Propos sur la SRC: Harper refuse de s'excuser

Le premier ministre Stephen Harper a refusé de s'excuser auprès des employés de... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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(OTTAWA) Le premier ministre Stephen Harper a refusé de s'excuser auprès des employés de Radio-Canada mardi, mais évité de réitérer ses critiques, détournant plutôt ses attaques vers les partis de l'opposition.

Dans une entrevue à la radio de Québec FM93 lundi, M. Harper a accusé des employés de la société d'État de « détester » les valeurs du Parti conservateur. « Je comprends très bien qu'il y en a beaucoup à Radio-Canada qui détestent ces valeurs. Mais je pense que ces valeurs sont les valeurs d'un grand pourcentage de Québécois », a-t-il déclaré.

Le premier ministre a accordé cette entrevue aux animateurs Éric Duhaime et Nathalie Normandeau au terme d'une visite à Québec, où il a notamment dansé avec le bonhomme Carnaval, fait de la motoneige et procédé à une annonce de durcissement de la justice criminelle.

Les deux chefs des partis de l'opposition ont talonné leur adversaire sur ces déclarations, lors de la période de questions mardi.

« Le premier ministre voit des ennemis partout », a lancé le chef du NPD, Thomas Mulcair. « Mais est-ce que c'est juste possible que le premier ministre s'est trompé et que ce qu'il voulait dire en fait, c'est qu'il s'est finalement rendu compte que la vaste majorité des Canadiens veulent se débarrasser de son gouvernement? »

Stephen Harper a opté pour la prudence et lu sa réponse, dans laquelle il n'a pas répété da charge de la veille contre les employés radio-canadiens.

« Nous croyons qu'une grande proportion de Québécois et de Québécoises sont d'accord avec notre gouvernement et l'allègement du fardeau fiscal, la baisse des taxes et des impôts, des avantages directs aux familles, la lutte à la criminalité et au terrorisme », a-t-il dit.

Il a accusé le NPD d'être contre ces positions, et d'être plutôt en faveur de « bénéfices pour des bureaucraties, des syndicats et qui ne prend pas au sérieux la lutte contre des terroristes, des djihadistes et des criminels ».

« La vague orange au Québec est devenue les cônes orange et les Québécois vont se débarrasser d'eux », a ajouté M. Harper.

Le chef libéral Justin Trudeau s'est dit stupéfait et déçu des propos du premier ministre et a réclamé des excuses. Stephen Harper a ignoré cette demande.

Comparaissant devant un comité du Sénat, le président-directeur général de CBC/ Radio-Canada., Hubert T. Lacroix, a refusé de commenter directement les propos de M. Harper. Il a toutefois réitéré son engagement et celui de tous ses employés à respecter les valeurs d'éthique et d'impartialité.

Par ailleurs, l'ancien chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a quant à lui affirmé sur les ondes de la radio FM93 mardi qu'il aurait lui-même dû attaquer Radio-Canada alors qu'il dirigeait la formation.

« Une des erreurs de ma carrière politique, c'est de ne pas l'avoir fait, a dit M. Dumont. En 2001, 2002, j'aurais dû commencer à dire haut et fort que Radio-Canada était un ennemi politique. Et faisant ça, les attaques de Radio-Canada auraient été perçues différemment par le public et probablement que ça aurait amélioré mes résultats. »

L'ADQ a fait élire quatre députés au Québec aux élections de 2003.

L'animateur Éric Duhaime est un ancien conseiller de Mario Dumont et de l'ex-chef de l'Alliance canadienne, Stockwell Day. Nathalie Normandeau a été ministre libérale dans le gouvernement québécois de Jean Charest.

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