Mission contre l'EI: le NPD demande le retrait des troupes «dès que possible»

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) veut rapatrier «dès que possible» les militaires qui prennent part à la mission contre le groupe armé État islamique (EI).

L'opposition officielle en fait la demande jeudi dans les amendements mis de l'avant au cours du débat officiel sur la motion de prolongement et d'expansion de la mission militaire.

Le NPD demande au gouvernement «de mettre fin à la participation des troupes des Forces canadiennes au combat, aux bombardements et à la formation de conseil et d'assistance en Irak et en Syrie dès que possible», est-il écrit dans les amendements à la motion.

La démarche a évidemment peu de chances de réussite, puisque les conservateurs détiennent la majorité en Chambre et que les ténors du gouvernement ont clairement témoigné de leur volonté d'aller de l'avant avec le prolongement d'un an de la mission et son expansion en Syrie.

Le ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson et son homologue à la Défense Jason Kenney ont de nouveau plaidé, pendant la discussion de jeudi, que le Canada ne pouvait se dérober à sa responsabilité de confronter la menace que représente l'EI.

Le NPD, qui s'oppose catégoriquement à la motion prévoyant des frappes aériennes en Syrie, réclame également une augmentation de l'aide humanitaire canadienne dans les régions où le conflit a des impacts immédiats.

Le Parti libéral, qui est aussi contre la motion du gouvernement, ne présentera pas d'amendements, a signalé Kate Purchase, une porte-parole de la formation politique.

Elle n'a pas précisé si les députés libéraux appuieraient ceux mis de l'avant par les néo-démocrates, disant qu'il fallait étudier les amendements en question avant de se prononcer.

Le député libéral Irwin Cotler, lui, a déjà fait son nid: comme il l'avait fait lors de la motion initiale d'une durée de six mois, il a décidé de s'abstenir.

Il a expliqué dans une déclaration écrite que cela équivaudrait à cautionner le régime de Bachar el-Assad, sous qui un soulèvement populaire s'est transformé en une guerre civile ayant fait plus de 200 000 victimes au cours des quatre dernières années.

«Je demeure incapable de soutenir le gouvernement dans ce dossier, parce que son projet d'expansion de la mission du Canada continue de permettre à Assad d'agresser les civils syriens en toute impunité», explique le député montréalais.

En vertu de la motion présentée par le premier ministre Stephen Harper, les CF-18 des Forces armées canadiennes commenceront à mener des frappes aériennes en Syrie, et ce, sans attendre de «consentement explicite» du président El-Assad.

Le gouvernement Harper a invoqué le droit à l'autodéfense pour justifier la légalité de ces bombardements en matière de droit international.

Le ministre Kenney a soutenu mercredi en point de presse que les opérations militaires en Syrie étaient «justifiées en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations unies, précisément en ce qui a trait au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective».

L'enjeu de la légalité de l'intervention en territoire syrien a enflammé la période des questions aux Communes et mené à de vigoureux échanges entre le premier ministre Harper et le chef du NPD, Thomas Mulcair.

Le chef conservateur a suscité l'ire des néo-démocrates mercredi en faisant une remarque qui a été interprétée comme un signe de mépris à l'égard du droit international.

«Je ne suis pas certain de comprendre ce que le chef du NPD veut dire. S'il suggère qu'il existe un risque juridique significatif que des avocats de l'État islamique puissent traîner le Canada devant les tribunaux et avoir gain de cause, la position du gouvernement est que les risques que cela se produise sont négligeables», a offert M. Harper en réponse à une question de son adversaire.

M. Mulcair a bondi de son siège et s'est dit abasourdi de constater que l'on vivait «dans un Canada où ce genre d'idiotie tient lieu d'argument».

Il a ensuite martelé: «Le premier ministre du Canada se croit au-dessus des lois internationales, mais il ne l'est pas. Le Canada ne l'est pas non plus, d'ailleurs».

Le vote sur la motion et les amendements doivent avoir lieu lundi aux Communes.

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