Mulcair prêt à s'allier aux libéraux pour battre les conservateurs

Le chef du NPD Thomas Mulcair a fait... (PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Le chef du NPD Thomas Mulcair a fait valoir que la prochaine élection devrait donner lieu à une première véritable lutte à trois dans l'histoire politique canadienne, ce qui pave la voie, selon lui, à l'élection d'un gouvernement social-démocrate.

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, se dit sûr de pouvoir remporter la prochaine élection fédérale, mais il réitère son ouverture face à une éventuelle alliance avec le Parti libéral du Canada si cela devait s'avérer nécessaire pour défaire les conservateurs de Stephen Harper.

De passage à Montréal, mardi, M. Mulcair a toutefois reproché au chef libéral Justin Trudeau de placer ses intérêts personnels au-dessus de l'intérêt supérieur des Canadiens.

«À chaque fois que nous, on ouvre cette porte, Justin Trudeau claque la porte. Ma première priorité, c'est de nous débarrasser de Stephen Harper. La première priorité de Justin Trudeau, c'est Justin Trudeau» a laissé tomber M. Mulcair.

Même s'il maintient qu'il vise l'élection d'un gouvernement néo-démocrate majoritaire au scrutin de 2015, le chef du NPD souligne que l'appui que son parti recueille vient compliquer la carte politique.

«Les choses vont tellement bien que, pour la première fois de l'histoire du Canada, il va y avoir une course à trois à la prochaine campagne électorale», a-t-il dit.

L'élection d'un gouvernement minoritaire ne peut donc être exclue dans ce contexte et il est impératif, selon lui, de tout mettre en oeuvre pour empêcher les conservateurs de maintenir le pouvoir.

À cet effet, la bonne volonté du NPD n'est plus à démontrer, selon M. Mulcair, qui a rappelé que son parti avait conclu une alliance avec le PLC et le Bloc québécois après l'élection de 2008 pour empêcher les conservateurs de prendre le pouvoir, mais que les libéraux avaient renié leur engagement. À cette époque, les libéraux et les néo-démocrates n'avaient pas un nombre de sièges suffisant à eux seuls pour ravir le pouvoir à Stephen Harper sans inclure le Bloc québécois dans l'équation, une proposition qui devait s'avérer trop indigeste pour le PLC, a rappelé M. Mulcair.

«En 2008, notre priorité c'était de se débarrasser de Stephen Harper et on a tellement mis d'eau dans notre vin qu'on a signé une entente de coalition avec les libéraux. Les libéraux ont levé le nez sur leur propre signature... et Stephen Harper est encore là», a-t-il dit.

Or, la donne a considérablement changé depuis, avec l'effondrement du Bloc et la spectaculaire performance du NPD au Québec lors du scrutin de 2011, de sorte que l'hypothèse d'une coalition entre libéraux et néo-démocrates capable de ravir le pouvoir aux conservateurs sans le Bloc est devenue envisageable.

«Ça demeure ma première priorité de nous débarrasser de Stephen Harper. Le NPD possède trois fois plus de sièges que le Parti libéral à travers le Canada», a noté le chef néo-démocrate.

«Il y a un an, à la journée de la Saint-Patrick à l'ambassade d'Irlande à Ottawa, j'ai encore ouvert la porte (à une alliance) parce que nous avions déjà fait ça en 2008. Et à nouveau, l'automne dernier, j'ai ré-évoqué l'impérieux besoin de se débarrasser des conservateurs de Stephen Harper», a-t-il ajouté.

60 sièges au Québec?

Le chef de l'Opposition à Ottawa ne vise toutefois pas un gouvernement de coalition, mais bien un gouvernement néo-démocrate majoritaire et, à cet effet, il compte non seulement répéter l'étonnante performance de 2011, où le NPD, porté par la vague orange sous l'impulsion de Jack Layton, avait fait élire 59 députés, mais bien l'améliorer avec un objectif de 60 sièges.

«On va gagner tous les sièges qu'on possède déjà au Québec et on va en ajouter davantage. Nous sommes confiants de ça. On connaît exactement l'offre politique que nous faisons, comment ça résonne bien avec les Québécois qui sont des progressistes», a-t-il dit.

M. Mulcair balaie par ailleurs du revers de la main les reproches du Bloc québécois, qui l'accuse de vouloir bafouer les compétences du Québec en proposant des politiques fédérales de services de garde et de financement du transport en commun.

«Le NPD préconise que, lorsqu'il y a une dépense du fédéral dans un domaine de compétence des provinces, le Québec - et seulement le Québec - a le droit de retrait avec pleine compensation sans condition. Pour le Québec, ce serait de l'oxygène pour le système des garderies», a-t-il dit.

«Le NPD a une offre positive, concrète pour répondre aux demandes traditionnelles du Québec qui n'exige pas de repasser par les Meech et Charlottetown de ce monde», a tranché le chef néo-démocrate.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer