Le NPD se distancie du socialisme

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair,... (Photo: Reuters)

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Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, lors du congrès.

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Thomas Mulcair a remporté une victoire importante, dimanche, lorsque les membres de son Nouveau Parti démocratique ont accepté de retirer les références au socialisme de leur constitution.

Par une majorité de 960 contre 188, les militants rassemblés au Palais des congrès de Montréal ont voté en faveur d'un nouveau préambule qui vise à moderniser le langage du NPD. L'objectif avoué du chef est de rendre son parti plus attrayant pour le grand public.

L'entourage de M. Mulcair a présenté le congrès de ce week-end comme un test de la «maturité» du NPD. On souhaitait que le parti, propulsé au rang d'opposition officielle en mai 2011, émerge comme une véritable solution de rechange au gouvernement conservateur.

«Ce qui est important pour nous, au terme de l'exercice de cette fin de semaine, c'est de pouvoir faire le pivot et de s'adresser à l'électorat en 2015, a dit Thomas Mulcair en conférence de presse. On a les bases très solides qui viennent d'être placées pour bâtir notre programme électoral pour 2015.»

La proposition la plus controversée du week-end remplace les références au socialisme par un rappel «des traditions sociales-démocrates et socialistes démocratiques» du NPD. La résolution a une portée symbolique importante dans ce parti au long passé militant.

La frange socialiste, peu nombreuse, mais très visible, s'y est opposée bec et ongles. Elle craint que le NPD devienne une nouvelle mouture du Parti libéral.

Jusqu'à la toute fin, des délégués de l'aile gauche du parti ont tenté de bloquer l'adoption de la résolution.

«L'excuse de modernisation ne tient pas, a dénoncé une militante de la Rive-Sud de Montréal. Les idées libérales ont déjà été entendues, et ce sont de vieilles idées qui n'interpellent plus personne, causant la situation dans laquelle s'est retrouvé le Parti libéral aux dernières élections.»

Au final, toutefois, la vaste majorité a endossé à la proposition de la direction.

Jack Layton avait lancé l'idée de moderniser la constitution du NPD au congrès de juin 2011, avec l'intention de rendre le parti plus attrayant pour l'électorat du centre. Sa tentative avait échoué à l'époque.

«Les gens n'étaient pas prêts à l'époque, a relaté Nathan Cullen, le leader parlementaire du NPD. Jack était enthousiaste face au changement, mais le changement peut être difficile dans un parti politique.»

Un comité composé de vieux routiers du parti, de députés et de membres a mis au point une nouvelle mouture de la résolution, celle qui a été adoptée dimanche.

L'ancien député manitobain Bill Blaikie faisait partie de ce comité. Après s'être opposé au projet initial en 2011, il a enjoint les membres à approuver la nouvelle version.

«J'ai été à chaque congrès du NPD depuis 1975 et ceci ne ressemble pas à un parti qui risque de perdre son identité. Nous avons adopté résolution après résolution qui n'aurait même pas pu se rendre sur le plancher dans un congrès libéral.»

Au cours du week-end, les militants néo-démocrates ont avalisé une série de résolutions qui épousent en grande partie les positions déjà défendues par le NPD à la Chambre des communes. Certains militants avaient proposé des prises de position plus excentriques comme la nationalisation des banques et des sociétés pétrolières. Mais des comités chargés d'établir les résolutions prioritaires les ont renvoyées au bas de la liste et elles n'ont jamais été débattues sur le plancher.

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