Les combats extrêmes sous la loupe des sénateurs

Le gouvernement Harper a entrepris de légaliser les... (Photo: PC)

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Le gouvernement Harper a entrepris de légaliser les combats extrêmes, tolérés même s'ils sont officiellement interdits au Canada. Sur la photo, un affrontement entre Georges St-Pierre, à gauche, et Jake Shields, à Toronto, en avril 2011.

Photo: PC

Hugo De Grandpré
La Presse

(Ottawa) Le Sénat devrait terminer cette semaine son étude en comité d'un projet de loi destiné à légaliser les combats extrêmes en vertu du Code criminel. L'adoption du projet de loi S-209 marquerait l'aboutissement d'un lobby assidu mené par l'organisation de l'Ultimate Fighting Championship (UFC) auprès des élus fédéraux pour clarifier le droit sur cette question au Canada.

Dans le registre des lobbyistes, l'UFC est inscrite une trentaine de fois pour avoir rencontré des représentants du gouvernement, par l'entremise de son principal lobbyiste, David Angus, du groupe Capital Hill. Le politicien le plus souvent mentionné est le ministre du Patrimoine, James Moore, qui s'affiche ouvertement comme un amateur de ce sport à la popularité grandissante.

C'est le sénateur conservateur Rob Runciman qui a présenté le projet de loi, qui vise d'abord à inclure les arts martiaux mixtes (AMM), tels qu'utilisés dans les combats extrêmes, à la liste d'exceptions aux «combats concertés», interdits par le Code. Le projet ajouterait également une série d'exceptions supplémentaires pour s'assurer que d'autres combats d'arts martiaux, comme le karaté, soient également permis.

Au terme de l'article 83 du Code criminel, amendé pour la dernière fois en 1934, seuls des combats de boxe peuvent être organisés légalement au Canada. Cette situation n'a pas empêché des provinces et territoires, dont le Québec, de permettre et d'encadrer la tenue de ces affrontements.

«Ces changements simples vont éliminer l'ambiguïté [...] et éliminer l'incertitude pour les provinces, qui doivent essentiellement ignorer le Code criminel», s'est réjoui le directeur des opérations canadiennes de l'UFC, Tom Wright, lors de sa comparution au Comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles, la semaine dernière.

Tous les témoins entendus étaient favorables au projet de loi. Ont notamment comparu: le député conservateur du Yukon Ryan Leef, lui-même un ancien combattant extrême dans la série Armageddon Fighting Championships; le jeune lutteur Rory MacDonald, qui s'entraîne à Montréal en compagnie du champion Georges St-Pierre; et le ministre des Sports, Bal Gosal, qui a manifesté son appui sans réserve à l'initiative de son collègue Rob Runciman.

Des représentants de l'Association médicale canadienne, qui a déjà pris position en faveur d'une interdiction formelle de ce genre de combats (des combats de boxe aussi, depuis 1986), n'ont pu être présents aux audiences. Selon l'AMC, les risques pour la santé et la sécurité des pugilistes sont trop grands pour qu'on encourage ce genre d'activités.

Une étude interne présentée au comité par la Commission des sports de combat d'Edmonton indique cependant que sur 10 ans, le pourcentage de blessures subies lors de combats d'arts martiaux mixtes dans son territoire a été légèrement plus élevé que lors de combats de boxe (60% comparativement à 53%); le pourcentage de commotions cérébrales dans les AMM (4,5%) était toutefois moindre que dans la boxe (9,5%).

À noter que parmi les sept membres conservateurs du comité, au moins deux sont des amateurs de sports de combat: Vernon White est un ancien boxeur et Pierre-Hugues Boisvenu détient sa ceinture noire en karaté.

- Avec William Leclerc

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