Insulté par l'avocat d'Omar Khadr, Harper ne réplique pas

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Stephen Harper

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Lina Dib
La Presse Canadienne
Ottawa

Le premier ministre Stephen Harper ne relève pas le gant. Traité de sectaire et d'islamophobe par l'avocat d'Omar Khadr, jeudi, M. Harper n'a pas voulu commenter l'insulte alors qu'il était questionné vendredi matin au cours d'un point de presse à Ottawa.

Le premier ministre s'est contenté de répéter que M. Khadr avait plaidé coupable à des crimes graves «y compris le meurtre».

«Le gouvernement voit toujours comme sa priorité la protection et la sécurité de la population canadienne», a-t-il ajouté, sans spécifier quelle menace M. Khadr représenterait pour la population canadienne.

«Il y a certaines questions qui restent devant les tribunaux et je ne vais pas faire un commentaire additionnel», a conclu le premier ministre.

Jeudi, Me Dennis Edney croyait savoir pourquoi le gouvernement a tout fait pour garder son client derrière les barreaux.

«Mon opinion est claire. M. Harper est un sectaire. M. Harper n'aime pas les musulmans», avait laissé tomber l'avocat, quelques minutes après l'annonce, à Edmonton, de la libération sous caution de son client.

C'est à cette attaque que M. Harper n'a pas voulu répondre, pas plus qu'il n'a voulu expliquer pourquoi ses ministres et députés parlent maintenant de «Omar Ahmed Khader», découvrant un prénom musulman qu'on n'avait jamais attribué publiquement au jeune homme auparavant.

Pour sa part, le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, de passage à Montréal, a eu à esquiver une autre question.

«Selon ce qu'il a lui-même admis, et qui a été rapporté dans les médias, son idéologie n'a pas changé», pouvait-on lire dans le communiqué diffusé par son bureau la veille, communiqué où on regrettait la libération d'Omar Khadr. Le ministre n'a pas voulu expliquer d'où il tient cette information sur l'idéologie de l'homme.

«Je vous répondrai que (...) on s'attend à ce que M. Khadr respecte les conditions établies par la juge pour sa libération», a-t-il plutôt offert.

M. Khadr a versé une caution de 5000 $. Il devra porter un émetteur à la cheville («bracelet électronique»), habiter chez son avocat, à Edmonton, respecter un couvre-feu, et ne pas quitter la province sans le consentement des autorités. Lorsqu'il communiquera avec ses proches, il devra le faire en anglais seulement et sous la supervision de son avocat.

Le 14 mai, c'est devant la Cour suprême que les avocats des autorités canadiennes et ceux du jeune homme s'affronteront à nouveau. Il s'agira alors de déterminer si Omar Khadr aurait dû être placé par les services correctionnels canadiens dans un établissement provincial pour adultes plutôt que dans un pénitencier fédéral. C'est l'interprétation de la Loi sur le transfèrement international des délinquants qui est en cause.

M. Khadr attend également un appel de sa condamnation par un tribunal américain.

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