Trudeau: le PLC a passé trop de temps à se «regarder le nombril»

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À environ un an et demi de la prochaine élection fédérale, le chef libéral, qui courtise grandement la classe moyenne, assure qu'il ne cherche pas à gagner du temps en ne dévoilant pas la plateforme électorale de son parti.

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La Presse Canadienne
Julien Arsenault

Si le Parti libéral du Canada (PLC) a vu son nombre de députés dégringoler depuis le début des années 2000, c'est surtout parce qu'il a passé trop de temps à se «regarder le nombril», selon son chef, Justin Trudeau.

En marge du congrès biennal de la section québécoise du parti, ce dernier y est allé de son analyse visant à expliquer pourquoi le PLC, qui avait obtenu 172 sièges lors de l'élection de 2000, ne compte seulement 35 députés - dont huit au Québec - actuellement.

«Le plus grand problème, c'est qu'on a fini par se retourner sur nous-mêmes (...), à être plus préoccupés par le sort du PLC plutôt que par le sort des Canadiens», a expliqué M. Trudeau, au cours d'une mêlée de presse.

Ce dernier s'est néanmoins dit convaincu d'avoir changé cette culture depuis son arrivée à la tête du PLC, en avril 2013, en plus d'avoir doté le parti d'une organisation «digne du 21e siècle».

«Malgré tous les médias, les médias sociaux et les publicités, c'est le travail de terrain et le contact humain qui comptent», a souligné M. Trudeau, qui s'est gardé de critiquer ses prédécesseurs quant aux stratégies mises de l'avant dans le passé.

À environ un an et demi du prochain scrutin fédéral, le chef du PLC a affirmé que la formation s'assurera d'avoir des bénévoles dans toutes les circonscriptions plutôt que de cibler certains types d'électeurs.

«M. Harper a su gagner une majorité en sachant comment diviser certaines communautés ainsi qu'en exclure d'autres, a analysé M. Trudeau. Oui (nous allons) continuer d'identifier des libéraux, mais nous n'allons pas cibler nos messages de façon étroite.»

M. Trudeau, qui a reconnu que son parti avait «très peu de députés», a indiqué qu'il n'y aura pas de stratégies spéciales pour certaines provinces comme le Québec. Selon lui, les libéraux ont également beaucoup de pain sur la planche en Ontario, en Alberta ainsi qu'en Colombie-Britannique.

Le chef du PLC, qui désire orienter ses politiques autour de la classe moyenne ainsi que la croissance économique, s'est également défendu de vouloir gagner du temps lorsqu'il a été questionné à savoir pourquoi la plateforme électorale libérale n'avait toujours pas été dévoilée.

Selon M. Trudeau, les troupes libérales ont constamment été sur le terrain depuis son couronnement à la tête du parti.

«L'accent du PLC (...) ce n'est pas ''qu'est-ce qu'il faut faire pour gagner les élections'' (mais) ''qu'est-ce qu'il faut faire, si on se fait élire, pour bien gouverner le pays?a-t-il observé.

Selon M. Trudeau, des événements comme le congrès biennal de Victoriaville, qui a réuni plus de 500 militants samedi, visent à peaufiner la stratégie des libéraux fédéraux d'ici la prochaine campagne électorale.

«On a encore un an et demi», s'est-il contenté de rappeler.

Une main tendue au Québec

Le chef du PLC a par ailleurs poursuivi sa campagne de séduction à l'endroit du Québec à l'occasion du discours - prononcé presque entièrement en français - qu'il a livré aux militants réunis en milieu de journée.

M. Trudeau, qui n'a pas raté l'occasion d'écorcher le premier ministre conservateur Stephen Harper et son rival néo-démocrate Thomas Mulcair, a reconnu que les libéraux fédéraux avaient des «ponts» à rebâtir» avec la province.

Le PLC, qui caracolait dans les intentions de vote au Québec depuis l'arrivée de M. Trudeau comme chef, est actuellement au coude à coude - selon certains sondages - avec le Nouveau Parti démocratique, qui semble avoir été en mesure de remonter la pente.

M. Trudeau a ainsi promis que l'arrivée d'un gouvernement libéral à Ottawa accorderait une importance particulière à la province, dont la collaboration est essentielle au bon fonctionnement du Canada.

«Les Québécois ne seront pas seulement présents dans mon gouvernement, ils seront écoutés, a dit M. Trudeau. (Ça ne sera) pas juste un premier ministre québécois, mais des ministres forts (et) québécois.»

Le chef des libéraux fédéraux s'est finalement présenté comme un protecteur de la langue française, qui sera une «priorité quotidienne» de son gouvernement, s'il est élu en 2015.

D'après M. Trudeau, la protection des institutions vitales au rayonnement du français à travers le Canada devrait inciter les Québécois à se reconnaître ainsi qu'à se sentir engagés dans le pays.

«Le cinéma, les livres (...) sont des véhicules qui nous permettent d'être qui nous sommes, a-t-il dit. La télévision, la radio, le web en français aussi, voilà (pourquoi) nous n'allons jamais réduire le budget de Radio-Canada comme vient de (le) faire M. Harper.




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