Les liens de Philippe Couillard avec l'Arabie saoudite font des vagues

Philippe Couillard... (Photo: François Roy, Archives La Presse)

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Philippe Couillard

Photo: François Roy, Archives La Presse

Embarrassé par la démission récente de son président, l'organisme chargé de la surveillance des espions canadiens voit maintenant un autre de ses membres placé sur la sellette: l'opposition s'inquiète des liens de Philippe Couillard, ex-ministre de la Santé du Québec, avec l'Arabie saoudite.

Choisi par le gouvernement Harper, le Dr Couillard a été nommé en 2010 au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), l'organisme qui surveille, au nom du Parlement, les activités du Service canadien de renseignement de sécurité.

Ses membres ont accès aux dossiers top secret des services de renseignement et contre-espionnage. Des informations qui peuvent concerner les alliés tout comme les ennemis du Canada.

La biographie du Dr Couillard sur le site du CSARS a toujours indiqué qu'il est également conseiller du prince Abdullah bin Abdulaziz Al-Rabeeah, ministre de la Santé du royaume d'Arabie saoudite. Cette fonction n'a pas fait beaucoup de vague, jusqu'à maintenant.

Mais la démission du président du CSARS le 10 novembre dernier a ravivé l'intérêt des partis de l'opposition. Arthur Porter a démissionné après que le National Post eut révélé ses liens d'affaires avec un lobbyiste international établi à Montréal qui aurait servi d'intermédiaire entre la Russie et des pays en développement. Des observateurs parlaient d'un risque de conflit d'intérêts.

L'affaire a suscité un intérêt nouveau envers Philippe Couillard et ses propres liens avec une puissance étrangère.

«C'est tout à fait inacceptable. Il est payé par l'Arabie saoudite. Je trouve dangereux qu'il siège encore au CSARS. Il n'a pas à travailler pour un autre pays en étant à un poste aussi sensible», s'offusque la députée Maria Mourani, porte-parole du Bloc québécois en matière de sécurité publique.

Celle-ci croit que le premier ministre doit obliger Philippe Couillard à choisir entre ses deux postes. «Si son choix, c'est l'Arabie saoudite, qu'il démissionne», dit-elle.

«Avant de le condamner, il faut l'entendre. Mais c'est clair qu'il y a une apparence de conflit d'intérêts, ce qui, souvent, est aussi grave qu'un conflit d'intérêts. Le gouvernement doit demander des comptes à M. Couillard», ajoute le député néo-démocrate Sylvain Chicoine.

Le bureau du premier ministre a défendu le Dr Couillard hier. «Il a été déterminé pendant les vérifications de sécurité que le fait d'occuper cette position n'est pas un conflit d'intérêts», a déclaré à La Presse Andrew MacDougall, porte-parole de Stephen Harper.

«En raison des événements récents, le ministre de la Sécurité publique va revoir le processus de sélection des membres du CSARS», a-t-il toutefois ajouté en référence à la démission de M. Porter.

Joint par La Presse, Philippe Couillard a expliqué son rôle auprès du prince. «Ce n'est pas comme si j'occupais un emploi pour le gouvernement d'Arabie Saoudite, ce qui serait un problème, je suis d'accord. Je suis dans un comité consultatif, qui se réunit une fois ou deux par année, et qui se concentre exclusivement sur des questions de santé», dit-il.

Les ONG internationales font souvent état de tortures, de châtiments corporels et de non-respect des droits des femmes dans le royaume ultrareligieux. Mais Philippe Couilllard se fait philosophe lorsqu'on l'interroge sur les valeurs du gouvernement saoudien.

«C'est un contexte culturel différent du nôtre. Est-ce que la meilleure approche est le retrait ou le contact et le partage des connaissances?», demande-t-il.

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