Le gouvernement fédéral réduit le financement de l'armée

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Le gouvernement a retardé les projets coûteux en défense comme les nouveaux avions de chasse et les nouveaux navires.

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Lee-Anne Goodman
La Presse Canadienne
OTTAWA

Alors que le gouvernement conservateur multiplie les annonces et distribue de l'argent grâce à des surplus budgétaires qui deviendront bientôt réalité, des documents publics récemment dévoilés montrent qu'il continue à désavantager l'armée.

Les comptes publics pour 2013-2014 démontrent que pour la troisième année consécutive, les dépenses pour l'équipement militaire, les armes et l'infrastructure ont été réduites de façon significative.

Les dépenses sont en baisse d'environ 1 milliard $ depuis le sommet de 3,8 milliards $ atteint en 2010-2011.

Les documents révèlent que le gouvernement n'a pas dépensé quelque 763 millions $ de ses fonds alloués lors du dernier exercice financier pour des projets à grande échelle.

Cet argent non dépensé est alors renvoyé dans les coffres généraux de l'État, et un expert en défense soutient que cela équivaut à un quart des surplus budgétaires.

Depuis 2007-2008, le montant moyen que le gouvernement n'a pas investi représente 23 pour cent des fonds totaux alloués.

Au cours des trois dernières décennies, ce taux avoisinait plutôt les deux pour cent.

«C'est incroyable que nous ayons assisté à un tel degré de sous-utilisation des fonds pendant sept ans», s'est exclamé David Perry, un analyste au sein de l'Institut de la Conférence des Associations de la Défense.

Selon cet expert, l'incapacité chronique du ministère de la Défense nationale à utiliser les fonds qui lui ont été impartis pendant cette période est carrément du «jamais-vu».

De son côté, la députée libérale Joyce Murray, qui est vice-présidente du Comité permanent de la défense nationale, accuse le gouvernement d'utiliser ce ministère comme «une tirelire géante pour financer ses promesses électorales et pour acheter des votes».

«L'armée manque cruellement de fonds, elle peine à embaucher des professionnels de la santé pour (traiter) les soldats souffrant du trouble de stress post-traumatique et, malgré tout, nous avons un gouvernement qui annonce des initiatives fiscales pour les riches», s'est-elle exclamé.

Ironiquement, les conservateurs ont longtemps reproché aux libéraux de s'être montrés pingres envers les militaires à l'époque où ils détenaient le pouvoir.

De l'avis de Mme Murray, cette critique était teintée d'hypocrisie.

David Perry a remarqué que le gouvernement actuel éprouve de la difficulté à trancher dans des dossiers de premier plan comme ceux des avions de combat et de la construction de navires.

Selon M. Perry, si Ottawa n'avait pas tant tergiversé, des emplois auraient pu être créés et l'économie aurait, par le fait même, été stimulée.

«Des décisions n'ont pas été prises en lien avec de gros enjeux donc, le ministère de la Défense nationale ne peut dépenser (tout) l'argent» lui ayant été accordé, a-t-il conclu.

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