Surveillance accrue des compagnies ferroviaires exigée

La tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic a causé la... (Photo Archives La Tribune)

Agrandir

La tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic a causé la mort de 47 personnes dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013.

Photo Archives La Tribune

Caroline St-Pierre
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) demande au gouvernement conservateur de «donner un coup de barre» en matière de sécurité ferroviaire.

+ LIRE AUSSI : MMA et Transports Canada visés par le rapport du BST >>

L'opposition a réagi ainsi au rapport d'enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST) sur la catastrophe ferroviaire ayant fait 47 morts à Lac-Mégantic l'an dernier. Le rapport, déposé mardi, fait porter une partie du blâme au gouvernement fédéral, et le NPD affirme que celui-ci doit ramener au plus vite des mesures de surveillance adéquates des compagnies ferroviaires.

Le BST demande en effet à Transports Canada d'assurer davantage de supervision et d'implanter plus de mesures de défense physique à bord des trains.

«Depuis la tragédie à Lac-Mégantic, nous disons la même chose: que le gouvernement n'a pas rempli son obligation de protéger le public. En faisant défaut de veiller à vérifier les rapports envoyés par le chemin de fer, on compromettait la protection du public avec un résultat tragique», a lancé le chef du parti, Thomas Mulcair.

Du côté des conservateurs, le ministre Christian Paradis, député de Mégantic-L'Érable, rappelle que son gouvernement a déjà suivi les premières recommandations du BST et qu'il s'assurera que les nouveaux avis seront étudiés de manière exhaustive par Transports Canada.

«Ce que je peux dire, c'est qu'on ne pourra jamais ramener le cours des choses, c'est ce qu'on voudrait et la population pleure encore ses victimes. Moi, comme député de la place, (mon rôle) est de m'assurer que cette tragédie-là, qu'on y donne suite», a déclaré M. Paradis en entrevue avec une station de radio locale.

La ministre des Transports, Lisa Raitt, a abondé dans le même sens, soulignant que son ministère avait répondu aux premiers avis du BST à la suite des événements du 6 juillet 2013 et qu'il a immédiatement pris des mesures. Elle a ainsi rappelé que Transports Canada a établi que les équipes à bord des locomotives de trains transportant des marchandises dangereuses doivent compter au moins deux personnes et qu'il a imposé des règles plus strictes pour immobiliser les trains laissés sans surveillance.

Mme Raitt a ajouté que le ministère avait pris des mesures pour améliorer les inspections, la documentation et le suivi de la sécurité ferroviaire et du transport des marchandises dangereuses.

«Transports Canada a aussi proposé ou instauré des amendes, des certificats obligatoires ainsi que de nouvelles dispositions réglementaires et exigences relatives à la production de rapports qui sont plus sévères», a souligné Mme Raitt.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, a pour sa part précisé que «la sécurité ferroviaire est une responsabilité partagée» et que les compagnies de chemin de fer doivent se conformer aux règles.

«Dans ce cas-là, il a été clairement démontré que la compagnie ferroviaire n'a pas suivi les règles, et pourtant, les règles étaient très claires. Donc maintenant, elle doit faire face aux conséquences et comme vous le savez, il y a plusieurs procédures légales en cours à l'égard de la compagnie», a déclaré M. Blaney.

En point de presse, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a tenu à saluer «le sérieux et la profondeur» du rapport, rappelant que les gouvernements fédéral et provincial avaient déjà commencé à mettre en oeuvre les premières recommandations déjà émises par le BST.

«Il y a deux autres recommandations également sur lesquelles il va falloir, avec célérité, que les deux gouvernements se penchent. Je vous rappelle qu'environ 30% du réseau ferroviaire qui se trouve sur le territoire du Québec est de responsabilité du gouvernement du Québec», a-t-il conclu.

Un rapport satisfaisant

Du côté du Syndicat des Métallos, on indique que le rapport confirme ce que ses membres disent depuis le début, soit que la MMA prenait des risques avec la sécurité et que le fédéral a manqué à son devoir d'encadrement et de surveillance.

Le coordonnateur régional du syndicat, Richard Boudreault, s'est dit satisfait du rapport, qui «cible les vrais responsables» et qui permettra, l'espère-t-il, aux travailleurs de cesser de servir de boucs émissaires.

«Ce ne sont pas nos salariés qui sont responsables de la tragédie, mais bel et bien l'employeur, qui est MMA, et aussi le gouvernement fédéral, par le biais de Transports Canada, qui ne s'est pas assuré que le système de gestion de sécurité soit appliqué à la lettre», a-t-il déclaré en entrevue à La Presse Canadienne.

La tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic a causé la mort de 47 personnes dans la nuit du 5 au 6 juillet 2013.

La MMA ainsi que trois de ses employés - dont le conducteur du train, Thomas Harding - font face à 47 chefs d'accusation de négligence criminelle ayant causé la mort, et d'autres accusations criminelles pourraient être déposées.

M. Boudreault juge que les travailleurs sont accusés au criminel de façon erronée et ne sera pas satisfait tant que ceux qu'il appelle «les vrais coupables» ne seront pas visés.

«On va être satisfait quand justice va être rendue», a-t-il affirmé, ajoutant que «le procureur de la Couronne (devra) se poser de sérieuses questions» après avoir lu le rapport.

«Il est clair que ce que l'on souhaiterait, c'est que ces accusations-là tombent, que nos gens ne soient pas les seuls responsables, parce qu'à date, ils sont jugés sur la place publique», a-t-il déploré.

Par communiqué, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a dit appuyer «sans réserve» l'ensemble des recommandations du BST, en particulier celle enjoignant Transports Canada à jouer un rôle plus actif à l'égard des systèmes de gestion de sécurité des compagnies ferroviaires.

«C'est maintenant écrit noir sur blanc, le Bureau de la sécurité des transports, après une enquête approfondie, recommande d'améliorer la sécurité des transports ferroviaires au pays. Pour ne plus jamais revivre une tragédie telle que celle de Lac-Mégantic, le premier ministre Stephen Harper doit voir personnellement à ce que son gouvernement donne suite à ces recommandations», a estimé le président de la FQM, Richard Lehoux.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer