Le Canada serait revenu sur une invitation au président afghan

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Le président afghan récemment élu Ashraf Ghani était à Washington le 25 mars.

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Murray Brewster
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le président afghan récemment élu Ashraf Ghani devait s'arrêter au Canada à la suite de son récent passage à Washington, mais le gouvernement fédéral est revenu sur son invitation, affirment plusieurs sources du milieu diplomatique.

Un porte-parole du bureau du premier ministre Harper, Stephen Lecce, a nié la préparation de toute activité officielle pour le président afghan élu l'an dernier.

«Aucune visite n'était prévue, même si nous continuons de travailler avec le gouvernement de l'Afghanistan sur tous les plans», a-t-il assuré par courriel.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Nicolas Doire, a lui aussi assuré qu'aucune invitation n'avait été envoyée au gouvernement afghan.

Des sources à Ottawa, Washington et Kaboul ont toutefois déclaré à La Presse Canadienne qu'un programme pour une escale de deux jours avait été esquissé pour Ashraf Ghani par l'ambassade du Canada à Kaboul et le ministère afghan des Affaires étrangères.

Ces sources affirment que le président Ghani «avait répondu favorablement» à l'idée d'effectuer un voyage de deux jours au Canada pour discuter avec le premier ministre Stephen Harper.

Cependant, le projet est tombé à l'eau le - ou autour du - 23 mars, avant même qu'une invitation formelle soit envoyée. Les responsables canadiens auraient été dissuadés par la taille prévue de la délégation afghane, soit jusqu'à 75 personnes.

La visite d'Ashraf Ghani aurait aussi coïncidé avec le débat parlementaire concernant la prolongation de la mission canadienne en Irak. Le critique néo-démocrate en matière de défense, Jack Harris, estime qu'il aurait été délicat pour les conservateurs de tenter de vendre une nouvelle guerre aux Canadiens dans ces circonstances.

«Je ne crois pas que ce gouvernement veut se faire rappeler son échec à cet endroit, affirme M. Harris. Il ne veut pas raviver les questions et les souvenirs liés aux résultats discutables de l'implication canadienne en Afghanistan.»

Des représentants du gouvernement afghan et du corps diplomatique, qui ne peuvent s'exprimer publiquement sur un sujet aussi sensible, font valoir que ce voyage était annoncé comme une chance pour le nouveau dirigeant de l'Afghanistan de remercier personnellement les Canadiens pour leurs sacrifices pour son pays, dont la mort de 158 soldats.

La visite d'Ashraf Ghani était vue d'un bon oeil par l'ambassadrice du Canada en Afghanistan, Deborah Lyons, et des représentants du gouvernement américain, qui a reçu le dirigeant à la Maison-Blanche et lors d'évènements tenus par le département d'État entre le 23 et le 25 mars.

Le bureau du premier ministre Stephen Harper et le ministère des Affaires étrangères ont été invités à donner leur version des faits, mais ils ont décliné l'invitation.

Sous le couvert de l'anonymat, un haut fonctionnaire canadien a toutefois insisté sur le fait que le bureau du premier ministre n'était pas au courant de cette possible invitation, contrairement au ministère des Affaires étrangères.

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