canadiens en octobre 2014. Les relations entre le gouvernement conservateur et la communauté musulmane sont également tendues en raison de la présentation du projet de loi visant à interdire les visages voilés lors des cérémonies de citoyenneté.

Même si le taux de participations des électeurs musulmans semble plus bas que celui du reste de la population, s'il augmente en octobre prochain, il pourrait influencer les résultats dans 23 circonscriptions - dont la plupart sont situées dans la très convoitée région métropolitaine de Toronto. En fait, seize de ces circonscriptions sont situées en Ontario, cinq au Québec et deux en Alberta.

En 2011, le Parti conservateur avait réussi à remporter la plupart d'entre elles. Toutefois, certains politiciens reconnaissent de manière confidentielle que leurs liens avec la communauté musulmane devront être resserrés avant le vote de cet automne.

Traditionnellement, les sondages démontrent que les électeurs musulmans n'ont pas tendance à voter pour les conservateurs. Un sondage en ligne d'Ipsos Reid en 2011 laissait entendre que 46 pour cent d'entre eux avaient voté pour les libéraux et 38 pour cent pour les néo-démocrates.

Cette fois-ci, les musulmans seront peut-être tentés de déserter le Parti libéral du Canada, selon Alia Hogben, du Conseil canadien des femmes musulmanes.

Le parti de Justin Trudeau a notamment donné son appui à la Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares, qui s'attaque à la polygamie et aux mariages forcés - une décision qui lui a attiré les foudres des communautés ethniques, surtout qu'il n'avait pas hésité à critiquer lui-même le projet de loi.

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