Justin Trudeau s'emporte puis s'excuse

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Sur Twitter, Justin Trudeau a fait valoir qu'il avait critiqué l'utilisation de «barbare» parce que ce terme avait été choisi, selon lui, pour rassurer les Canadiens, plutôt que pour changer des comportements inacceptables.

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(Ottawa) Le député libéral Justin Trudeau a été contraint de faire son mea-culpa, mardi, après avoir remis en question l'utilisation des termes «pratiques culturelles barbares» dans un document du ministère de l'Immigration pour décrire les crimes d'honneur et les mutilations génitales pratiqués dans certains pays.

Dans une entrevue accordée à la station de radio anglophone Newstalk 1010, M. Trudeau avait dit qu'il était «mal à l'aise» avec l'utilisation de ces vocables dans le guide produit par le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration à l'intention des nouveaux arrivants.

Dans ce guide, intitulé Découvrir le Canada: les droits et responsabilités liés à la citoyenneté, le Ministère rappelle aux nouveaux arrivants que les hommes et les femmes sont égaux devant la loi.

«L'ouverture et la générosité du Canada excluent les pratiques culturelles barbares qui tolèrent la violence conjugale, les meurtres d'honneur, la mutilation sexuelle des femmes, les mariages forcés ou d'autres actes de violence fondée sur le sexe. Les personnes coupables de tels crimes sont sévèrement punies par les lois canadiennes», peut-on lire dans le guide.

Avant de présenter ses excuses, mardi, M. Trudeau a défendu lundi soir et mardi matin ses propos sur le site de réseautage Twitter: «Mon problème avec l'utilisation du mot «barbare», c'est qu'il a été choisi pour rassurer les Canadiens plutôt que pour changer réellement des comportements inacceptables. La valeur subjective de ce mot fait en sorte qu'il est facile de le voir comme une insulte plutôt que comme une déclaration officielle.»

Il a ensuite affirmé que le guide serait plus clair si on décrivait ces pratiques comme «totalement inacceptables» au Canada au lieu de laisser entendre que les communautés culturelles issues des pays où elles sont tolérées sont «moins civilisées que nous».

Marche arrière

Mais après une pluie de critiques de la part des conservateurs, M. Trudeau a fait marche arrière: «Je crois que les actes décrits sont haineux, que ce sont des actes barbares qui sont complètement inacceptables dans notre société. Je retire mes commentaires et je m'excuse s'ils ont été interprétés comme minimisant la nature cruelle et sérieuse des meurtres d'honneur ou tout autre acte violent.»

Le député libéral a ensuite riposté aux attaques des conservateurs en les invitant à combattre la violence faite aux femmes avec plus de vigueur.

M. Trudeau, critique de son parti en matière d'immigration, avait déjà exprimé des réserves au sujet du choix du vocabulaire du Ministère, en 2009, quand la première version du guide a été publiée.

Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, ne s'est pas gêné pour dénoncer les propos de M. Trudeau malgré son mea-culpa: «Je trouve les commentaires de M. Trudeau épouvantables. (...) Nous avons choisi des termes sans équivoque dans le guide justement parce qu'il faut informer certains nouveaux arrivants que le concept de multiculturalisme ne justifie pas certaines pratiques culturelles. M. Trudeau, par ses propos, a démontré que les libéraux sont plus forts sur la rectitude politique que sur la condamnation de ces pratiques violentes contre les femmes.»




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